Bordeaux : règlements de comptes autour du palace Grand Hôtel

Publié le 31 Janvier 2012

Auteur DOMINIQUE RICHARD
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Un chef d'entreprise a porté plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui ». Il assure que le système de désenfumage du palace est "déficient"

Le Grand Hôtel de Bordeaux, face au Grand-Théâtre, a rouvert fin 2007 après plusieurs années de travaux.

Le Grand Hôtel de Bordeaux, face au Grand-Théâtre, a rouvert fin 2007 après plusieurs années de travaux. (photo G. Bonnaud/« sud ouest »)

Rouvert fin 2007 avec plus de deux ans de retard sur le calendrier initialement prévu, le Grand Hôtel de Bordeaux a peiné à trouver sa vitesse de croisière. Malfaçons, changement d'enseigne, procès, valse des directeurs généraux, erreurs de recrutement, impayés… Michel Ohayon, le propriétaire de ce palace de 150 chambres et de 22 suites, a essuyé de sérieux grains avant de pouvoir conduire son paquebot en haute mer. Au moment où le succès est enfin au rendez-vous, l'horizon n'est pas pour autant totalement dégagé.

« Désenfumage déficient »

 

Au mois de décembre, le parquet de Bordeaux a lancé une enquête préliminaire pour mise en danger d'autrui et saisi la police judiciaire. La procédure a été décidée à la suite de la plainte déposée par Jacques Janvier, l'ex-PDG de la société Équipements électriques d'Aquitaine (EEA). Lors du lancement du chantier de rénovation du Grand Hôtel, cette PME girondine de 125 salariés avait installé la partie électrique du système de sécurité incendie qui actionne notamment le dispositif d'évacuation des fumées en cas de sinistre.

« On a autorisé l'ouverture du Grand Hôtel alors que le système de désenfumage était déficient et qu'il l'est toujours, affirme Jacques Janvier. Si par malheur un incendie survient, les personnes présentes dans l'établissement courent le risque d'être asphyxiées. Je l'ai signalé à maintes reprises. J'ai vendu ma société en 2008, mais, les travaux n'ayant toujours pas été réceptionnés (1), je tiens à dégager ma responsabilité et à placer devant les leurs ceux qui ont fait primer l'économique sur la sécurité. »

Fin 2007, la commission de sécurité avait donné un avis favorable à l'ouverture du palace. Deux mois plus tard, Norisko, le bureau d'études chargé du contrôle technique du chantier, jetait un pavé dans la mare. Après avoir testé les installations de désenfumage, il avait mis en doute la réalité des mesures pratiquées par la société Elyo, la filiale de Suez chargée de la ventilation, du chauffage et de la climatisation du Grand Hôtel.

« Les essais font apparaître des non-conformités pas acceptables », relevait alors le contrôleur de Norisko. « Le document remis par Elyo à la commission de sécurité et qui a permis l'ouverture de l'établissement n'est absolument pas recevable. » Quelques mois plus tard, les experts désignés par le tribunal de grande instance à la demande de Michel Ohayon pour dresser l'inventaire général des malfaçons affectant le bâtiment validaient le constat de Norisko.

« Des défauts majeurs »

Débit de désenfumage trop faible, déclenchements intempestifs des clapets coupe-feu, gaines non conformes… Les insuffisances étaient alors légion. « Elyo a pris à sa charge différents travaux pour corriger ces défauts et améliorer la circulation de l'air, insiste Michel Pétuaud-Létang, l'architecte du Grand Hôtel. Les accusations portées par Jacques Janvier ne sont pas fondées. Les désordres étaient bénins, il n'y avait pas de danger. À aucun moment les experts n'ont d'ailleurs demandé la fermeture de l'établissement. »

Ces derniers, dans un rapport d'étape rendu en janvier 2011, signalent la persistance d'anomalies concernant le désenfumage de l'escalier monumental et des couloirs du sous-sol, notamment ceux de la boîte de nuit. « Il subsiste des défauts majeurs de sécurité incendie liés à des transformations (discothèque et spa), faites par le propriétaire au mépris des plans initiaux, assure Jacques Janvier. En mai 2011, une inspection télévisée des gaines de désenfumage a montré que des débris de chantier les encombraient. Pour celle du 4e étage, il est même indiqué : ''Suspicion de non-fonctionnement du conduit''. Ahurissant. »

Le 24 janvier, la commission de sécurité, qui s'est réunie sur le site dans le cadre d'une visite programmée de longue date, .............lire la suite de l'article sur sudouest.fr

(1) Validés par le propriétaire.

Bordeaux · justice · tourisme · Faits divers

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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