Courir dedans ou courir dehors ? Pas le même sport !

Publié le 14 Février 2012

 

Débat  

Courir dedans ou courir dehors ? Pas le même sport !

Auteur Renée Greusard | Journaliste Rue89
 

On l'aura compris, il fait très froid. Ce vendredi 10 février, Jean-Pierre Pernaut en a encore parlé pendant les 12 minutes et 22 premières secondes de son journal. En sport, pour les 16% de Français joggeurs réguliers, la météo pousse à s'interroger.

Vaut-il mieux courir en salle ou en extérieur ?

Dans chaque « camp », on est généralement convaincu des bienfaits de sa foulée, jugeant du coin de l'oeil le camp adverse. Les uns se moquent :

« Courir sur un tapis comme une souris dans une roue ? Non merci ! »

Les autres grognent :

« Il fait 0°, je ne vais pas gambader dehors. »

En fait, la dépense d'énergie et de calories est la même mais ce n'est presque pas le même sport, remarque Jean-Jacques Menuet, médecin du sport.

« Ce sont deux activités complètement différentes. Il faut les juger complémentaires plutôt qu'opposées. »

Sur un tapis, moins de risques de tendinites

Les bienfaits du tapis de course existent bel bien selon lui.

« Il y a moins de risques de tendinites. La surface est plane et quand le pied retombe, il est mieux amorti.

Et puis, c'est un exercice qui peut être intéressant car vous calibrez votre course. »

Dans une salle de gym parisienne, du XXe arrondissement, à Paris, Brigitte et Camille ont accepté de raconter leur amour de la salle de gym.

 

Brigitte, chef d'entreprise « dans l'import export » de 47 ans, vient faire du sport entre deux et trois fois par semaine.

En pleine action sur un vélo d'intérieur, elle raconte, un peu essoufflée, apprécier varier les machines. Elle estime que ça lui permet de faire travailler différentes parties de son corps et pas que les jambes.

La salle de sport : « C'est convivial ! »

Mais ce qu'elle cherche dans cette salle de sport qui diffuse du Rihanna un peu fort, ce sont les autres.

« Il y a des personnes que je vois souvent. Ce ne sont pas vraiment des amis, mais je viens et on discute. C'est convivial ! »

De quoi lutter agréablement contre la flemme ressentie à cause du froid. A raison d'une quarantaine d'euros par mois, Camille estime que ce n'est pas cher payé.

Au parc des Buttes-Chaumont, dans le XIXe arrondissement, le même jour, en pleine semaine. Des super-héros arpentent le parc, bonnets sur la tête et gants aux mains. Lucie [son prénom a été changé, ndlr] et Michaël en font partie. Leurs valeurs à eux ? Plaisir de l'effort, ressourcement, amour des arbres.

Payer pour courir leur semble absurde. Lucie aime justement la course parce qu'« on n'a besoin de rien (ou presque) pour en faire. » Comme Michaël, elle pense que le froid n'est pas une plaie pour ceux qui en font une habitude.

Le marathonien Viktor Röthlin juge même qu'un bois enneigé n'est en rien hostile à la course. Il a expliqué au site d'Asics :

« Si de la neige fraîche tombe, il est agréable d'être le premier, à l'exception d'animaux sauvages, à laisser des traces sur un chemin. »

En extérieur, en hiver, « ressemblez à l'oignon »

Il rappelle l'importance de la tenue du joggeur.

« Pour bien vous vêtir, ressemblez à l'oignon : portez plusieurs couches de vêtements. Vous pouvez aussi avoir besoin de chaussures de trail pour courir l'hiver. »

Michaël raconte aimer aussi l'extérieur pour ses courses dans la nature, exigeantes. Ce prof de sport estime que rien ne vaut gambader à l'air libre si l'on veut se dépasser.

Sur Internet, des dizaines de forums évoquent ce débat. Dans un sujet « Courir en salle de sport », du site Joggeurs, un dénommé ciesco explique qu'il prépare un marathon, mais court en salle.

C'est donc en salle qu'il s'entraîne, mais il se demande si cet effort est viable ou si « courir dehors est indispensable ». Pour Jean-Jacques Menuet, sortir est effectivement indispensable quand on s'est fixé de telles ambitions.

« Sur un tapis, vous n'allez pas courir pendant deux heures. C'est une machine destinée à étalonner de petites courses rapides.

Par ailleurs, courir dehors permet d'être confronté aux aléas qui existent aussi le jour du marathon : l'irrégularité du sol, le vent, la chaleur, le froid. »

Aller plus loin

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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