ASSISES DU TARN. Ecoutes téléphoniques : la bande-son du procès

Publié le 18 Mars 2010

La cour d'assises a passé des heures à écouter des enregistrements téléphoniques. L'amant n'en sort pas indemne. Jacques Viguier reste toujours mystérieux
Jacques Viguier n'a jamais été du genre à s'épancher. (PHOTO AFP)
Jacques Viguier n'a jamais été du genre à s'épancher. (PHOTO AFP)

C'est l'une des nombreuses bizarreries de ce dossier. Avant que s'ouvre le procès en appel de Jacques Viguier devant la cour d'assises du Tarn, les écoutes téléphoniques effectuées par la police judiciaire n'avaient jamais été retranscrites et versées au dossier. Ce que les enquêteurs et le juge d'instruction n'avaient pas jugé utile de faire, le président Jacques Richiardi l'a ordonné Et depuis le premier jour d'audience, ou presque, une bande-son accompagne quotidiennement témoignages et interrogatoires.

L'amant déboulonné...

Elle ne signe pas plus la culpabilité que l'innocence du professeur de droit. Mais, loin du jargon judiciaire et des postures convenues, ce récit sonore restitue le climat de l'enquête, la façon dont sont accueillies les investigations policières, les réactions tour à tour étonnées et inquiètes des membres de la famille de l'universitaire et de leurs amis. L'affaire Viguier s'émancipe alors de la montagne de procès-verbaux qui l'ensevelit pour se nourrir d'un timbre de voix, de la colère d'une mère, d'un bon mot d'un flic ou de confidences distillées nuitamment.

L'image d'Olivier Durandet, l'amant de Susy Viguier, ne sort pas indemne de ce flot de paroles. Il est certes le premier à s'inquiéter de sa disparition, le premier à désigner Jacques Viguier comme l'auteur du meurtre. Mais, au téléphone, il parle comme s'il était tapi dans l'ombre. Il prépare plusieurs témoins en leur demandant d'occulter certains détails. Il convainc la baby-sitter de mentir. À l'évidence, il bénéficie d'informations privilégiées de la part des enquêteurs, qui lui accordent un grand crédit.

« Pas vu pas pris », lâche imprudemment le commissaire Mallon lorsque l'amant lui rapporte sa visite clandestine dans la maison des Viguier. Cette fouille illégale n'apparaît que dans les interceptions téléphoniques. Elle permet de relativiser l'un des principaux éléments à charge contre Jacques Viguier. Le fameux sac de son épouse découvert tardivement dans une armoire n'aurait-il pas été placé là par Olivier Durandet pour l'accabler un peu plus ?

Naturellement, l'amant s'en défend, mais le fait que la question puisse désormais être légitimement posée n'est pas anodin. Olivier Durandet a perdu sa parure de chevalier blanc. Il ne peut guère non plus se poser en amoureux inconsolable. « C'était mon avenir », avait-il lancé l'an passé, des trémolos dans la voix, aux jurés de la cour d'assises de Haute-Garonne.

La douleur de l'absence ne l'empêchait pas de conter fleurette. Quelques semaines après que Suzanne s'est volatilisée, il drague éhontément au téléphone l'une de ses connaissances. Entre deux considérations sur l'affaire, il lui propose même de venir dormir chez lui, à la rencontre de ses « mains qui parlent ».

... et le mari distant   .............................

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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