Aurore Martin a été arrêtée : la militante basque risque 12 ans de réclusion

Publié le 2 Novembre 2012

Publié le 02/11/2012 à 06h00 | Mise à jour : 02/11/2012 à 07h56
Auteurs Emmanuelle Fère avec Élisa Artigue-Cazcarra , Pour Sudouest.fr

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Arrêtée jeudi à Mauléon (64), la militante de Batasuna, sous le coup d'un mandat européen depuis 2010, a été remise aux autorités espagnoles. 

 

La militante de Batasuna Aurore Martin a été interpellée hier, vers 16 heures, à Mauléon (64) par la gendarmerie, lors d'un banal contrôle routier. La jeune femme de 33 ans, originaire de Mauléon, était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen (MAE) depuis le 13 octobre 2010, émis par un juge madrilène pour « faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme ».

Aurore Martin, qui vivait à Saint-Jean-Pied-de-Port, était seule dans la voiture au moment de son arrestation à Mauléon. Le gendarme qui l'a contrôlée a procédé à son arrestation après avoir consulté le fichier des personnes recherchées. En suivant, la jeune femme a été transférée à Pau, au groupement de gendarmerie, auprès de la Section de recherches, où elle est restée jusqu'à 18 h 50. Aurore Martin encourt douze années de réclusion pour avoir participé, dans le cadre de l'organisation politique Batasuna, à des réunions publiques, en 2006 et 2007, en Navarre et en Alava (Pays basque espagnol).

 

Batasuna est autorisé en France, mais interdit en Espagne. En effet, en 2003, Madrid a classé le parti politique parmi les organisations terroristes pour ses liens présumés avec ETA. Le MAE émis à l'encontre d'Aurore Martin avait été avalisé par la France le 16 décembre 2010, date à partir de laquelle la militante avait choisi de vivre en clandestinité pour éviter une interpellation par la police française qui l'aurait remise à la justice espagnole. Aurore Martin a été remise à la guardia civil hier à la frontière à Biriatou, à 20 h 45. La Section de recherches de Pau avait organisé une opération leurre dans la vallée d'Aspe pour faire croire à un passage du convoi à la frontière via Canfranc, où se trouve un commissariat international.

Une première tentative d'arrestation, par la police judiciaire française, dans un immeuble du centre de Bayonne, le 21 juin 2011, avait avorté après que des militants et sympathisants eurent fait irruption et bloqué le passage des policiers. Aurore Martin était apparue à plusieurs reprises lors de manifestations publiques au Pays basque. Mais hier, l'arrestation sur une route de la Soule, qui se serait déroulée sans témoins, a été tout autre.

L'interpellation d'Aurore Martin est intervenue alors que toutes les voies de recours étaient épuisées. En décembre 2010, la Cour de cassation avait rejeté le pourvoi de la militante contre le MAE ; une étape qui lui avait valu de nombreux soutiens politiques, associatifs et syndicaux au Pays basque. Et en mai dernier, l'ultime recours auprès de la Cour européenne des droits de l'homme avait été rejeté. Le MAE était de fait exécutoire. « Il est accompagné d'un ordre d'incarcération. C'est la volonté première de cette procédure », a rappelé hier soir Me Amaia Rekarte, conseil d'Aurore Martin. Selon l'avocate, il y avait peu de probabilités que sa cliente soit présentée devant l'Audience nationale espagnole à Madrid dès hier soir. Me Rekarte supposait que dans cette attente, sa cliente serait incarcérée à la prison de Soto del Real, près de Madrid.

Aurore Martin doit désormais désigner un avocat du barreau espagnol pour comparaître devant l'Audience nationale. Le haut tribunal, compétent pour l'ensemble de l'Espagne, peut désormais prendre trois types de décision : une libération sans charge, une libération assortie d'une caution, ou une incarcération. « L'Audience nationale a la réputation d'être répressive », a indiqué Me Rekarte.

L'arrestation d'Aurore Martin constitue une première judiciaire. Car jamais un citoyen français sous le coup d'un MAE n'avait été remis aux autorités espagnoles pour des faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme.

ETA · Faits divers · Bayonne · Pau
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Vos commentaires 74
 
12
J.j,
02/11/2012, à 21h21 Alertez
Je ne connais pas de question plus importante que celle des droits de l'homme dans une démocratie . Leur respect est la condition indispensable de la paix sociale.
Cela n'enlève rien à l'importance de la question de la délinquance à commencer par la corruption et la grande délinquance financière qui sont les plaies de nos démocraties, pour leurs conséquences directes et aussi pour l'exécrable exemple qu'elles véhiculent en faisant croire que tout est permis puisque certains se le permettent impunément . Il devient alors très difficile d'enrayer la délinquance "ordinaire", qui elle donne une impression d'insécurité générale bien entretenue par les médias.
La délinquance "ordinaire" est un des effets de la misère et la précarité . Les premiers responsables sont ceux qui entretiennent cette misère et cette précarité par cupidité, goût du pouvoir ou simplement mégalomanie.
 
 
makilaazucena
02/11/2012, à 20h40 Alertez
il ya des sujets beaucoup plus importants (délinquance , chomage insécurité ..) à traiter ...
 
 
J.j,
02/11/2012, à 19h56 Alertez
Patience Maurice les manifs ça va venir et justement parce que le socialisme nous sommes un certain nombre à le voir autrement .
Mais essayons de rester dans ce sujet qui est une question de droits de l'homme et de respect des principes de notre république .
 
 
Maurice PHILIPPE
02/11/2012, à 19h16 Alertez
j'imagine si claude Guéant était encore ministre de l'intérieur ..... mais là, on avale les couleuvres, point de manifs, ni de protestation ! c'est beau le socialisme, après les taxes dans tous les domaines, maintenant ils taxent la participation dans les entreprises, de 8 à 20 %, on comprend pourquoi sa côté de popularité s'effondre !
 
 
Etxeko Jauna
02/11/2012, à 19h10 Alertez
Démonstration est faite qu’un citoyen basque de nationalité française ne peut plus compter que sur un état basque pour lui assurer la liberté d’opinion. Il faut donc qu’il milite pour la reconnaisance du Pays Basque par l’ONU.
 
 
Yane
02/11/2012, à 19h00 Alertez
S'il y a bon nombre d'Africains qui demandent la nationalité Française , bon nombre de Français ne veulent plus de cette nationalité et demandent une autre nationalité dont la nationalité Basque .

Je demande donc la nationalité Basque et au besoin obtenir la double nationalité puisque c'est autorisé de par la loi .

Si la France ne veut pas accorder de territoire réel aux basques et continuer sa colonisation qu'elle accorde au moins aussi généreusement qu'elle accorde la nationalité Française , la nationalité Basque tout en considérant que le Pays Basque est une colonie Française , ce qui est le cas actuellement .

Gageons qu'avec ce dispositif , tout le monde sera content , les Français qui garderont leur colonie , les Basques qui auront leur pays virtuel et pourront continuer à vivre chez eux en se considérant comme colonisés , ce qui est le cas actuellement .
 
 
Dieter Fleischer
02/11/2012, à 16h37 Alertez

A J.j,

- début de citation -
Ils feraient mieux de s'intéresser à la grande délinquance financière dont les conséquences sont beaucoup plus criminelles .
- fin de citation -

Vous avez mis le doit sur le mille ... une affaire comme celle la les arrange bien pour créer une diversion.

Les criminelles en cols blancs c'est eu qu'il faut livrer à la justice.

Et comme quelqu'un la dit les dictateurs criminelles africains séjournent bien chez nous sans avoir craindre la justice.

Il est le devoir de tout personne attaché aux valeurs démocratiques en France, surtout les "non basques", de se faire entendre pour dénoncer fermement cette "injustice répugnante" et d'afficher notre solidarité avec Aurore MARTIN et le peuple basque!

Pourquoi le gouvernement français à t-il déterre la hache de guerre?
C'est une erreur monumentale!!!!

Nous voulons vivre en paix.

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Publié dans #citoyens d'europe

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