Affaire Karachi : le témoin par qui Sarkozy revient

Publié le 2 Janvier 2012

Rétrocommissions 02/01/2012 

Les informations publiées par Libération, qui a consulté le procès-verbal de l'audition d'un haut-fonctionnaire, mouillent un peu plus le chef de l'Etat. Sous le titre « Sarkozy savait », la Une du quotidien est « survendue » selon le directeur de la rédaction de L'Express, Christophe Barbier, alors que le journal doit justifier l'augmentation ce lundi de son prix à 1,50 euros.


Une de Libération du 2 janvier 2012

L'Elysée a beau parler de « fable à épisodes » concernant l'éventuelle implication de Nicolas Sarkozy dans les rétrocommissions versées en marge des contrats d'armement (et qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995), l'affaire Karachi se rapproche du Président.

Celui qui était alors ministre du Budget a nécessairement donné son accord à la création d'une société luxembourgeoise, Heine, qui a servi d'intermédiaire dans ces contrats. Les liens de Nicolas Sarkozy avec Heine étaient déjà connus depuis le mois d'otobre, rappelle Arrêt sur Images.

C'est ce qui ressort de l'audition de Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur administratif et financier de la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCN), celle-là même qui a vendu en 1994 au Pakistan des sous-marins Agosta. Rappelons que l'arrêt du versement de rétrocommissions serait à l'origine de l'attentat contre les personnels de la DCN, qui a fait quatorze morts en 2002.

« Vu l'importance du sujet ... »

Interrogé le 2 décembre par le juge Renaud Van Ruymbecke, l'ancien haut-fonctionnaire déclare, selon le procès-verbal de l'audition consulté par Libération :

« Il est clair que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine. Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre. »

Puis, le juge lui demande de préciser s'il a fallu le double accord du ministre de la Défense (à l'époque François Léotard) et de celui du Budget (à l'époque Nicolas Sarkozy), et Gérard-Philippe Menayas précise :

« Oui. J'ai une expérience en la matière, ayant travaillé six ans à la direction du Trésor. Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre. »

Le témoin évoque aussi le rôle de Benoît Bazire : le frère de Nicolas
Bazire
, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon suivait particulièrement le contrat pakistanais. Un point déjà souligné par Le Nouvel Obs dans un article publié le 12 décembre. Gérard-Philippe Menayas :

« Benoît Bazire (à la direction de l'armement) insistait tout particulièrement pour être informé en temps réel de tout événement lié à l'avancement de la négociation de ce contrat. »

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

Repost 0
Commenter cet article