Bordeaux : le clash au conseil municipal, « vous voulez la guerre ?»

Publié le 26 Juin 2012

Publié le 26/06/2012 à 06h00 | Mise à jour : 26/06/2012 à 07h37
Auteur isabelle Castéra , Pour sudouest.fr
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Bordeaux : le clash au conseil municipal, « vous voulez la guerre ?»

[VIDEO] La séance a tourné au vinaigre hier. Récit.

Bordeaux : le clash au conseil municipal, « vous voulez la guerre ?»

On serait dans une cour d'école… Et là, pas de doute, c'est lui qui a commencé. Alain Juppé. « Vous voulez la guerre, vous l'aurez. Je ne me laisserai pas faire. » Hier après-midi, le conseil municipal de Bordeaux a été le théâtre des limites de l'exercice de politique locale. Ils ont failli en venir aux mains. La mauvaise foi des uns, se heurtant à l'ultra susceptibilité des autres.

Tout a commencé donc par une communication d'Alain Juppé, donnant suite à un courrier « tombé entre ses mains par inadvertance », de Michèle Delaunay, députée ministre « ou ministre députée, je ne sais plus où elle en est » et Cécile Duflot, ministre du Logement. Cette lettre fait état de la situation des travaux en cours du foyer Leydet (un centre d'accueil d'urgence). La députée omet dans son courrier d'évoquer l'aspect « réhumanisation » du projet. Juppé pas content. C'est à ce moment que Matthieu Rouveyre (PS) intervient pour se plaindre. « Nous n'étions pas avertis de cette communication. Vous nous prenez au dépourvu. »

 

 

Il n'en a pas fallu plus à Alain Juppé pour rugir et entraîner ses opposants socialistes sur le terrain de « la guerre », laissant Rouveyre séché. Après quelques échanges fumants, ce dernier a demandé un « moratoire du projet Leydet, sollicité par 90 % des salariés. » Tandis que dans la foulée Marie-Claude Noël élue verte, en remettait une couche, suggérant la réouverture du Foyer d'urgence Tregey (rive droite) « pour compenser les 90 places d'accueil perdues, lors de la réalisation des travaux. » Le communiste Vincent Maurin a aussi sollicité un moratoire et pour finir Jacques Respaud (PS) a tout mélangé. « Vous nous avez imposé cette communication sur Leydet en début de séance pour détourner les débats. Notamment celui sur les noyades des jeunes dans la Garonne. »

Couic. Micro coupé.

Pas responsable, mais…

Alexandra Siarri adjointe aux nouvelles précarités tendue comme un arc a lancé quelques flèches : « Connaissez vous les conséquences d'un moratoire ? Cela risquerait de casser le projet. » Et à l'intention de Rouveyre : « Vos interventions sont insupportables, vous êtes un bonimenteur. »

Alain Juppé a déclaré qu'il n'accepterait pas de moratoire. En ajoutant « la spécialité des socialistes c'est d'être anti-Juppé. » Puis le débat sur les disparus de la Garonne s'est invité, à commencer par une intervention posée de Pierre Hurmic (EELV) qui déplore la fermeture des épiceries de quartier à 22 heures, lui préférant « de la présence humaine renforcée sur les quais ». Matthieu Rouveyre a suivi : « On ne vous tient évidemment pas responsable de ces drames, mais on voudrait participer aux discussions. Fermer les épiceries n'est pas une bonne idée. » « Ce n'est pas moi qui ai pris cette décision mais le préfet », a répondu Juppé, et s'adressant aux épiciers présents dans le public : « Pourquoi ne sont-ils pas devant la préfecture ? »

Puis, Jacques Respaud a rouvert son micro : « Vous n'êtes pas responsable, mais quand même… »

C'est là que la séance a tourné au pugilat : « Quand même quoi ??? Quoi ? » Jean-Louis David, adjoint à la sécurité, bondit de son fauteuil pour se planter devant Jacques Respaud. La salle hystérique pousse des cris indignés, Maxime Sibé agite ses bras dans tous les sens. On entend. « Ils se croient tout permis maintenant… »

Alain Juppé taille le micro de Respaud et l'assène d'un « je vous demande des excuses. » Il est rouge. Dans ce chaos de grand n'importe quoi, la séance est interrompue. Tout le monde se retrouve sur le pont pour souffler. « Mais, il a dit quoi exactement Respaud ? » Les verts sortent un peu hébétés. « Il aurait dit : oui mais ou non mais… », ose Pierre Hurmic.

Jean-Louis David ne décolère pas. « Depuis un an, on dort plus la nuit, on est sur le terrain régulièrement. On essaie de trouver des solutions… Mon sang n'a fait qu'un tour. » Dix minutes plus loin, tout le monde est rentré en classe, en ordre et en silence. Alain Juppé s'est raclé la gorge, a précisé qu'il fallait bien se tenir désormais, ne pas céder à « la politique politicienne, en tout cas que certains sujets ne se prêtaient pas à la récupération politique. »

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Bordeaux · Alain Juppé · politique
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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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