Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy pris au piège/Pris au piège d'un « Watergate » au pays de Mauriac

Publié le 24 Mars 2013

Publié le 23/03/2013 à 06h00 | Mise à jour : 23/03/2013 à 12h56
Auteur Yann Saint-Sernin

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Si son sort est loin d'être scellé, l'affaire Bettencourt pourrait tourner au cauchemar pour l'ancien chef de l'État.

Il y a des indices graves et concordants selon lesquels Nicolas Sarkozy a abusé de la faiblesse de Liliane Bettencourt. Ce n'est bien sûr pas l'avis de la défense de l'ex-chef de l'État. Mais c'est désormais celui des trois juges bordelais qui instruisent l'affaire depuis deux ans. Ceux-ci estiment, à travers la mise en examen de Nicolas Sarkozy, que ce dernier est susceptible d'avoir sollicité et obtenu des remises de fonds de la part de la milliardaire alors qu'elle était dans un état de démence mixte qui la rendait vulnérable et incapable de prendre des décisions éclairées concernant la gestion de sa fortune. L'accusation, passible de trois ans de prison, n'est pas mince. Et finalement assez éloignée des délits financiers habituellement reprochés aux élus ou aux « cols blancs ».

Lors de sa première comparution devant les juges, en novembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était montré suffisamment convaincant pour demeurer sous le simple statut de témoin assisté. Ce statut lui conférait une position périphérique dans l'affaire et semblait éloigner la perspective d'un renvoi de l'ex-chef de l'État devant un tribunal correctionnel. Désormais, la donne a changé. En signant, tard dans la soirée de jeudi, ce qui se profile comme le dernier acte fort du dossier, les magistrats ont fait basculer Nicolas Sarkozy au cœur d'une affaire qui restera sans doute l'une des épines de son quinquennat. Un « Watergate » mâtiné de Mauriac.

 

Si les juges semblent à quelques jours de boucler le volumineux dossier qui occupe une salle entière des locaux de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux, le dénouement de l'affaire Bettencourt n'est pas pour autant proche.

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette mise en examen. Celle-ci sera examinée par les magistrats de la chambre de l'instruction. S'ils décidaient de suivre la demande de la défense, Nicolas Sarkozy serait alors définitivement libéré de l'affaire Bettencourt. Si, au contraire, les magistrats décidaient de conforter la décision des juges d'instruction, ce serait une très mauvaise nouvelle pour l'ex-chef de l'État. Car rien ne pourrait véritablement empêcher son renvoi devant le tribunal, ce qui, vu le moment auquel intervient cette mise en examen (à la toute fin de l'instruction), pourrait bien être l'intention des magistrats instructeurs.

Un revirement surprise

Même si, dans ses réquisitions qui interviendront à la suite de la clôture du dossier, le parquet sollicitait un non-lieu, rien n'empêcherait les juges, s'ils l'estimaient justifié, de rendre une ordonnance non conforme de renvoi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le procès n'aurait vraisemblablement pas lieu avant plusieurs mois. Une éventuelle décision de culpabilité serait alors susceptible d'appel, voire ensuite d'un pourvoi en cassation. Mais le spectre de l'affaire Bettencourt planerait alors pendant plusieurs années au-dessus de la tête de celui qui se voyait il y a peu un recours pour la France.

Le revirement des juges a créé la surprise chez la plupart des connaisseurs du dossier, tant l'horizon semblait s'éclaircir pour Nicolas Sarkozy. Celui-ci avait maintenu ne s'être rendu chez la milliardaire qu'une seule fois, en février 2007, et avoir rencontré André, le mari de Liliane Bettencourt, pour une visite de courtoisie. Mais, après avoir entendu une nouvelle fois le personnel de la maison, les juges n'ont vraisemblablement pas été convaincus par les explications de l'ex-chef de l'État. Ils ont estimé que d'autres visites, cette fois auprès de Liliane seule, avaient probablement eu lieu.

4 millions d'euros

Ils ont sans doute également estimé, après le croisement des agendas et de l'étude minutieuse des circuits financiers par lesquels près de 4 millions d'euros ont été rapatriés de Suisse, qu'il existait des indices graves selon lesquels une partie de cette somme a pu bénéficier à Nicolas Sarkozy. Une analyse qui concorderait alors avec la phrase consignée dans les carnets de François-Marie Banier et attribuée à Liliane Bettencourt en avril 2007 : « De Maistre m'a dit que Sarkozy m'avait encore demandé de l'argent, j'ai dit oui. »

De quoi provoquer un cauchemar judiciaire pour l'ancien président de la République.

politique   lire l'article sur sudouest.fr · justice · Affaire Bettencourt
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Vos commentaires 47
 
Thibeau
23/03/2013, à 19h35 Alertez
je suppose que le rendez vous au prés du magistrat été pris depuis quelques jours déja et ce n es que pure coincidence avec la démission du ministre des finances Donc ne penser pas a un complot!!!j aimerais connaitre la position de monsieur Juppé :::est il malade????
 
 
basta 34
23/03/2013, à 19h32 Alertez
il récolte ce qu'il a semé! la corruption a toujours une fin
 
 
Elisabeth CASTETS
23/03/2013, à 17h53 Alertez
Il me parait plus juste que les juges sont intimement convaincus par ceci ou cela,pas qu'ils ont les preuves irréfutables. Sinon, Nicolas Sarkozy serait déjà incarcéré,non?
 
 
Katsou
23/03/2013, à 17h50 Alertez
Au fait, pourquoi parle-t-on tant des problèmes de Sarkozy et de Cahuzac avec la justice... mais si peu de la plainte contre Madame Trierweiler pour détournement de fonds publics ???
 
 
Irownick
23/03/2013, à 17h25 Alertez
Abus de faiblesse ?
Et le fait de taxer tout les retraités, c’est quoi ?
 
 
papypapote
23/03/2013, à 17h18 Alertez
Mal rasé comme il était, il n'a pas dû faire bonne impression aux juges, c'est sûr !...
 
 
ViWiV
23/03/2013, à 15h59 Alertez
@Keskispass 12h12 L'article, au contraire, multiplie les hypothèses et ne tient rien pour vrai : "celui-ci avait maintenu ne s'être rendu(...)", "vraisemblablement pas été convaincus...", "d'autres visites [] avaient eu probablement lieu...", "ils ont sans doute également estimé...", "une analyse qui concorderait(...)".
 
 
Yves CIAMPI
23/03/2013, à 15h34 Alertez
larenaude @ N'importe qui (donc moi) peut vérifier : Le Syndicat de la magistrature représentait 32,1 % des magistrats au terme des élections à la Commission d'avancement qui se sont tenues en juin 2010. (Le terme magistrat n'implique pas que des juges en plus...)
Avant de se faire ainsi démonter en public quelques secondes pour obtenir l'info sur le web évitent le ridicule.
 
 
luzzato
23/03/2013, à 15h30 Alertez
Sarkozy et les juges. Cette affaire est bien embêtante pour notre ancien président de la république, car elle peut nuire a sa volonté de revenir en politique. Et puis, comment les français vont interpréter ces accusations.Au risque de me tromper, je pense que Sarkozy se sortira de cet imbroglio.. ce ne sera pas le premier regardez Chirac, Pasqua,etc.... ils s'en sont chaque fois sorti.Et on ne sera jamais vraiment ce qui s'est passé chez Madame Bettencourt! Par contre je n'apprécie pas du tout les cris de l'UMP qui hurle à un complot ou a je ne sais autre chose. Ce que je crois par contre, c'est que le juge gentil(qui n'en a que le nom)doit avoir de sérieux éléments pour mettre en examen un ancien président de la république. Non le juge n'a pas de parti pris, il fait tout simplement correctement son métier.
 
 
johnny too bad
23/03/2013, à 15h05 Alertez
Note à "Yann Saint-Sernin", il serait plus juste de dire le piège est tendu car jusqu’à maintenant Sarkozy est encore libre de ses mouvements ...
 
 
larenaude
23/03/2013, à 14h23 Alertez
"le Syndicat de la magistrature est très minoritaire "

Non ! C'est le contraire
 
 
Keskispass
23/03/2013, à 14h08 Alertez
On cherche juste à l'affaiblir et à l'éliminer de la vie politique. Souvenez-vous de la phrase de Hollande au salon de l'agriculture..
 
 
Skyloso
23/03/2013, à 13h49 Alertez
voleur de vieille dame va
 
 
Skyloso
23/03/2013, à 13h48 Alertez
Abus de faiblesse...vu le statut de l'homme mis en examen, c'est énorme quand même, un vrai délit de racaille. d'habitude, c'est plutôt blanchissement, abus de bien social , mais abus de faiblesse quand même. La droite qui attendait le retour de son chef....ça sznt le roussit
 
 
L'empaleur aviné
23/03/2013, à 13h45 Alertez
Ca risque de l'entacher y compris au plan international,son image va se dégrader.

Lui qui voulait jouer à l'intouchable,au grand chef,qui stressait et déstabilisait ses employés y compris les ministres,qui était pète-sec et cinglant ( Claire Chazal doit s'en souvenir),qui menait tout le monde à la baguette,qui était devenu un petit monarque,l'hyper président comme on l'appelait,prend là une leçon d'humilité et modestie,et c'est bien mérité.
 
 
thorgal
23/03/2013, à 13h36 Alertez

Entre allez voir des professionnelles du sexe et voler des petites vieilles je préfère celui qui prend du bon temps !!!!!!

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Publié dans #citoyens d'europe

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