Affaire Tapie : l'arbitrage aux 403 millions d'euros aurait été arrangé de toutes pièces

Publié le 17 Juin 2013

Publié le 17/06/2013 à 14h30 | Mise à jour : 17/06/2013 à 15h37
Auteur Sudouest.fr

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Nouveau rebondissement : selon Le Monde, les enquêteurs ont la conviction que l'arbitrage a été "faussé". Se dessine un triangle : Estoup, Tapie, Lantourne

Bernard Tapie va-t-il finir par devoir rembourser les 403 millions d'euros que l'Etat lui a versé pour solde de tout compte dans son litige avec le Crédit Lyonnais ? Difficile encore à certifier. Ce qui est certain, en revanche, c'est que la position de l'ex-président de l'OM dans ce dossier ne cesse de se fragiliser de jour en jour.

En effet, ce lundi, Le Monde, qui a eu accès au dossier judiciaire de cette affaire, affirme que les enquêteurs ont la conviction que ce fameux arbitrage mis en place pour régler le litige entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie concernant la vente d'Adidas a été faussé.

  • Estoup-Lantourne-Tapie

Concrètement, les enquêteurs auraient découvert derrière cet arbitrage une véritable stratégie. Laquelle n'avait qu'un but : le règlement de ce litige en faveur de Bernard Tapie.

Selon le quotidien, la clé de voute de ce dossier n'est autre que la connexion qui existe entre Pierre Estoup, l'un des trois juges de cette commission d'arbitrage, et Me Maurice Lantourne, l'avocat de Bernard Tapie. Si l'existence d'un lien entre les deux hommes a été déjà établie, la question d'une entente entre eux pour "vérouiller" l'arbitrage est aujourd'hui sur la table. Avec en toile de fond, le rôle de Nicolas Sarkozy, dont Bernard Tapie lui même a reconnu qu'il avait donné son feu vert à cet arbitrage.

Comme le relate Le Monde, c'est Me Lantourne qui a proposé Pierre Estoup pour être l'un des trois juges de cette commission d'arbitrage. Et ce alors qu'ils se connaissaient, tout comme Pierre Estoup connaissait aussi Bernard Tapie. Ce dernier lui ayant notamment dédicacé un de ses livres. Sous cet angle, Pierre Estoup , qui a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" peut donc apparaître comme un "pion" de Bernard Tapie.

  • Maîtriser les deux autres juges

Une fois Estoup en place, le scénario était encore loin d'être bouclé. Encore fallait-il maîtriser les deux autres arbitres : Jean-Denis Bredin et Pierre Mazeau. Le dossier judiciaire montrerait que Pierre Estoup s'est chargé de l'essentiel du travail. Ce qui n'a pas empêché Jean-Denis Bredin d'empocher de conséquentes honoraires... Ceci expliquerait-il cela?

  • Lagarde prend ses distances

Preuve que le sol commence à se dérober sous les pieds de Bernard Tapie, Christine Lagarde, qui a toujours indiqué avoir recouru de sa propre initiative à cet arbitrage, a déclaré lors de son audition devant la Cour de justice de la République : "Au moment où j'ai pris mes décisions dans l'affaire Tapie, j'ai déjà indiqué que je n'avais aucune raison de douter de l'impartialité de M. Estoup. Aujourd'hui, avec le recul et au vu des éléments que vous me communiquez, il est évident que mon sentiment est différent..."

Autant d'éléments qui devraient motiver un peu plus encore l'Etat, qui s'est déjà constitué partie civile, à déposer son recours en révision. L'affaire Tapie est loin d'être terminée.

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DOUCE FRANCE.....

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