Elections régionales : le triple échec de Nicolas Sarkozy

Publié le 14 Mars 2010

Quelle que soit la manière dont on aborde le résultat du premier tour des élections régionales, il marque d'abord et avant tout un échec cinglant pour Nicolas Sarkozy. Il faut avoir la langue de bois de François Fillon pour considérer qu'il n'est pas possible « de tirer un enseignement national de ce scrutin » : il sera bien le seul à ne pas le faire.

C'est un triple échec personnel pour le président de la République :

  • sa stratégie de réunion de toutes les composantes de la majorité présidentielle pour s'imposer dès le premier tour a capoté. Elle se retrouve derrière le seul PS, et n'a plus de réserves de voix pour le deuxième tour.
  • sa stratégie de faire du FN à la place du FN en lançant de manière si catastrophique le débat sur l'« identité nationale » à quelques mois des régionales a eu un effet boomerang : c'est le parti de Jean-Marie Le Pen qui en profite pour se refaire une santé en retrouvant un score à deux chiffres.
  • l'activisme présidentiel tourne dans le vide. L'UMP a eu l'illusion du triomphe lors des élections européennes, profitant du mauvais état des socialistes. Nicolas Sarkozy a eu beau dire à la veille du scrutin qu'il ne changerait pas de cap avant une mystérieuse « pause » fin 2011, il est clair que le message de rejet d'un style et d'une politique est clair, brutal, et sans appel. Et le président ne pourra pas ne pas en tenir compte.

Nicolas Sarkozy espérait remodeler la France à son image, il voulait incarner la « rupture ». Il risque fort de n'être qu'une parenthèse en train de se refermer.

Le fort taux d'abstention jette une énorme ombre sur ce scrutin. Non pas tant pour minimiser la défaite de la majorité présidentielle comme tentent de le faire les ténors UMP sur les plateaux télé, mais pour donner la mesure de la crise de la société française. La remontée du FN est l'autre visage de cette crise.

« Insurrection civique »

Jean-Luc Mélenchon a eu une bonne formule, dimanche soir, en parlant d'« insurrection civique », une sorte de « qu'ils s'en aillent tous » ! Tous, c'est-à-dire une classe politique qui n'a pas été capable, d'alternance en alternance, d'apporter des réponses aux problèmes croissants des Français.

Martine Aubry ne s'y est pas trompée en lançant un appel solennel aux abstentionnistes du premier tour, sur le ton du « je vous ai compris », pour qu'ils se mobilisent au deuxième tour pour confirmer l'avance de la gauche.

Une fois de plus, la gauche se trouve face à une immense responsabilité, celle de proposer une alternative crédible à une droite qui reçoit en plein visage le message négatif des Français. On ne construit pas une alternative sur un taux d'abstention aussi massif : la gauche a gagné, mais tout reste à faire.

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Source Rue89.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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