Cordouan : comment l'« île mystérieuse » a-t-elle pu se former ?

Publié le 3 Novembre 2009

ENVIRONNEMENT. Comment l'« île mystérieuse » a-t-elle pu se former, au coeur de la complexe dynamique du transport des sédiments de l'estuaire de la Gironde ?

Cordouan : comment l'« île mystérieuse » a-t-elle pu se former ?

Guy Estève épluche la littérature sur la géologie de l'estuaire de la Gironde. (photo pascal couillaud)
"L'île mystérieuse" est apparue dans l'estuaire en face du phare de Cordouan (Photo Pascal Couillaud)

Guy Estève épluche la littérature sur la géologie de l'estuaire de la Gironde. (photo pascal couillaud)

Sur l'échelle du temps géologique, l'estuaire de la Gironde a atteint sa pleine maturité.

« Un état adulte caractérisé par son comblement », 10 000 ans après ses premiers babillages marins.

Sur l'échelle de la vie d'un hom-me, voici bientôt quarante-cinq ans que Guy Estève a le nez collé sur le littoral de Saintonge. Quelle autre loupe que celle du prof de biologie en retraite aurait donc pu grossir les premiers échantillons de sable de l'« île mystérieuse » ?

Celle qui régale l'imaginaire autant que l'actualité depuis une quinzaine de jours, damant le pion de la célébrité à son pourtant célèbre voisin, le phare de Cordouan.


Le comblement est en cours

« Allez-y, observez ! » Une naissance est en cours dans l'embouchure de la Gironde, Guy Estève est prêt à accueillir l'enfant.

Le grossissement de la loupe binoculaire révèle des grains ambrés que l'on devine polis, d'autres cristallins et saillants.

Mais dans les deux cas, il s'agit de quartz. « Les premiers ont été roulés par la mer, les suivants sont charriés par la rivière. » Tous viennent de l'île en devenir.

Sous la ride d'une vague, derrière l'amplitude de la marée, Guy Estève décode l'entrelacs d'une obscure dynamique.

Cette capricieuse union de la force de la houle et de la puissance du flot.

Mais, avec mesure et modestie, parce que, précise avec prudence l'érudit, il n'est pas « un universitaire ».

« Les barres de sable au coeur de l'estuaire, comme les vasières et les marais sur ses rives sont une traduction de ce comblement de l'estuaire.

Ces barres, ces îles, ce sont des réservoirs temporaires de sable.

À un moment, ils engraissent et émergent. À d'autres, ils disparaissent. En 2003, devant Blaye, l'eau a ainsi recouvert l'île de la Touche. »

Une dynamique marquée par l'instabilité.

L'index pointe une carte du XVIIIe.

La Barre à l'Anglais y accroche la Grande Côte, à Saint-Palais-sur-Mer. Disparue.

Tandis que le banc de Saint-Georges, lui, prolonge toujours aujourd'hui la pointe de Suzac.

Prenez le plan de 1706, vous n'y trouverez pas mention de La Coubre.

Un siècle et demi plus tard, le géographe identifie une pointe ; en 1894, la flèche de La Coubre commence à chatouiller la passe ouest.

« L'extraordinaire, avec cet îlot près de Cordouan, c'est qu'il a réussi à émerger au milieu de cette embouchure exposée à la houle et à la marée.

Problème : on ne dispose d'aucun document sur les phénomènes qui se passent là et raconteraient sur la durée cette naissance. D'ailleurs, elle n'intéresse personne. »


Les hypothèses

En l'absence des sources scientifiques objectives, Guy Estève échafaude des hypothèses, avec cette certitude que « c'est au niveau de l'embouchure que le facteur hydrodynamique, courants de marée et de houle, est le plus fort. »

Son scénario ?

« L'érosion de la côte de la presqu'île d'Arvert fournit du sable.

Il engraisse La Coubre, est distribué sur le banc de la Mauvaise.


Une partie de ce sable est ensuite dirigée sur les battures de Cordouan. » L'île mystérieuse pourrait ainsi bénéficier des apports arrivant plein ouest.

Guy Estève ne rejette pas non plus l'idée d'un engraissement par le sud, « la pointe du Verdon étant soumise à érosion. »  ....

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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