Qu'est-ce que le bitcoin, la monnaie virtuelle qui affole les marchés ?

Publié le 10 Décembre 2013

Publié le 09/12/2013 à 05h00
Par Auteur Jean-Christophe Wasner, Auteur SudOuest.fr

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Le bitcoin défraie la chronique ces derniers mois. SudOuest.fr vous propose un décryptage

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C'est l'histoire d'une monnaie numérique, conceptualisée il y a quinze ans et née en 2008, dont le cours flambe depuis le début de l'année 2013, qui inquiète les régulateurs des marchés financiers, et qui attire la mafia.

Le bitcoin n'en finit pas de battre des records, et il donne le tournis. On ne compte plus les histoires toutes plus étonnantes les unes que les autres à son sujet.

Là, un Norvégien qui achète un appartement à plus de 600 000 euros dans un quartier huppé d'Oslo (lire cet article du "Figaro") pour un investissement initial en bitcoin de l'ordre de... 18 euros.

Ici, un Britannique qui cherche désespérément dans une décharge publique un vieux disque dur jeté par mégarde avec ses 7 500 bitcoins... soit l'équivalent d'un pactole de quelque 5 millions d'euros.

  • Un peu d'histoire

Selon le site bitcoin.fr, le bitcoin s'appuie sur le concept de "crypto-devise", inventé par Wei Dai en 1998.

Il stipule que, "plutôt que de dépendre d'une autorité centrale", comme la Banque centrale européenne pour l'euro par exemple, on peut "créer une nouvelle forme de monnaie" en "utilisant la cryptographie pour contrôler sa création monétaire et ses transactions".

Le bitcoin en tant que tel est créé par un certain Satoshi Nakamoto en janvier 2009. Selon "Libération" (ainsi que "Le Monde"), il s'agit vraisemblablement d'un pseudonyme.

En novembre 2012, la plateforme de blogs Wordpress.com est le premier site à accepter des paiements en bitcoins. Elle sera bientôt suivie par d'autres entreprises ou universités (dont celle de Nicosie), tels que Virgin Galactic ou l'outil de création de magasins en ligne Shopify pour ne citer que les plus récents.

  • Comment ça marche ?

Satoshi Nakamoto a expliqué dans une longue description le fonctionnement de bitcoin. Si vous avez des aspirines sous la main, vous pouvez suivre ce lien.

Plusieurs sites d'information se sont échinés à expliquer (très bien) le fonctionnement du bitcoin pour les profanes, dont "Libération" et "Le Monde". À SudOuest.fr, on a préféré vous le montrer grâce à la vidéo disponible sur bitcoin.org. Et ce n'est pas plus mal.

  • L'ascension exponentielle du cours du bitcoin

Les chiffres donnent le vertige. Lors de sa première cotation le 25 avril 2010, un bitcoin est évalué à 0,3 €. La parité avec le dollar puis avec l'euro est atteinte dix mois plus tard, en février 2011.

Une première bulle spéculative se met en place à l'été 2011 : le bitcoin atteint les 9,57 $, puis se dégonfle. Mais c'est à partir de 2013 que les variations de cours deviennent délirantes.

En quelques semaines, le bitcoin passe de 47 à 230 dollars. Pour quelle raison ? Une crise économique, pas du tout virtuelle, à Chypre. Le bitcoin devient alors une valeur refuge avant de repasser en quelques semaines sous la barre des 100 dollars.

La monnaie connait un nouvel épisode de bulle spéculative depuis le mois d'octobre dernier, passant de 123 à plus de 1 000 dollars. Cette hausse vertigineuse coïncide avec la fermeture du site Internet Silk Road (permettant la vente de produits illicites, des stupéfiants notamment) par le FBI.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le site fonctionne uniquement avec le bitcoin afin d'échapper aux contrôles gouvernementaux. Si, comme l'expliquent "Les Échos", le cours de la monnaie virtuelle a brutalement décroché après la fermeture, une "correction" s'opère. Le site bitcoin.fr y voit le signe que les investisseurs militant en faveur d'un usage responsable de la devise ont été rassurés.

Lors de la rédaction de cet article, le cours du bitcoin évoluait aux alentours de 1 055 dollars (soit environ 782 euros). Selon le site ZDNet.fr, s'appuyant sur un document de la banque américaine Merryll Lynch, il pourrait même grimper jusqu'à 1 300 dollars.


Sources : Banque de France et bitcoincharts.com

La volatilité de la monnaie inquiète en haut lieu. Pour preuve, le bitcoin a fait l'objet d'une mise en garde par la Banque de France (PDF à lire ici). Selon l'institution, la monnaie "représente un risque financier certain pour les acteurs qui le détiennent".

Pourquoi ? Le processus de création de monnaie est en cause. Selon la Banque de France, "le rythme de création des bitcoins est régulé et fluctue pour tenir compte du nombre de mineurs (les créateurs de monnaie, NDLR) et de l’évolution de la capacité de calcul des unités informatiques connectées. Il était ainsi de 50 bitcoins toutes les dix minutes en 2009 et est passé à 25 bitcoins toutes les dix minutes depuis janvier 2013".

De plus, "la quantité de monnaie créée par le système est limitée (...) à 21 millions de bitcoins". Deux façons d'organiser "la pénurie de cette monnaie virtuelle" et ainsi lui "conférer son caractère hautement spéculatif".

  • Une monnaie qui permet la fraude et intéresse jusqu'à la mafia

À cause de son caractère spéculatif et de ses promesses de rendement phénoménal en quelques années (rappelez-vous l'histoire de cet heureux nouveau propriétaire Norvégien), le bitcoin intéresse le système financier.

Pour s'en rendre compte, il suffit de taper "bitcoin" sur Google.fr. Les publicités associées qui remontent dans le moteur de recherche sont éloquentes.

Selon le site 01net.com, les frères Winklevoss, bien connus pour leur litige avec Mark Zuckerberg sur la paternité du concept ayant donné lieu à la création de Facebook, "ont déposé, le 1er juillet dernier, une demande d’introduction en bourse d'un fonds d'investissement en bitcoins auprès de la SEC", le gendarme américain de la Bourse.

Plus inquiétant, la mafia commence à mettre son nez dans le bitcoin. Toujours selon la note émise par la Banque de France, le bitcoin "favorise le contournement des règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme".

C'était le cas du site Internet de mise en relation entre vendeurs et acheteurs de produits illicites Silk Road, mentionné plus haut. En 2012, Tracfin, l'organisme de traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins, mentionnait dans un rapport (lien vers le PDF) comment une société pouvait illégalement exercer la profession de banquier. Et ainsi blanchir de l'argent...

Autre raison pour l'État de s'intéresser au bitcoin : la TVA. Car pour les échanges de biens à l'aide de cette devise virtuelle, il n'y a pas d'application automatique de la taxe, ce qui se traduit par une perte de recettes fiscales proportionnelle aux échanges en bitcoins.

En Allemagne, le problème a été identifié. Le Huffington Post indiquait ainsi cet été que Berlin a donné le statut de "monnaie officielle" au bitcoin pour mieux pouvoir le taxer. "Les entreprises devront intégrer un taux de TVA dans toutes leurs transactions en bitcoins", explique ainsi le site.

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Vos commentaires 70

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Eric Petit
09/12/2013, à 19h39 Alertez

pourquoi mettre la version anglaise de la vidéo alors que sur le site officiel (donné a la fin de la vidéo) on peut le voir en Français :
https://www.weusecoins.com/fr/
?

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leon91
09/12/2013, à 19h08 Alertez

jpphone

ha bien toi tu as interet à attendre le plouf sinon tu paieras pour celui qui aura pris avant toi. quand les cours explosent, la demande chute et ceux qui ont pris trop tard vont se faire avoir. alors la monnaie chute et là c'est bon pour les nouveaux entrants. mais alors attention, les grugés sont à l'affut et la valeur de la monnaie reaugmente tout de suite.

est ce que vous avez vu le film "le sucre" qui décrit bien comment les choses se passent. en fait ce sont que quelques uns qui font marcher le systeme. Et pas que celui des bitscoins. (canards à v... ) vulgaire !

Rédigé par Par Jean-Christophe Wasner, SudOuest.fr commentaire(s) 70

Publié dans #World Wild Side

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