Elections régionales : le petit chelem de la gauche

Publié le 21 Mars 2010

Carte de France des résultats des régionales 2010

23h03. Dans un communiqué, le leader du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, se dit « indigné par les méthodes lamentables du prétendu service public télévisuel à l'occasion de cette soirée électorale » :

« France 2 comme France 3 ont décidé de m'éliminer au dernier moment de leurs plateaux, où j'étais pourtant invité depuis plusieurs jours, à 20h00 sur France 2 et à partir de 20h30 sur France 3.

En bloquant ainsi indument mon agenda pour cette soirée électorale, France Télévisions m'a empêché de pouvoir m'exprimer sur d'autres médias auxquels j'avais renoncé pour être présent sur France 2 et France 3. » J.M.

22h55. Dans le Pas-de-Calais, le FN devance l'UMP. Sauf résultats non parvenus ailleurs en France, le cas est unique dans le pays : dans le Pas-de-Calais, le Front national (24,37%) conduit par Marine Le Pen arrive deuxième derrière l'Union de la gauche (53%) menée par le socialiste Daniel Percheron, mais devant l'UMP (22,63%) de la secrétaire d'Etat Valérie Létard.

C'est la première fois que ce département donne une telle place au parti d'extrême droite, arrivé troisième aux régionales de 2004, à la présidentielle de 2007 et aux européennes de 2009.

Mais quand on remonte un peu plus loin, à la présidentielle de 2002, le département s'était encore davantage distingué : au premier tour, Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête, devançant Lionel Jospin d'un point et Jacques Chirac de deux.

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, le Front (22,2%) est troisième derrière la gauche (51,89%) et l'UMP (25,91%). Augustin Scalbert (à Lille)

22h37. La liste de gauche en Ile-de-France était rose-verte-rouge, mais les organisateurs de sa soirée de victoire voient étrangement la vie en rose, et rien qu'en rose.

Rose, le fond de la tribune où Jean-Paul Huchon a célèbré une victoire de l'union. Roses (mais agrémentés d'autocollants du PC et d'Europe Ecologie), les ballons lâchés à contretemps, alors que tout le monde avait déjà quitté la tribune. Et peut-être un peu verts, les partenaires du PS.

Pendant l'intervention du représentant vert, Jean-Paul Huchon n'était déjà pas très attentif, serrant des mains, discutant. Pendant l'intervention du représentant du Front de gauche, il a ensuite quitté la salle principale pour aller saluer les militants. Toutes les caméras ont quitté la salle avec lui, et le Front de gauche a salué cette victoire collective devant un public un peu clairsemé. Même un soir de fête, l'union, ce n'est pas facile. F.K.

21h40. Un people égaré à la soirée de Jean-Paul Huchon : Edouard Baer. Il est « content, juste content », mais il n'a pas envie d'en dire plus sur sa présence ce soir. Pas très loin, une ancienne vedette qui peine, elle, a attirer les cameras : Robert Hue. F.K.

21h54. Retour Royal de Ségolène. La présidente sortante de Poitou-Charentes, auréolée du meilleur score des candidats socialistes (61,1% contre 38,9% au secrétaire d'Etat Dominique Bussereau), a pris soin de saluer « affectueusement » depuis Poitiers les autres présidents de région de gauche et de stigmatiser « la politique inefficace et injuste du gouvernement ».

En veste rose et avec un bouquet de roses roses à la main, elle a ensuite coloré son discours d'expressions souvent entendues en 2007 : « espérance », « fraternité », « désirs d'avenir »… Et d'autres nouvelles : « morale de l'action » ou « république du respect ». Le tout sans parler de 2012. Mais ses supporteurs l'ont acclamée au son de « Ségolène présidente ». De la région ou de la République ? J.M.

Martine Aubry lors de son intervention dimanche soir (DR)21h49. Quel contraste avec la situation du PS l'été dernier ! C'est le constat dressé par Pascal Riché dans son édito tout chaud. Fini la déprime post-européennes pour les militants du Parti socialiste, qui ont même, à en croire le rédacteur en chef de Rue89, une championne toute désignée, Martine Aubry :

« Le rejet de la politique du gouvernement et du Président ont certes bien aidé. Mais le résultat est là : la première secrétaire a réussi son pari, remettre la gauche en état de marche. La voie vers 2012 n'est plus obstruée. »

A lire aussi sur Rue89 : Avec sa victoire aux régionales, Aubry s'ouvre la voie pour 2012

21h27. Charles-Mouloud est-il le nouveau Karl Zéro ? Notre blogueur tutoie en tout cas le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, fraîchement réélu. Ce dernier considère sa victoire comme celle « de la confiance des Bretons », ajoutant : « Ça m'honore et ça m'engage. »

Le riverain rennais asticote ensuite le baron PS sur ses négociations houleuses et infructueuses avec le Vert Guy Hascoët à l'issue du premier tour. Iront-ils boire un verre ensemble ?

« Je vais boire un coup avec mes amis, moi ce soir. Si Guy Hascoët veut redevenir de mes amis, il peut le faire. » (Voir la vidéo)


A lire aussi sur Rue89 : « En Bretagne, Duflot avoine Le Drian, “dernier des Mohicans” du PS »

21h18. Quelques nouvelles quand même du MoDem, qui avait encore un et un seul représentant au second tour, en la personne de l'inénarrable Jean Lassalle. En Aquitaine, le député a recueilli 16,7% des voix, contre 54,8% au socialiste sortant Alain Rousset et 28,5% au ministre du Travail Xavier Darcos. Ce qui donne 0,9% des voix au parti centriste au niveau national… J.M.

20h59. La Corse basculerait à gauche, selon une estimation de l'institut MediaTerra : l'alliance à gauche a obtenu 36,70% des voix, devant la Majorité présidentielle à 27,50% et les deux listes nationalistes (25,90% et 9,90%). La gauche, qui a enfin réussi à faire taire ses divisions, à l'inverse de 2004, refait donc passer l'île de Beauté à gauche… sauf si l'élection du président de région est perturbée par la poussée des nationalistes. J.M.

Frédéric Lefebvre au QG de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)

20h57. Comme la semaine dernière, les interventions de la majorité sont calibrées à la virgule près. A 20h30, les ministres et membres de l'UMP présents rue de la Boétie s'en tenaient à « une élection à mi-mandat et la crise, ça n'a pas aidé mais on va continuer à réformer ».

Frédéric Lefebvre, littéralement pris d'assaut par les caméras de télés (ce qui explique ma catastrophique vidéo, toutes mes excuses aux lecteurs) a reconnu la victoire de la gauche, qu'il n'a pas moins minimisée :

« Nous n'avons pas réussi à convaincre les Français que les régions sont essentielles dans leurs vies quotidiennes. […] Ils attendent des politiques qu'au lieu de se battre entre eux, ils se battent pour eux, pour la France ! » (Voir la vidéo)


Nadine Morano rue de la Boétie (Audrey Cerdan/Rue89)Nadine Morano, coincée contre un mur, a également répété huit fois le mot « réformes », accompagné des verbes « conduire » ou « mener ».

Interrogée sur les retombées de la politique d'ouverture sur les mauvais résultats de l'UMP à cette élection, la secrétaire d'Etat a répondu :

« L'ouverture à gauche, ce n'est pas la fermeture à droite. Ce n'est pas une stratégie politique. C'est un temps de travail. » Z.D.

20h55. Au siège de la liste de gauche en Ile-de-France, à l'approche de l'intervention de Jean-Paul Huchon, l'ambiance s'anime enfin un peu. On sort les cornes de brume, mais malgré tout, les journalistes restent plus nombreux que les militants. La chasse aux vedettes est donc lancée.

Jean-Luc Romero, ancien élu de droite passé à gauche après les présidentielles, savoure sa victoire. (Voir la vidéo)


Augustin Legrand, qui faisait ses débuts en politique avec cette campagne, se dit « fatigué » et peine à finir ses phrases, sauf lorsqu'il s'agit de parler de la couverture médiatique : « On a des médias de merde », à quelques exceptions près (France Inter, LCP), qui ont davantage parlé de l'affaire Soumaré que du logement. François Krug

20h45. Malgré la large victoire de la gauche, Martine Aubry a semblé peu triomphante à la tribune, au siège du Parti socialiste. Un discours classique de remerciement aux électeurs. Une pique quand même à l'adresse de Nicolas Sarkozy, qui a annoncé que les élections régionales n'auront pas de conséquences gouvernementales importantes, avant même d'en connaître les résultats. La première secrétaire du PS annonce, elle :

« Je voudrais dire aux Français que, peut-être plus que jamais, nous sommes attentifs à leurs messages, à leurs souffrances et à leurs espoirs. » (Voir la vidéo)


Quelques minutes ont suffi à Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, pour faire savoir à l'AFP que le chef de l'Etat était « décidé à entendre le message » lancé par les Français. Une écoute qui ne devrait pourtant se traduire que par un nouveau mini remaniement. J.M.

20h29. François Fillon a reconnu la défaite de la Majorité présidentielle dimanche, et a solenellement déclaré : « J'assume ma part de responsabilité. » Il a déclaré qu'il en parlerait lundi avec Nicolas Sarkozy. P.H.

20h15. La semaine dernière, les ténors de l'UMP ne semblaient pas décider à affronter les résultats de front : Xavier Bertrand, ce soir sur TF1, commence en déclarant : « La gauche a remporté les élections régionales, il faut le reconnaître ». Les « éléments de langage » ont changé. Pierre Haski

Xavier Bertrand sur TF1 au QG de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)20h10. « La gauche avait dit qu'il y aurait un grand chelem, il n'y a pas ce grand chelem », réagit, aussitôt les premiers résultats connus, Xavier Bertrand sur TF1. Nul doute que cette ritournelle va être assénée toute la soirée par l'UMP.

Elle n'est toutefois pas fausse : selon les premières estimations d'Opinionway, l'Alsace reste notamment à droite avec 47,1% des voix, contre 38,7% pour la gauche et 14,2% pour le FN. La droite qui aura également la Réunion et éventuellement la Guyane. Mais la gauche est très largement en tête au niveau national avec 54,3% des voix, devant la droite à 36,1%, le FN avec à 8,7% et le MoDem à 0,9% des voix. J.M.

20h04. Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP et député du Nord, que peu de journalistes pouvaient identifier ce soir, a longuement expliqué que ce n'était pas le grand chelem pour la gauche ce soir. Un curieux raisonnement :

« Nous gardons l'Alsace et nous avons la Réunion. Si c'était un échec, nous n'aurions ni l'un, ni l'autre. C'est moins un échec qu'en 2004. Nos réformes doivent avoir plus de visibilités, on doit les conforter pour convaincre les électeurs. Bien sûr la gauche a gagné mais ce n'est ni la débâcle, ni la déroute. » Z.D.

19h56. Veste rose et large sourire, Ségolène Royal a fait une brève apparition, le temps d'un petit mouvement de foule, aux Salons de Blossac à Poitiers, avant de repartir aussitôt. Elle a prévu d'intervenir peu après 20 heures. En même temps que Martine Aubry comme dimanche dernier ? J.M.

19h45. « Vive Mao, vive Lénine ! » a crié le président divers gauche du conseil régional du Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, au sortir du bureau de vote, ce dimanche à Montpellier. LePoint.fr rapporte qu'en s'engouffrant dans sa voiture, il s'est aussi écrié : « Vive Mandela, vive Gandhi ! » Puis : « Vive Ségolène Royal, vive Strauss-Kahn, vive Collomb et François Hollande ! » J.M.

Capture d'écran d'une photo de poubelle d'un bureau de vote de Montreuil envoyée sur Twitpic

19h38. C'était le petit jeu du jour sur Twitter : photographier la poubelle de son bureau de vote, la teinte de la photo donnant une indication du résultat. Ci-contre, la poubelle bien bleue envoyée mar @morgan_deck, citoyen de Montreuil, ville où le rose devrait largement l'emporter dans les urnes.

Une petite collection s'est ainsi formée au fil de la journée. Sympa, mais moins sexy que l'opération #politits lancée par @humourdedroite dimanche dernier. Yann Guégan

L'entrée du QG de l'UMP, rue de la Boétie19h36. Devant l'UMP, une trentaine de personnes espèrent entrer. Pourquoi ? « Pour passer la soirée électorale dedans » répond logiquement une électrice. On dirait l'entrée d'une boîte de nuit. Z.D

19h19. Au siège de l'UMP, rue de la Boétie, une affluence de médias (et police) beaucoup plus importante que la semaine dernière ; les deux buffets sont naturellement plus garnis. Au menu : sandwiches, tomates, fromage et charcuterie. Comme au premier tour, pas une bouteille de champagne en vue.

Le buffet au QG de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)

Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, prendra la parole à 21h45. « Plutôt 22 heures », prévient l'une des attachés de presse de l'UMP.

Se succéderont rue de la Boétie : Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Brunel, Eric Besson, Eric Woerth, Frédéric Lefebvre, Dominique Paillé, Benoist Apparu, Roger Karoutchi, Christine Boutin… Comme la semaine dernière, seul Franck Riester, (jeune) directeur de la campagne nationale, sera là tout au long de la soirée. Nouvelle venue : Nadine Morano, dont l'arrivée est très attendue à 20 heures. Zineb Dryef

Les caméras se préparent au QG de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)

18h55. Dominique Bussereau a enfreint la loi électorale quelques heures sur Twitter. Le secrétaire d'Etat et candidat de la Majorité présidentielle, qui fait face à la socialiste Ségolène Royal en Poitou-Charentes, a d'abord remercié samedi soir dans un premier message ses militants (« premier message : MERCI »).

Puis dans un second message, il écrit : « A tous les salariés twitter de la star SR : MEPRIS ». Un petit coup de fatigue, sans doute. Qui frise l'illégalité. Rappelons ce que prévoit l'article 49 du code électoral :

« Il est interdit de distribuer ou faire distribuer, le jour du scrutin, des bulletins, circulaires et autres documents.

A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale. » Pascal Riché


Source  rue89.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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