Crèche Baby Loup : le licenciement d'une salariée voilée confirmé

Publié le 27 Novembre 2013

Publié le 27/11/2013 à 09h15
Auteur Sudouest.fr

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Crèche Baby Loup : le licenciement d'une salariée voilée confirmé

La cour d'appel de Paris a confirmé ce mercredi le licenciement pour "faute grave" d'une salariée voilée

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La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le licenciement, pour "faute grave", d'une salariée voilée de la crèche privée Baby-Loup à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), ont annoncé les avocats de l'établissement et de la salariée.

Le procureur général François Fallletti avait demandé à la cour de "résister" à la Cour de cassation, qui avait annulé en mars le licenciement qu'elle avait considéré comme "discriminatoire" s'agissant d'une "crèche privée".

A l'époque, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait regretté cette décision de justice, y voyant une "mise en cause de la laïcité".

Manuel Valls, qui est aussi ministre des Cultes, avait soutenu la crèche lors du procès en novembre 2010. Alors député, il avait également envisagé de déposer une proposition de loi interdisant "le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants".

En juin 2011, il avait été l'un des rares parlementaires de gauche à voter l'interdiction du voile intégral dans l'espace public, quand les socialistes s'étaient abstenus.

Unique en son genre, Baby Loup est née à Chanteloup-les-Vignes, l’une des communes les plus pauvres de France. Elle accueille 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7, près de 200 enfants issus de différentes communautés, en s’adaptant aux horaires de leurs parents. Mais aussi en formant les femmes du quartier aux métiers de la petite enfance.

Dans ces cités sensibles où les identités cohabitent difficilement, la laïcité mise en avant par la direction de la crèche était porteuse de valeurs fédératrices. Loin de porter atteinte à la liberté religieuse, le respect vigilant de la neutralité politique et confessionnelle constituait entre ces murs un garde-fou.

Le modèle Baby Loup n’a pas résisté à la polémique qui fait rage depuis cinq ans. Sonnés par l’arrêt de la Cour de cassation, fragilisés par les menaces et les intimidations dont ils sont la cible, découragés par les atermoiements des élus qui lorgnent sur l’électorat musulman à quelques mois des municipales, les dirigeants de la crèche ont décidé de déménager à Conflans-Sainte-Honorine. L’établissement est devenu bien malgré lui le symbole des crispations communautaires qui travaillent les banlieues, où la laïcité est souvent vécue comme une agression.

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Vos commentaires 69

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12

Jack Blues
27/11/2013, à 19h01 Alertez

AYRAU
27/11/2013, à 18h59 Alertez je compte bien partir merci du conseil
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Quand on aime, on ne compte pas ! :-)))

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