Écoutes NSA : les autorités françaises avaient été alertées

Publié le 22 Octobre 2013

Écoutes NSA : les autorités françaises avaient été alertées

Selon les nouvelles révélations sur les écoutes de la NSA en France, hommes politiques et hommes d'affaires sont aussi ciblés. © Fotolia.com

L'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) aurait espionné plus de 70 millions d'échanges (téléphoniques et SMS) de citoyens français entre fin 2012 et début 2013. Bernard Carayon, président de l'Institut international d'intelligence économique et stratégique, n'est pas surpris. Selon lui, les autorités sont au courant depuis longtemps mais personne ne prend les "mesures d'envergure" qui s'imposent.

"Cela fait plus de 20 ans que les Etats-Unis ont engagé un énorme effort d'espionnage, non seulement dans le but de préserver la sécurité des Etats-Unis, mais aussi d'obtenir des informations politiques, économiques et scientifiques de premier plan", affirme Bernard Carayon.

Ecoutes américaines : "On ne prend pas la mesure de ce véritable conflit entre amis", estime Bernard Carayon
Il répond à Céline Baÿt-Darcourt

Et cela fait dix ans qu'à travers de nombreux rapports, notamment pour le Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin puis Dominique de Villepin), il dit avoir "alerté les autorités publiques françaises". Il est aussi à l'origine d'une loi votée à l'Assemblée visant à protéger le secret des affaires. Un texte qui n'est toujours pas passé devant le Sénat, s'étonne et regrette l'ancien député du Tarn, président de l'Institut international d'intelligence économique et stratégique.

L'enjeu c'est l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et l'Europe

"Il y a un retard dans la prise de conscience des autorités politiques françaises, qu'elles soient de gauche comme de droite", estime Bernard Carayon. "On considère qu'il n'y a pas de guerre entre amis, or il y a une véritable guerre économique" entre partenaires, poursuit-il.

Selon lui, la réponse doit être européenne. "Il faudrait qu'aujourd'hui le président de la République demande au président de la Commission européenne de suspendre les négociations sur le libre échange entre les Etats-Unis et l'Europe", estime-t-il.

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"Convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis c'est bien gentil, mais ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu"

"L'adversaire est dans nos murs", souligne Bernard Carayon. "Les moyens techniques de Microsoft sont intégrés au sein du ministère de la Défense, au Kremlin-Bicêtre, au sein de la direction interarmées des réseaux d'infrastructures", poursuit-il. Et de se s'interroger sur l'absence de réponse politique. "Je ne comprend pas qu'on ne puisse pas répondre par des mesures d'envergure. Convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis c'est bien gentil, mais ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu", estime l'ancien député.

Auteur Cécile Mimaut

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Rédigé par Par Cécile Mimaut

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