Et paf, l'astéroïde ? Quand la Russie se fait un film-catastrophe

Publié le 1 Janvier 2010

Une scène du film "Deep Impact" dans lequel des astéroïdes s'écrasent sur la Terre (Reuters)

Dans le film-catastrophe « Armageddon » (1998) Bruce Willis part dans l'espace avec pour mission de faire exploser un astéroïde qui menace de s'écraser sur notre planète. C'est un scénario du même genre sur lequel les Russes affirment travailler pour, disent-ils, sauver des centaines de milliers de vies en 2036. Mercredi, l a Russie a annoncé vouloir envoyer une navette spatiale à la rencontre de l'astéroïde Apophis, de 350 mètres de diamètre, dont la collision avec la Terre est considérée comme une possibilité en 2036.

Le chef de l'agence spatiale russe Anatoli Perminov a annoncé la tenue d'une réunion de scientifiques russes pour préparer l'envoi du vaisseau, projet auquel seront conviées les autres agences spatiales mondiales :

« Des vies humaines sont en jeu. Nous devrions payer quelques millions de dollars pour construire un système qui nous permettrait d'éviter une collision, plutôt que de fermer les yeux en attendant que cela arrive et que des centaines de milliers de gens soient tués. »

Une menace « très faible » d'une explosion équivalent à 100 000 Hiroshima

Selon la Nasa, la collision d'Apophis avec la terre libèrerait une energie équivalente à 100 000 fois celle de la bombe qui a frappé Hiroshima.

Mais qu'on se rassure, la fin du monde n'est pas pour 2036. Les scientifiques de la Nasa ont revu les probabilités d'un impact à la baisse en octobre 2009 : Apophis n'a plus qu'une chance sur 250 000 de heurter la terre en 2036, et non pas une chance sur 45 000 comme préalablement estimé.

« Une probabilité très faible », estime Francis Rocard, astrophysicien au Centre national des études spatiales (Cnes) :

« La NASA explique qu'il faut être vigilant et suivre de près la trajectoire d'Apophis mais pour elle, il n'y a pas le feu au lac. »

Un premier passage entre la Terre et les satellites géostationnaires

A oublier aussi, la collision de 2029, prévue entre la Terre et Apophis par les scientifiques lors de leur découverte de l'astéroïde en 2004 : les chances d'impact sont maintenant quasi-nulles selon l'agence spatiale américaine. Cette année-là, Apophis nous frôlera à une altitude d'environ 30 000 km -« soit 6 000 km en dessous de nos satellites géostationnaires », précise Francis Rocard.

Alors, si les risques sont « très faibles », comment expliquer la volonté russe d'envoyer une navette pour dérouter Apophis ? « C'est assez incompréhensible », reconnaît Francis Rocard, qui y voit surtout un « effet d'annonce » : « L'activité scientifique russe est moribonde, ils n'ont plus fait grand chose depuis vingt ans. »

Pas de navette à l'ordre du jour, pour l'astrophysicien français : « Les Russes vont sûrement faire l'état des lieux de la situation, un beau rapport, mais ne feront rien », décrypte-t-il. « S'il y a une entreprise à mener, le leadership sera probablement américain. »

Exit Apophis, mais futures collisions possibles

Cette réunion de scientifiques russes rejoint le débat en cours chez les astrophysiciens : comment éviter l'impact avec un astéroïde ? Car si Apophis ne nous percute pas, d'autres astéroïdes peuvent représenter un danger pour la planète.

Les scientifiques ont déjà étudié des pistes, comme l'attaque de l'astéroïde à l'arme nucléaire -la méthode choisie dans Armageddon ou Deep Impact- mais dont les débris peuvent à leur tour toucher la planète. Il existerait des méthodes plus « douces », consistant à imposer une force constante sur plusieurs années sur l'astéroïde pour dévier sa trajectoire. D'où la nécessite de s'y prendre à l'avance.

Selon le Guardian, certains scientifiques réfléchissent ainsi à la pose de miroirs ou même de peinture, qui modifierait la façon dont l'astéroïde absorbe la lumière, ce qui suffirait, sur une vingtaine d'années, à dévier suffisamment la trajectoire d'Apophis.

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Source  Rue89.com
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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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