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Dimanche 8 novembre 2009

Communauté : Solidarités

ARTICLE + VIDéO

L'ex-binome d'Elli Medeiros, emblème d'une certaine pop française, est mort d'un cancer dans la nuit de jeudi à vendredi.

55 réactions


 

Denis Quillard dit Jacno est mort d’un cancer à l’âge de 52 ans dans la nuit de jeudi à vendredi.

Il avait fondé les Stinky Toys en 1976 avec Elli Medeiros, l’un des tout premiers groupes de la scène punk française.

L’artiste avait enregistré son dernier disque, Tant de temps, en 2006.

Né à Paris le 3 juillet 1957, Denis Quillard a passé son enfance à écouter Mozart, Chopin ou Satie avant de découvrir le rock, et d’apprendre la batterie et la guitare. Il rencontre Elli Medeiros à Paris au lycée. Ils créent les Stinky Toys (les «Jouets Puants») et interprètent sur scène des chansons de David Bowie, des Stones ou des Who, ainsi que leurs propres compositions. Edité fin 1977 chez Polydor, l’album Stinky Toys se vend mal, et deux ans plus tard Jacno rencontre le succès avec l’instrumental pop électronique Rectangle. Puis le duo Elli et Jacno enregistre deux albums, Tout va sauterBoomerang (1982) et participe à la composition de la BO du film d’Eric Rohmer les Nuits de la pleine lune (1984) , avant de se séparer. (1980) et

Jacno se consacre ensuite à la production, réalisant des titres ou des albums pour Lio - qui lui apporte le succès avec Amoureux solitaires d’inspiration yé-yé nostalgique -, Etienne Daho, Daniel Darc, Jacques Higelin, et plus récemment Paul Personne et les Valentins. En tant qu’interprète, il a publié une série d’albums solo dont T’es loin t’es près (1988), Une idée derrière la tête (1991), Faux témoin (1995) et De la part des anges (1999).

 

Source liberation.fr

Par jeanfrisouster
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Dimanche 8 novembre 2009

Communauté : Les Blogs Sarkostique

L'assouplissement de la carte scolaire devait libérer les familles. Au risque, que vient confirmer cette semaine un rapport de la Cour des comptes, de nuire à la mixité sociale.

651 réactions


 

C'est la première confirmation par les chiffres d'un effet pervers redouté. L’assouplissement de la carte scolaire risque de créer des «ghettos scolaires», alerte la Cour des comptes.

En 2008, sur les 254 collèges «ambition réussite», 186 établissements ont perdu des élèves, «ce qui s’est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d’inégalités contre lesquels doit lutter la politique d’éducation prioritaire», peut-on lire dans cette enquête, pésentée mardi, sur les dispositifs scolaires dans les quartiers sensibles, réalisée à la demande de la commission des Finances du Sénat.

En clair, les collèges difficiles semblent bien perdre leurs bons élèves. Depuis la politique d’assouplissement de la carte scolaire engagée en 2007 par Xavier Darcos, nombre d'observateurs le redoutaient, mais il s’agit là des premières statistiques à caractère officiel à ce sujet.

Le réseau «ambition réussite», créé après les émeutes de 2005, regroupe les établissements les plus en difficulté du système d’éducation prioritaire.

«Compte tenu d’une augmentation des demandes de dérogation de 29% en 2008, les effectifs des collèges ont évolué de façon fortement différenciée selon les établissements: certains ont pu enregistrer des pertes d’effectifs pouvant aller jusqu’à 10%, alors que d’autres connaissaient des progressions allant jusqu’à 23%», écrit encore la Cour des comptes.

«Ecart excessif entre établissements»

Dans un même «bassin de formation», la Cour appelle donc à une plus grande «coordination» entre les établissements scolaires, afin de «lutter contre l’existence ou la constitution de "ghettos scolaires", en corrigeant les effets éventuellement négatifs des modalités de sectorisation scolaire».

«A défaut, en effet, les effets de la concurrence aboutiraient à un écart excessif entre les établissements, ce qui, comme l’enquête PISA de l’OCDE le montre clairement, constitue une des caractéristiques du système éducatif français les plus défavorables à sa performance», conclut la Cour à ce sujet.

Au ministère de l’Education nationale, on précise que le ministre Luc Chatel attend d’ici fin 2009 une étude «plus détaillée» de ses services.

Sans contester l’enquête de la Cour, le ministre veut mettre l’accent sur les quelque 50 établissements «ambition réussite» qui ont gagné des élèves et sont devenus «plus attractifs», ainsi que sur la «satisfaction» des familles concernant l’assouplissement de la carte scolaire.


Source AFP et Liberation.fr

Par jeanfrisouster
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Dimanche 8 novembre 2009

Communauté : Les blogs citoyens

Nous étions avertis par Hubert Artus, en son cabinet de lecture, de la probable distinction de Pierre Michon par l'Académie française pour son dernier livre, « Les Onze ».


C'est fait. Et je ne peux, alors, que me demander comment il a reçu et vécu cette distinction. D'autant plus que, lecteur assidu de Michon et de son compère Bergounioux, je n'ignore pas certaines de ses tribulations qui parfois troublèrent les protocoles établis.

Ceux qui ne font rien parce qu'ils travaillent

Je m'interroge d'autant plus que je trouve dans ce dernier livre, traités, et de quelle manière ! deux sujets dont je vous rebats les yeux depuis deux ans en ce lieu consacré à l'éducation et à l'école : « le travail » et le « mérite ».

Mais ici ces questions sont traitées dans une oeuvre, un texte, une écriture d'exception, d'un rare raffinement, d'une étrange beauté qui sent la noire forêt limousine mais aussi la sueur des chevaux et des hommes, et la vase du canal que les « nègres » « Limousins » sont en train de curer en ces années de Révolution :

« Ils refont ce qu'a fait une première fois ton grand-père, dit la mère. Ils font le canal. Alors l'enfant, avec un grand sérieux et sur un ton d'évidence fâchée :

Ceux-là ne font rien : ils travaillent. »

Deux pages plus loin vient le commentaire :

« Ils ne font rien car ils travaillent »

« Il croyait en quelque sorte que son grand-père avait fait le canal comme Dieu fait le monde »

« On ne saurait croire plus passionnément que l'on est unique et que le monde est magique, magiquement le jouet d'une seule volonté, n'est-ce-pas ? On ne saurait croire davantage qu'agir et jouir sont une seule et même chose. »

Un mot d'enfant qui dit tout

Quant aux Limousins, ceux qui pataugent dans la boue, « à peine les avait-il découverts qu'il décrétait qu'ils n'existaient pas… »

« Ils ne font rien car ils travaillent. » Tout est dit en ce mot d'enfant. Tout ce qui fait la tension millénaire entre la « scholè » des Grecs et le labeur, la besogne, les tâches inéluctables et repoussantes.

Tout ce qui fait la tension entre le loisir studieux (c'est cela, l'école, ou ce devrait l'être), le loisir créatif (qui peut être, moins simplement qu'il n'y paraît, la création de sa propre vie comme oeuvre) et le travail-tourment. Tout ce qui fait la tension, enfin, entre la condition d'homme libre et celle d'homme esclave.

La question vient alors, à ce mot d'enfant exprimant l'irréductible tension entre émancipation et servitude : l'écrivain travaille-t-il quand il va écrivant son oeuvre ?

Évidemment non, puisque ce faisant, il fait, et que faisant il crée, et que créant, comment pourrait-il ne pas jouir ?

Mais alors qu'en est-il du mérite ?

« … car les réussites sociales que l'on attribue aux seuls mérite et travail, dans ce temps comme dans le nôtre, procèdent infiniment plus de scélératesse que n'en peuvent contenir les regards des maîtresses et le fouet des cochers. »

Où donc est le mérite quand il ne procède pas de la scélératesse, bien sûr, mais quand il procède de la pure jouissance du faire ?

Quand l'art questionne l'histoire

Question d'importance et d'autant plus que ce questionnement est énoncé dans une oeuvre, un texte où sont mis en scène -et de quelle façon ! - ces onze membres du Comité de salut public, ces purs porteurs de valeurs sacrées, consacrées par l'Etre suprême.

Et d'autant plus que ces valeurs, travail et mérite, sont jetées là au beau milieu d'un texte comme d'un revers de plume mais pour y être mieux… exécutées.

Et c'est alors, me semble-t-il, l'histoire elle-même qui se trouve ainsi interpellée, cette histoire qui n'a cessé de nous conter les vertus du travail et du mérite. C'est le discours historique (ou historiciste ? ) qui est ainsi questionné par la littérature, par l'art.

C'est Michelet lui-même qui est apostrophé par Géricault, David, Rubens, Füssli, Goya… Corentin. C'est la cène elle-même, cette cène à laquelle manque le douzième, à moins que le douzième ne soit « l'âme collective qu'on y voit, [mais] ce n'est pas le peuple, l'âme ineffable de 1789, c'est le retour du tyran global qui se donne pour le peuple. Pas onze apôtres, onze papes. »

Et c'est ainsi que le livre refermé, l'oeuvre poursuit son questionnement : scélératesse ou jouissance, loisir émancipateur ou asservissement et, sempiternellement, travail, mérite… tyran global ?

 

Par jeanfrisouster
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