4G : la suspension des antennes irrite Besson

Publié le 6 Novembre 2011

  Auteur   Catherine Maussion


Antennes de réseau mobile sur un toit de Chicago - Photo Benny Mazur, CC BY

Avis de tempête sur les toits de Paris. Elle menace les forêts d’antennes juchées sur les bâtiments publics et les HLM. Hier, Eric Besson, le ministre de l’Industrie, a fait bruyamment injonction à la mairie de Paris de « reprendre les discussions avec les opérateurs afin de débloquer le déploiement des réseaux mobiles ». Le gel avait été voté à l’unanimité, lundi, par le Conseil de Paris.

L’enjeu est d’abord financier. L’État entend récupérer un pactole de près de 2 milliards d’euros avec la mise aux enchères des licences du futur réseau 4G. Encore faut-il pouvoir poser de nouvelles antennes. Et puis, pour la bonne bouche, l’arrivée de Free à la fin de l’année, sur fond de saturation des fréquences et la nécessité de pousser toujours plus haut les émissions.

A l’origine de la querelle : la renégociation de la charte signée en 2003 par Paris avec les opérateurs, que la municipalité veut durcir. Au Conseil de Paris, elle est aiguillonnée par les Verts, qui font valoir les mises en garde de Robin des toits ou Priartem, associations adeptes du principe de précaution, qui réclament avec constance la baisse des puissances d’émission.

La mairie a surtout vu rouge jeudi dernier, quand la Fédération française des télécoms (FFT) est venue avec des « valeurs inacceptables », raconte Mao Peninou, adjoint de Bertrand Delanoë. « On était en train de parler de baisser le niveau d’émission fixé dans la charte [2 volts en moyenne par mètre sur 24 heures, ndlr], et voilà que Danjou [délégué de la FFT] débarque avec un plan pour ne s’occuper que des points atypiques, là où les valeurs dépassent 10 à 15 volts par mètre. » Reléguant la charte « à un simple décalque de la réglementation », ajoute Peninou.

D’où le coup de sang des élus, qui décrètent « la suspension de toute nouvelle installation ». La douche est plutôt froide pour les opérateurs. En clair : 32 demandes gelées et 180 antennes déjà posées susceptibles d’être démontées. Hier, l’heure était à l’apaisement. L’un des opérateurs se disait « catastrophé » par l’hyper réaction d’Éric Besson. Le ministre était-il inquiet pour les licences 4G qu’il s’apprêtait à mettre aux enchères ?

De fait, le premier lot, vendu il y a un mois, s’est arraché pour près d’un milliard d’euros. Et le gouvernement attend du second une recette plus énorme encore, et déjà budgétée, de 1,8 milliard minimum. « C’est sûr, les licences vaudront beaucoup moins cher si l’on ne peut plus installer nos antennes ou s’il faut qu’on les multiplie pour baisser les émissions », avertit un acteur au cœur des discussions avec la Mairie de Paris.

 

Paru dans Libération du 19 octobre 2011

 

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Rédigé par jeanfrisouster

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