Crise grecque : pour enfin y voir clair !

Publié le 6 Novembre 2011

04/11/2011

 

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Auteur Daniel Schneidermann
Fondateur d'@rrêt sur images

 

De quoi se plaint-on ? Les choses sont claires. Papandréou est prêt à démissionner, à une seule condition : obtenir la confiance du parlement grec. Lequel Parlement, en la lui accordant massivement, exprimera donc dans la clarté qu'il considère la stratégie de Papandréou comme catastrophique et incohérente.

C'est d'ailleurs pour le soutenir, que plusieurs ministres et députés lâchent Papandréou depuis l'annonce du référendum, seuls restant fidèles les traîtres qui souhaitent sa chute, pour des raisons d'ailleurs évidentes : ce référendum, ce coup de poker, n'est rien d'autre que la fuite en avant d'un grand homme d'Etat, en quête d'une sortie la moins piteuse possible, tout en s'accrochant désespérément au pouvoir.

Quant au peuple grec, ce courageux peuple de fraudeurs génétiques, on peut compter sur lui pour rester inébranlable sur sa position, définie par le grand homme d'Etat français Pierre Dac : contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre.

Gauche molle contre journalisme dur

C'est à la lumière lumineuse de cette clarté, qu'il faut lire les réactions des grands journalistes français qui, eux, ont parfaitement démêlé la situation grecque. Il fallait entendre ce mercredi matin, par exemple, Aphatie titiller le socialiste Vincent Peillon :

« Alors, monsieur Peillon, comment se fait-il que ni Aubry, ni Hollande, n'aient exprimé une position tranchée sur le référendum grec ? C'est ça, la gauche molle ? »

Car lui, Aphatie, a compris. Causes profondes, conséquences, tenants et aboutissants : il sait. A la gauche molle, il opposera toujours le journalisme dur.

Dans Libé, la sévérité de deux spécialistes

A Aphatie et aux autres, le matinaute conseille vivement la lecture de Libération du jour, précieuse pour clarifier encore la situation. On se concentrera utilement sur deux articles.

Cette interview de Georges Prevelakis, spécialiste certainement compétent, qui dresse ce bilan accablant de l'action de Papandréou :

« Au lieu de faire le ménage dans un secteur public pléthorique, il a surtout pénalisé le privé, accroissant encore la récession. Contraint ensuite de prendre des mesures plus drastiques, il a fait des coupes claires dans les salaires des fonctionnaires, frappant autant les secteurs indispensables pour une meilleure efficacité de la machine étatique que les secteurs parasitaires. »

Et, page 4, cet article de Marc Semo, tout aussi compétent, formulant à l'égard de Papandréou des reproches tout aussi sévères :

« Il lance sa politique d'austérité, mais ne cessera ensuite de courir derrière les événements, contraint à prendre des mesures de plus en plus dures contre les salariés et les fonctionnaires sans jamais pour autant s'attaquer réellement à l'évasion fiscale et à tous ceux qui profitent de l'économie parallèle.

Pas un seul grand patron de chaîne hôtelière, pas un seul médecin, avocat ou membre éminent des professions libérales n'a fini sous les verrous. »

Savourer plutôt que comprendre

En un seul journal, le tour de la question est fait. A ceux qui, malgré tous les efforts de clarification ici synthétisés, douteraient de l'efficacité des outils du journalisme international pour appréhender la situation grecque, restent quelques autres solutions.

Je me permets par exemple de vous suggérer d'aller tendre l'oreille aux posts de notre Cigale Zoze, dont mon petit doigt me dit qu'elle chante depuis une île grecque (à lire notamment dans ce forum). On ne comprendra sans doute pas davantage, mais on comprendra au moins que la politique à la grecque, comme les grandes œuvres d'art, doit se savourer plutôt que de se comprendre.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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