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Lundi 2 février 2009

Communauté : Solidarités

Un couple de Charentais revient de deux semaines de vacances à Sainte-Anne

«Comme pris en otages et un sentiment d'abandon » link

Les Ourtaau organisent leur défense. (photo anne LACAUD)
Les Ourtaau organisent leur défense. (photo anne LACAUD)

Sandrine et Philippe Ourtaau, ainsi que leur fille de 5 ans, Kimie, ont atterri vendredi en métropole. Ils viennent de passer deux semaines en Guadeloupe, à l'hôtel Pierre et Vacances de Sainte-Anne. De retour dans leur foyer, à Châteaubernard, à côté de Cognac, en Charente, Sandrine et Philippe Ourtaau ne décolèrent pas.

Leur séjour, qui marquait leurs dix ans de mariage, a été gâché de bout en bout. Sandrine a tenu un journal de bord où elle a noté tous les dysfonctionnements de l'hôtel depuis leur arrivée, le 17 janvier dernier. Le couple a atterri à Pointe-à-Pitre sans aucune connaissance des tensions qui régnaient alors dans l'île, ni de la grève annoncée pour le 20 janvier : « Quand on a pris la navette pour aller à l'hôtel, on a compris que quelque chose n'allait pas. Il y avait des files d'attente pas possibles aux stations-service. » link


Plage et piscine évacuées    link


Les Ourtaau connaissent bien l'île pour s'y être mariés et avoir des amis là-bas. Pressentant que les choses allaient durer, ils ont effectué quelques courses. Bien leur en a pris car, à partir du 21 janvier, l'accès à l'hôtel a été empêché par une barricade montée par des manifestants. Les piétons pouvaient passer, pas les voitures. Philippe Ourtaau rapporte que les véhicules laissés à l'extérieur, loués par des touristes, avaient leur réservoir siphonné et les pneus crevés. Le 21 toujours, « des agents de la sécurité nous ont demandé d'évacuer la plage et la piscine et de regagner les appartements ». Le 22, les résidants de l'hôtel ont subi des coupures d'électricité... « On nous a donné deux bougies de Lourdes », sourit avec le recul Sandrine. « Les nouveaux clients qui arrivaient avaient droit à deux bougies et deux bouteilles d'eau. » Le lendemain, le vendredi 23, l'eau était coupée, le snack fermé. Deux soirs de suite, des manifestants se sont introduits dans l'hôtel. Sans incidents.

Chaque jour, à 19 heures, les clients se rassemblaient dans le hall pour un « forum de discussion ». La direction faisait un point sur la situation de la grève. « Il y avait beaucoup de tensions, de stress, surtout pour les personnes âgées », témoigne Philippe. « Nous avons été pris en otages et complètement abandonnés », ajoute-t-il. Il accuse ici Pierre et Vacances et l'État français. « Si on avait été dans un pays étranger, on aurait été vite évacués. Et pourquoi des touristes arrivaient encore jeudi dernier, jour de notre départ, alors que la situation s'enlisait ? » Selon les documents affichés dans le hall de l'hôtel, Pierre et Vacances avait interrompu les arrivées de clients, mais certains n'avaient pas été prévenus... Certains ont dû écourter leur séjour.

Décidés à ne pas en rester là, les Ourtaau vont dès aujourd'hui se rendre à l'agence cognaçaise qui leur a vendu le voyage. Ils ont collecté un maximum d'e-mails de touristes et vont monter un collectif pour récupérer au minimum les prestations non fournies par Pierre et Vacances, comme s'y est engagée la direction.

Guadeloupe : a quand la fin de la crise ? link

Depuis deux semaines, les magasins, les stations-service et les écoles de Guadeloupe sont fermés. Les transports ne fonctionnent plus. L'île vit au ralenti, paralysée par un double mouvement qui a totalement bloqué son activité socio-économique.

Toutes les stations-service sont fermées depuis le 19 janvier, leurs gérants exigeant l'arrêt de nouvelles implantations. S'y ajoute depuis le 20 janvier une grève générale pour protester contre « la vie chère », à l'appel d'un « collectif contre l'exploitation outrancière » (LKP), qui fédère 47 partis, syndicats et associations locales. Le collectif avance 146 revendications pour « relancer le pouvoir d'achat », comme « la baisse des prix de tous les produits de première nécessité et des impôts et taxes » et la baisse « immédiate » de 50 centimes du prix des carburants. Un gel des loyers et une augmentation de 200 euros pour les bas salaires et les minima sociaux sont également demandés.

Yves Jégo, secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, s'est donc rendu hier soir sur place pour « apporter la part du gouvernement à une sortie de crise attendue par tous ». Le 28 janvier, il avait annoncé de Paris plusieurs mesures, dont « le versement en avril d'une prime de 200 euros aux 60 000 foyers guadeloupéens qui touchent les plus bas revenus », et « l'ouverture d'un cycle de négociations thème par thème, dans un délai contraint de quatre semaines ».link


Au point mort


Son arrivée était très attendue par Victorin Lurel, président du Conseil régional (PS) : « J'ai dit à Yves Jégo qu'il fallait venir avec des mesures fortes, car il y a là une vraie crise sociale », a-t-il expliqué samedi soir sur RFO Guadeloupe. La concertation avec le LKP est au point mort depuis que le préfet de Guadeloupe s'est retiré de la table des négociations, mercredi.

 

 

(source sud -ouest )

Par jeanfrisouster
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Commentaires

Bonjour,
Nous étions également chez Pierre et Vacances du 22 janvier au 29 janvier. Vous pouvez compter sur nous pour faire parti du collectif.
Cordialement
lise et thierry
Commentaire n°1 posté par MOULET THIERRY le 02/02/2009 à 20h57
Bon courage a vous et a votre collectif mais il faut dire que les Guadeloupéens ont vriament des soucis et qu'il faut s'en prendre plutot aux voyagistes et autres profiteurs du tourisme et de la grande distribution ...enfin des patrons a mon avis .
Réponse de jeanfrisouster le 20/02/2009 à 11h53
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