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Dimanche 5 juillet 2009

Communauté : Les blogs citoyens

La réforme de l'assurance santé, un test crucial pour Obama


Politiquement et économiquement inévitable, la réforme de l'assurance santé aux Etats-Unis va constituer un véritable examen de crédibilité pour l'administration Obama, qui va ainsi pouvoir mettre à l'épreuve sa capacité à insuffler le changement.

Sur ce dossier, Obama pourrait laisser une trace dans l'histoire. A la Maison-Blanche, le moment est considéré comme idéal pour lancer cette réforme. Surtout, elle ne peut pas attendre.

Il faut en effet profiter de la popularité encore grande du nouveau président, et il faut aller vite, avant que les membres du Congrès ne commencent à s'inquiéter des élections de mi-mandat, à l'automne 2010.

A peine plus de la majorité des Américains (51%) soutiennent le plan de santé Obama. La crainte d'un Etat trop interventionniste et d'un alourdissement des déficits est encore très palpable. Malgré l'optimisme présidentiel, tout le monde n'est pas encore convaincu.

Maîtriser l'augmentation des dépenses de santé, un impératif

Pourtant, la santé coûte très cher aux Etats-Unis, ce qui a des conséquences à la fois sur les conditions de vie des Américains, qui ont de moins en moins les moyens de se soigner, et sur la dette nationale, qui augmente de jour en jour, notamment du fait de l'explosion des coûts.

C'est d'ailleurs l'un des principaux arguments de Barack Obama : au rythme actuel, les dépenses de santé pourraient représenter 28% du PIB américain en 2030, contre 18% aujourd'hui, et une famille moyenne pourrait avoir à débourser près de 18 000 euros pour s'assurer en 2030, contre 8 500 aujourd'hui. La réforme devrait donc permettre de maîtriser la hausse des coûts et d'améliorer le système de santé.

Les chiffres sont connus : environ 47 millions d'Américains sont dépourvus d'assurance maladie, nombre qui devrait augmenter du fait de la crise économique et la hausse du chômage (la couverture maladie étant souvent liée à un emploi). En outre, 25 millions d'Américains seraient « sous-assurés ».

Etant donné la complexité du système de santé américain et la multiplicité des opinions sur la façon dont doit être menée la réforme, la tâche est ardue. L'administration doit à la fois convaincre républicains et démocrates et mettre d'accord l'industrie pharmaceutique et les assureurs.

Les points majeurs de la réforme sont :

  • Responsabiliser les Américains par rapport à la santé, en s'appuyant sur un système public-privé (et non un système entièrement public, qui n'incite pas les assurés à faire des économies).
  • Réduire le prix des médicaments prescrits.
  • Développer une assurance maladie de qualité et abordable pour chaque Américain.
  • Empêcher les compagnies d'assurance de refuser une couverture sur la base de conditions préalables.
  • Créer un fond national des assurances qui pourrait faire la concurrence aux compagnies de sécurité privés (à l'exemple du Medicaid et Medicare).

Le projet de réforme d'Hillary Clinton avait été rejeté

Face à de telles ambitions, la crainte, notamment des opposants à la réforme, est de voir l'Etat jouer un rôle plus grand sur les questions de santé -dans un pays toujours très méfiant face à un interventionnisme étatique- et de voir le déficit se creuser, alors même que la crise économique pénalise déjà les finances américaines.

Barack Obama est pour sa part intimement convaincu de la nécessité de réformer le système de santé américain. Il souhaite d'ailleurs conduire une véritable réforme de fond, et ne pas seulement apporter des modifications cosmétiques au système actuel.

Obama n'est pas le premier à vouloir réformer le système de santé américain. L'administration Clinton avait eu la même priorité au début des années 1990. Mais la réforme avait rencontré l'opposition du Congrès, notamment parce qu'elle avait été principalement préparée par des experts, et non par les parlementaires.

L'administration Obama a aujourd'hui appris des échecs de l'administration Clinton.

Une occasion pour Obama de laisser sa trace dans l'histoire

Cette fois-ci, les membres du Congrès sont particulièrement impliqués dans l'élaboration de la réforme. Au Sénat, le Senate Health, Education, Labor and Pensions (HELP) Committee, mais également le Senate Finance Committee sont déjà au travail.

A la Chambre des Représentants, les trois présidents des commissions en charge du projet de réforme (Henry Waxman pour le House Energy and Commerce Committee, Charles Rangel pour le House Ways and Means Committee et George Miller pour le House Education and Labor Committee) ont d'ores et déjà fait des propositions pour cette réforme.

La réforme de l'assurance santé aux Etats-Unis constitue l'une des principales promesses de campagne de Barack Obama. Mais le contexte économique rend l'adhésion à la réforme plus difficile, cette dernière étant très coûteuse. La refonte du système de santé est pourtant présentée comme vitale pour le redémarrage économique des Etats-Unis.

Le temps est donc compté pour la nouvelle administration, qui ne veut pas passer à côté de l'occasion de laisser sa trace dans l'histoire.

 

Par jeanfrisouster
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Dimanche 5 juillet 2009

Communauté : Les blogs républicains

Comment l'armée française soigne ses très chers généraux


Les généraux, une caste méconnue dont les avantages n'ont rien à envier aux meilleurs « golden parachutes » des PDG.

Un général de brigade de larmée française (Wikipedia).

Poursuivant un travail entamé il y a plusieurs années, l'Adefdromil, qui défend les droits des militaires, s'est longuement penchée sur le sort des généraux de l'armée française. Coup de gueule.

L'approche de la fête du 14-Juillet nous rappelle que la France dispose d'une armée professionnelle de plus en plus petite, mais proportionnellement de plus en plus encadrée par des officiers généraux. Une situation en contradiction avec le discours officiel sur la réforme des armées entreprise dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

En sept ans, l'armée va réduire ses effectifs de 54 000 militaires. Mais cette période de disette financière n'empêche pas nos très chers généraux de rester d'éminents privilégiés de la République.

Moins de soldats mais toujours autant de généraux

Combien sont-ils ? Jean Guisnel, spécialiste des problèmes de défense et auteur de l'enquête « Les Généraux » (1990), publie le 5 juin 2008 dans Le Point une estimation de leur nombre :

« Le nombre des officiers généraux en activité (ce que les militaires appellent la “première section”) était fin 2007 de 633 :

  • armée de terre : 202
  • délégation générale pour l'armement : 120
  • armée de l'air : 81
  • contrôle général des armées : 80
  • marine nationale : 65
  • service de santé : 58
  • gendarmerie nationale : 54
  • service des essences : 3…

En moyenne, les généraux en première section ont une vie administrative courte : quatre ans à peine. En règle générale, ils sont tenus de quitter leur poste à 57 ans, sauf si un contrat lié à une promotion leur permet d'atteindre les 61 ans du général à cinq étoiles. »

Ce nombre est stable depuis plus de trente ans, puisqu'on en comptait, selon une réponse officielle publiée en 2002, 612 en 1975 et 629 en 1985. Il s'agit là de « postes budgétaires » : cela signifie qu'il est possible de nommer deux officiers pour six mois chacun, leur permettant ainsi de partir à la retraite à un échelon supérieur.

L'Adefdromil s'est livrée à un modeste relevé de décisions dans les journaux officiels de juin et juillet 2008. Elle a compté pas moins de 210 noms d'officiers généraux en à peine plus d'un mois, dont seulement deux personnels féminins et deux « quarts de place », appelés ainsi car nommés le jour de leur départ du service actif, ce qui leur permet de bénéficier de la carte de réduction SNCF à 75%.

Le RSA (revenu de solidarité active) des généraux

Combien gagnent-ils ? Selon un article reprenant les données du ministère de la Défense et publié en mai 2008 sur le blog de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, la solde moyenne d'un officier général serait de 5 850 euros, moyenne d'une fourchette comprise entre 5 200 et 6 600 euro.

Ces chiffres ne correspondent en fait qu'à un peu plus de 50% de la réalité, puisqu'ils n'expriment que la solde de base brute mensuelle d'un général de division. En fait, de 46 à 60% de la rémunération nette est constituée par des primes, comme dans le reste de la haute fonction publique -hors nouvelle bonification indiciaire et prime de résultat.

Un âge limite de départ du service actif rarement respecté

En 2005, l'âge limite de départ du service actif a été fixé à 61 ans pour les généraux des forces (hors personnels navigants) et jusqu'à 65 ans dans les services. Il correspond à ce qui existe dans d'autres corps civils de l'Etat. Il n'y a donc aucune contrainte statutaire qui justifie les dérives actuelles.

Dans les faits, la plupart des généraux sont incités à quitter le service actif avant ses limites d'âge par des mesures de gestion convaincantes.

Ainsi, nos très chers généraux peuvent bénéficier d'une disponibilité spéciale pendant laquelle ils perçoivent au minimum six mois de solde de base, c'est à dire qu'il percevront un salaire plein pendant six mois tout en ayant cessé leur activité, avant de commencer à percevoir leur pension.

Ceux qui ont piloté peuvent bénéficier d'un congé du personnel navigant qui peut durer trois ans au maximum. Ils ont droit également à de juteuses indemnités de reconversion.

Jamais à la retraite, mais tranquilles

La « deuxième section » des officiers généraux a été créée en 1839 sous Louis-Philippe, en théorie pour permettre de rappeler facilement à l'activité les généraux compétents en temps de guerre. Cent soixante-dix ans plus tard, la France mène surtout des opérations extérieures sous mandat international et avec des effectifs réduits. Mais le mode de gestion a été conservé : on ne change pas une équipe qui gagne !

Dans un rapport de présentation d'un projet de loi modifiant l'ancien statut général des militaires en 2004 (n°1741), Guy Tessier, président actuel de la Commission de la défense précisait :

« Bien que sans emploi, les officiers généraux de la deuxième section sont considérés comme étant en activité sans limite d'âge et sans limitation de nombre.

Ils restent pour la plupart, de manière très théorique, à la disposition du ministre de la Défense qui peut les employer en fonction des nécessités de l'encadrement, notamment en temps de guerre. Ils sont soumis au devoir de réserve et aux règles statutaires relatives à la liberté d'expression… »

Et le rapporteur de dénombrer 5 500 généraux en deuxième section pour 95 rappels annuels à l'activité !

Pas de problèmes d'emploi des seniors pour les généraux

Compte tenu des nombreuses nominations de généraux et de leurs départs tout aussi rapides du service actif, on a créé spécialement pour eux, en 2005, une Mission de reconversion à la vie civile des officiers généraux (Mirvog), financée par le ministère.

Deux tiers des officiers généraux retrouveraient ainsi un emploi après avoir quitté le service actif (site du ministère).

  • C'est ainsi que des généraux peuvent occuper des emplois à la société nationale immobilière qui gère le parc des logements militaires dans les principales garnisons de France. Certains se reconvertissent par cooptation dans les mutuelles militaires d'assurance comme à l'AGPM ou au GMPA. D'autres encore trouvent à s'employer dans les sociétés de sécurité et d'intelligence économique comme chez Géos qui compte ou a compté comme brillants prestataires de service les généraux de Saqui de Sannes et Poncet, sans parler des sociétés du complexe militaro-industriel comme les groupes Thalès, EADS ou Dassault qui salarient en permanence plusieurs généraux.
  • Pour les plus étoilés, il n'est pas besoin d'aller chercher bien loin sa reconversion. A plusieurs reprises, les anciens chefs d'état-major de l'armée de terre ont ainsi été embauchés comme conseillers d'Etat en service extraordinaire. C'est le cas actuellement du général Thorette.
  • Quelques fois, cela se passe moins bien. L'actualité récente nous a révélé qu'un contre-amiral travaillant pour EDF et présumé innocent, est devenu témoin assisté dans l'affaire du piratage de l'ordinateur d'un responsable de Greenpeace
  • Mais, indiscutablement, le poste qui, dans le genre, permet de manger au meilleur râtelier est celui de conseiller militaire à Bercy, poste ouvert sur la base du décret-loi de 1938 relatif aux réquisitions des pailles, grains et fourrages… bref de quoi s'imaginer qu'il s'agit d'un fromage.

Charité bien ordonnée commence le 1er janvier

Les mesures indiciaires de rattrapage par rapport à la fonction publique civile préconisées par le haut comité d'évaluation de la condition militaire (HCECM) ont été annoncées et planifiées sur trois ans pour mise en œuvre de 2009 à 2011.

Les nouveaux statuts particuliers, qui fixent les conditions d'accès aux différents échelons de chaque grade étant entrés en vigueur au 1er janvier 2009, la première tranche du rattrapage indiciaire leur a été associée. Les officiers généraux se sont servis en premier et en totalité dès le 1er janvier 2009, démontrant une fois de plus leur esprit de sacrifice et d'anticipation de la crise financière…

Vous l'aurez compris, chers lecteurs de Rue89, le maintien des avantages catégoriels dont bénéficient nos très chers généraux, se fonde moins sur le sens du service du pays que sur celui de leurs intérêts matériels au sens le plus étroit.

C'est pourquoi l'Adefdromil propose :

  • la suppression pure et simple de la deuxième section, archaïsme aussi inutile que coûteux, y compris en termes d'effectifs au sein du fameux BOG (bureau des officiers généraux) rattaché directement au ministre.
  • de réduire notablement le nombre de places de recrutement direct dans les écoles militaires d'officiers, maintenu au même niveau depuis quarante ans, tout comme d'ailleurs le nombre d'officiers généraux. Est-ce une coïncidence ?

Le chef des armées, par ailleurs patron de l'Elysée, a t-il les moyens de le faire ? Sans doute ! En aura-t-il la volonté ? Nous laissons à nos lecteurs la responsabilité de le conjecturer.

Photo : un général de brigade de l'armée française (Wikipedia).


Par jeanfrisouster
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Dimanche 5 juillet 2009

Communauté : Humeur

Le coup de folie du trader enflamme le prix du pétrole

Par François Krug | Eco89 |Source Rue89 .com


Affolement sur le marché pétrolier, mardi. En quelques minutes, sans explication, le cours du baril de brent s'est emballé, atteignant son record de l'année. La faute à un trader un peu trop joueur, et qui a raté son coup : il a fait perdre 10 millions de dollars à son employeur. En février, un autre avait provoqué une perte équivalente après un déjeuner trop arrosé.

L'affaire a été révélée par le Financial Times, et confirmée par l'employeur du trader, PVM Oil Associates. En une heure, le baril est passé de 71 à 73,5 dollars. Selon le Financial Times, le marché a échangé pendant cet intervalle « l'équivalent du double de la production quotidienne de l'Arabie saoudite ».

Le calme est revenu quand on a enfin découvert l'explication. Un trader isolé avait décidé de jouer un gros coup, semble-t-il sans l'autorisation de ses patrons. Résultat : une perte de 10 millions de dollars pour PVM.

« Pour ne pas être le dernier à réagir, on achète »

Le trader n'est pourtant pas le seul coupable. Il n'a fait qu'enclencher un mouvement, et tous ses confrères ont suivi sans chercher à comprendre. Explication de Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Pétrole et Gaz arabe :

« Le trader est peut-être à l'origine de la moitié de ce mouvement. Le reste relève du réflexe moutonnier. On ne sait pas pourquoi les prix montent mais, pour ne pas être le dernier à réagir, on achète. »

Pour Francis Perrin, il faut distinguer « l'écume », ce qui s'est passé mardi, et « la vague » :

« En février, les prix tournaient autour de 32 ou 33 dollars. Ils ont commencé à augmenter de semaine en semaine, jusqu'à évoluer autour de 70 dollars. »

Cette hausse ne s'explique pas non plus par un seul facteur. Principale explication, selon Francis Perrin :

« Les marchés pétroliers ont fait le même pari que les marchés boursiers. Ils anticipent à tort ou à raison une reprise de l'activité économique, ou pensent que le plus dur est passé. Il faut donc être prêt avant les autres. »

10 millions de dollars envolés après un déjeuner bien arrosé

Des facteurs « plus objectifs » expliquent aussi la hausse. Fin 2008, l'Opep a décidé de réduire sa production pour maintenir les prix. En mai, les ventes d'automobiles ont bondi en Chine. La baisse des stocks de carburants aux Etats-Unis est interprétée comme un signe de reprise économique.

Et ces facteurs relancent la spéculation, explique Francis Perrin :

« Ils encouragent le retour des acteurs financiers sur le marché pétrolier. Avec la perspective de reprise aux Etats-Unis, le pétrole peut redevenir un placement. »

La brusque hausse de mardi serait donc anecdotique. Mais elle fournit un nouvel exemple de la dérive de certains traders. Comme l'avait déjà raconté le Financial Times, en février, un trader de Morgan Stanley a tenté de cacher à ses patrons une perte de 10 millions de dollars sur le marché pétrolier.

Il faut dire que l'explication n'était pas très glorieuse. Ce trader sortait d'un déjeuner de trois heures et demie, au cours duquel il n'avait pas bu que de l'eau. De quoi affecter son jugement même s'il « n'avait pas l'air ivre », a conclu l'enquête des autorités financières.

 

Par jeanfrisouster
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