«Bordeaux souhaite garder Laurent Blanc» : Nicolas de Tavernost président de M6

Publié le 17 Mars 2010

Par Cyrille Haddouche
 
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Nicolas de Tavernost est président de M6, actionnaire des Girondins depuis 1999.
Nicolas de Tavernost est président de M6, actionnaire des Girondins depuis 1999. Crédits photo : Arnaud BAUMANN/M6

Le président de M6, actionnaire des Girondins de Bordeaux depuis 1999, dévoile ses ambitions.

LE FIGARO. - Comment abordez-vous le match retour face à l'Olympiakos ?

Nicolas de TAVERNOST. - La qualification n'est pas acquise. Ce serait enthousiasmant de passer le cut. Après la brillante qualification de Lyon, cela constituerait aussi un beau succès pour le football français de compter deux représentants en quarts de finale.

Bordeaux s'inspire-t-il de Lyon ?

La régularité de l'OL en championnat et sa présence tous les ans en Ligue des champions est un exemple pour tous les clubs français. Lyon a son histoire et Bordeaux la sienne. Avec un actionnaire industriel et un président «historique», Jean-Louis Triaud, Bordeaux présente un modèle original. Le club s'est qualifié trois fois en quatre ans pour la Ligue des champions. On peut donc commencer à parler de régularité. Nos performances lors de la phase de poules ont retenu l'attention en Europe. Il est nécessaire de participer de nouveau à cette compétition la saison prochaine.

Les spéculations autour de Laurent Blanc ne déstabilisent-elles pas le club ?

Ma position est claire. Bordeaux souhaite conserver son entraîneur. Notre envie est à la mesure du respect que nous lui témoignons. Son contrat a été renouvelé pour deux saisons en janvier 2009. La vie réserve néanmoins des facteurs d'incertitude. Le départ de Ricardo n'avait pas été prévu, Bordeaux a su s'adapter. Le club dispose d'une ossature solide. Je fais confiance à Jean-Louis Triaud pour bonifier encore l'effectif. Nos résultats lors du dernier tiers de la saison seront évidemment déterminants. Nous voulons poursuivre notre progression et je souhaite que nous soyons fixés rapidement pour la saison prochaine.

Avec quels moyens ?

Notre gestion est rigoureuse et prévoyante. Ce n'est pas un travail spectaculaire mais approfondi, à l'image de ce que le club a réalisé en développant son centre de formation. Il faut poursuivre sur ces fondamentaux. La régularité entraîne une certaine médiatisation et une certaine reconnaissance européenne, donc une attirance pour les joueurs de talent. Depuis 10 ans, nous nous efforçons d'améliorer les moyens du club et d'en faire une référence en France.

Avec la construction d'un stade moderne ?

Les négociations sont complexes. D'abord, la ville de Bordeaux dispose avec le stade Chaban-Delmas d'une enceinte qui n'est plus aux normes. Avec le «plan stades» de l'État, il y a une opportunité à saisir. C'est pourquoi nous avons proposé de participer à hauteur de 100 M€ : c'est considérable et sans équivalent de la part d'un club en France pour un équipement public. Avec l'aide de l'État, il resterait environ un tiers du financement à la charge des collectivités locales. Mais cette décision ne nous appartient pas et ce sera aux élus, et au premier rang, au maire de Bordeaux, de se déterminer. Mais, au-delà des retombées pour l'image de la ville et la région, le club représente un élément économique quantifiable, qui génère de l'activité et draine des emplois. Un nouveau stade serait le moyen de poursuivre ce cercle vertueux.

Comment définiriez-vous le modèle bordelais ?

M6 a fait le pari de reprendre les Girondins pour construire progressivement un club moderne et ambitieux. Nous nous montrons volontaires et opiniâtres afin de réduire au minimum l'aléa sportif. Nous avançons avec prudence puisque nous engageons aussi l'argent de nos actionnaires. Nos moyens ne sont pas ceux de Barcelone ou du Real. Mais, on a pris beaucoup de risques et on continue à le faire. Les personnes en charge du football français devraient le prendre en considération et nous encourager dans notre entreprise.

On vous sent courroucé par la Ligue…

Au-delà du report injuste du match d'Auxerre, le problème de fond du calendrier n'est pas réglé. Ce huitième de finale européen est le fruit de dix ans d'efforts. Le football est une activité difficile : on le voit avec PSG ; on l'a vu avec Marseille. Peu de partenaires industriels ont investi avec succès dans ce sport. Les instances du football devraient encourager ceux qui l'ont fait, comme nous, avec rigueur et détermination. Les droits télé ont sans doute connu un apogée, les règlements sociaux et fiscaux ne sont pas favorables, le calendrier doit être repensé, le nombre de clubs en L1 réduit, la question des conditions économiques d'une lutte européenne posée, c'est-à-dire le fair-play financier. Ce sont des problèmes complexes pour lesquels il faut, en toute transparence, rassembler les compétences. Pour cela, la Ligue, dans son fonctionnement, ne doit pas oublier que le football est un sport collectif…

 

 

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Source lefigaro.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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