Borloo reconstitue son trésor de guerre avec des écolos inconnus

Publié le 10 Février 2012

 

Solution radicale 10/02/2012

Borloo reconstitue son trésor de guerre avec des écolos inconnus

Auteur François Krug | Journaliste Rue89
 

 


Jean-Louis Borloo au 36e congrès de France Nature Environnement à Montreuil, le 28 janvier 2012 (Chesnot/Sipa)

Privés d'argent par l'UMP, Jean-Louis Borloo et le Parti radical ont passé discrètement un accord financier et électoral avec un petit parti écologiste, Le Trèfle. Ils vont ainsi récupérer 800 000 euros, à temps pour les législatives.

L'UMP avait coupé les vivres en mai 2011, lorsque le Parti radical avait déclaré son indépendance. Jusqu'ici, elle lui reversait un million d'euros par an, selon le rapport de la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques).

Jean-Louis Borloo a dû trouver une solution en urgence. D'autant qu'après avoir renoncé à la présidentielle, il ne désespère pas de peser lors des législatives de juin.

Objectif : obtenir des fonds publics

Les sauveurs de l'ancien ministre de l'Ecologie sont justement des écologistes : ceux du Trèfle, un petit parti basé à Marseille. Une formation quasi-inconnue mais qui, contrairement au vénérable Parti radical, a le droit de bénéficier des fonds publics.

Ce paradoxe s'explique facilement. L'aide publique aux partis politiques est versée en deux « fractions » :

  • la première, dès qu'un parti présente 50 candidats aux législatives et que chacun de ces candidats obtient 1% des voix : c'est le cas du Trèfle, qui pourra encore recevoir à ce titre 155 000 euros cette année, mais pas du Parti radical, qui avait mené campagne avec l'UMP ;
  • la seconde « fraction » dépend du nombre de parlementaires affiliés au parti : aucun pour Le Trèfle, mais aucun également pour le Parti radical, dont les élus étaient affiliés à l'UMP.

La solution était simple : les parlementaires borlooistes renonceraient à leur affiliation à l'UMP et rejoindraient Le Trèfle pour la forme. Celui-ci reverserait ensuite l'aide publique au Parti radical.

Un accord financier... et électoral

Résultat : selon le décret listant les aides publiques pour 2012, paru jeudi au Journal officiel, Le Trèfle compte désormais dix-neuf parlementaires affiliés (treize députés, six sénateurs). Et il touchera donc, à ce titre, plus de 800 000 euros cette année.

Cette somme sera intégralement reversée au Parti radical, nous assure le président du Trèfle, Albert Lapeyre. Selon lui, l'accord passé avec Jean-Louis Borloo est d'abord politique :

« Jean-Louis Borloo est le père du Grenelle de l'environnement. On soutient son action, et notre programme se rapproche du centre. »

Le Trèfle a effectivement obtenu une contrepartie politique : un accord « sur les programmes » et sur les candidatures aux législatives, nous confirme une porte-parole du Parti radical.

Le Parti radical ne présentera pas de candidats face aux écolos du Trèfle. Et après l'élection, les deux partis reprendront leur indépendance.

Ils sont quasi-assurés de décrocher chacun, pour les cinq prochaines années, la première partie de l'aide publique, celle liée aux nombres de candidats et de voix. Les élus borlooistes pourront ensuite s'affilier officiellement au Parti radical, apportant à celui-ci la seconde partie de l'aide publique.

Jean-Louis Borloo a donc sauvé financièrement son parti. Il n'est pas entièrement rentré dans ses frais. Le Trèfle lui reverse 200 000 euros de moins que l'UMP : au cours de la manœuvre, certains radicaux ont préféré rester fidèles à la maison mère, et ne pas s'affilier à un petit parti servant de guichet de banque...

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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