Douze trucs à savoir sur Jean-Luc Mélenchon

Publié le 8 Décembre 2011

 

Du jour où il a partagé l'angoisse d'un canari à son admiration pour le roi Louis XI, voici le candidat du Front de gauche résumé en douze traits.


Jean-Luc Mélenchon, à la quinzième université d'été du PS, La Rochelle, le 30 août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

Après François Hollande, c'est le deuxième homme de gauche dans les sondages. La candidature de Jean-Luc Mélenchon, 60 ans, commence à décoller, avec 7% d'intentions de votes selon BVA/Le Parisien le 7 décembre.

Il est le leader du Front de gauche, qui rassemble derrière sa candidature une bonne partie des formations situées à la gauche du Parti socialiste, dont le PCF, mais ni le NPA, ni Lutte ouvrière.

1

Son canari l'a stressé

 

Dans le bateau qui emmène sa famille du Maroc vers la France, le petit Jean-Luc, 11 ans, traverse un vrai moment d'angoisse.

Il tient sur ses genoux une cage à oiseaux. Le canari familial, qu'il est chargé de transporter pendant l'exode qui mène les Mélenchon de sa terre natale (il a vu le jour à Tanger en 1951) vers la Normandie puis le Jura, est stressé par la traversée.

Il « a transmis son angoisse » au petit garçon, a confié le candidat du Front de gauche dans un documentaire diffusé fin novembre sur Planète +.

2

Il a été journaliste

 

La mode des lapins nains en appartements, une vraie tendance. Jean-Louis Mula, jeune journaliste aux Dépêches du Jura, se penche sur le phénomène, ainsi que sur « la forêt qui s'organise et se rentabilise » en laissant apparaître des « micro-Koweit du bois ».

C'est sous ce pseudo que signait Mélenchon quand il était plumitif, au milieu des années 70, bien longtemps avant de traiter un jeune journaliste de « petite cervelle ».

Détails à venir dans une biographie écrite par les journalistes Lilian Alemagna et Stéphane Alliès, à paraître chez Robert Laffont début janvier.

3

Il a été lambertiste

 

Entre 1968 et 1977, avant d'adhérer au Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon a été militant de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), le courant trotskiste de Pierre Boussel-Lambert. Comme les socialistes Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis, ou l'historien Benjamin Stora. Commentaire d'un ami de 20 ans :

« Il n'est plus trotskiste aujourd'hui. Mais, comme on dit, “lamberto un jour, lamberto toujours” : il en garde une façon de fonctionner, il est très carré. Quand il est convaincu qu'une idée est la bonne, il n'en dévie jamais. »

4

Il a été le plus jeune sénateur de la Ve République

 

En 1986, Jean-Luc Mélenchon est élu sénateur PS de l'Essonne, à l'âge de 35 ans.

Il a détenu le record du plus jeune élu à la chambre haute sous ce régime jusqu'à l'arrivée de Richard Tuheiava, représentant de la Polynésie française, en 2008 à l'âge de 34 ans.

Mélenchon, lui, n'est plus sénateur depuis 2010.

5

Il était contre Maastricht mais a voté pour

 

En 1992, Mélenchon était opposé au traité européen de Maastricht, mais a voté pour, par discipline de parti et par amitié pour François Mitterrand. « Je ne pouvais pas lui faire ça », a-t-il justifié auprès de ses amis. Il avait aussi la conviction que le « non » serait trusté par les nationalistes.

L'année précédente, le Président lui avait évité une exclusion du PS car il avait voté contre la participation de la France à la guerre du Golfe ; le sénateur avait écopé d'un blâme.

6

Il fustige le capitalisme financier transnational depuis 1993

 

C'était le temps où, même à gauche, peu de gens dénonçaient les dérives de la mondialisation financière.

Même si ce n'est pas surprenant de la part d'un marxiste comme lui, on peut noter cette charge de Jean-Luc Mélenchon, lors de la séance du 3 novembre 1993 au Sénat, contre une « forme nouvelle de capitalisme financier transnational, qui se joue des frontières, qu'il utilise au profit de ses objectifs d'accumulation ».

7

Il vénérait Mitterrand, « le Vieux »

 

En décembre 1995, quelques semaines avant la mort de François Mitterrand, Mélenchon fut des rares à être admis dans l'intimité de l'ancien président de la République, à Paris. Comme à Latché six mois plus tôt.

« Le Vieux », ainsi qu'il surnommait Mitterrand, Mélenchon l'admirait pour la réussite du programme commun et l'union de la gauche.

8

La gauche perd, il arrête de fumer

 

Le 21 avril 2002, la gauche est balayée par la défaite de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon, ministre de l'Enseignement supérieur depuis 2000, quitte le gouvernement avec l'alternance, le 6 mai... et arrête de fumer dans la foulée.

Lui qui cramait en moyenne ses deux paquets de Marlboro rouges quotidiens était monté jusqu'à quatre quand il détenait son maroquin.

9

Il est sensible et parfois déprimé

 

Selon ses proches, la réputation d'homme colérique de Jean-Luc Mélenchon est injustifiée. « Il ne fait jamais de grosses colères », d'après son directeur de campagne, François Delapierre, qui le pratique depuis quinze ans. « Mais c'est quelqu'un d'assez sensible en général, et donc d'assez sensible à l'agression », ajoute-t-il.

C'est une belle litote pour décrire ce que nombre d'interlocuteurs constatent depuis les débuts de sa vie publique : Mélenchon est un grand susceptible. Il est aussi capable de profondes déprimes, comme après la défaite de 2002. C'est le revers des convictions bien ancrées et fortement défendues : plus dure est la chute quand elles se heurtent à la réalité.

10

Il ne se déplace qu'en métro ou en RER

 

Jean-Luc Mélenchon n'a pas le permis de conduire. Pendant son expérience gouvernementale en 2000-2002, « il n'a pas du tout aimé avoir un chauffeur », selon François Delapierre.

Le reste du temps, il préfère se déplacer en métro ou en RER, et déteste la voiture (qu'il juge peu pratique à Paris). Il ne prend des taxis que pour se rendre aux matinales des télés ou radios.

11

Parmi ses modèles, Louis XI côtoie Robespierre

 

Les proches de Jean-Luc Mélenchon lui connaissent une poignée de modèles à gauche : les révolutionnaires Saint-Just et Robespierre, Marx, Jaurès et Mitterrand.

Plus surprenant, deux rois de France figurent parmi les inspirateurs de l'ancien trotskiste, deux monarques ayant joué un rôle majeur dans la construction politique de la France : Philippe le Bel, qu'il admire pour sa prise de distance avec la papauté, et Louis XI, pour son destin incertain, sur le fil, et sa lutte tenace face à Charles le Téméraire.

12

Il est grand officier du Mérite... argentin

 

Ancien ministre et ex-sénateur, Jean-Luc Mélenchon n'est titulaire d'aucune décoration française. « Il n'a rien demandé, et donc rien reçu », explique François Delapierre.

La seule distinction qu'il ait acceptée est celle de grand officier du Mérite d'Argentine, par le président Alfonsin, le premier élu démocratiquement dans ce pays.

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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