État de la pauvreté : le mirage de l'Eldorado

Publié le 15 Novembre 2011

Lundi 14 novembre 2011
Par Emmanuel Planes
3 commentaire(s)

Bayonne

En Pays basque, le nombre de bénéficiaires du Secours catholique est en forte progression. Femmes seules et mères isolées sont tout particulièrement touchées.

 Jacques Grégoire devant le siège bayonnais du Secours catholique. PHOTO PATRICK BERNIERE

Jacques Grégoire devant le siège bayonnais du Secours catholique. PHOTO PATRICK BERNIERE

Les chiffres, comme toujours, parlent d'eux-mêmes. Le Secours catholique vient de faire connaître les statistiques sur l'état de la pauvreté en France. Et en Pays basque, la pauvreté est en augmentation. En 2009, la délégation de Bayonne et du Pays basque avait reçu 5 655 familles. Elles ont été 6 770 en 2010. Et les aides directes sont passées de 87 799 en 2009 à 94 853 en 2010.

« L'augmentation est particulièrement sensible chez les femmes seules, les couples sans enfants et les mères isolées », indique Jacques Grégoire. Le président du Secours catholique du Pays basque met l'accent sur un apparent paradoxe : à l'échelon national, 10 % des personnes accueillies ont moins de 25 ans, alors que, chez nous, les jeunes représentent seulement 4,7 % des bénéficiaires.

Jacques Grégoire se risque à une possible explication : « En Pays basque la cellule familiale est encore très active, et les jeunes restent plus facilement chez leurs parents ». C'est la tranche d'âge comprise entre 25 et 60 ans qui représente le plus fort contingent : 67,7 % des personnes accueillies.

Le coût des loyers explique, lui aussi, cette augmentation de la pauvreté. Car ce coût lui-même est nettement en hausse en Pays basque. « En 2009, observe le président du Secours catholique, le loyer moyen dans le parc social était de 206 euros, et en 2010 il est de 315 euros, alors que la moyenne nationale est de 182 euros. Dans le parc privé, le loyer moyen était de 245 euros en 2009, et il est de 323 euros en 2010, alors que la moyenne nationale est de 229 euros. On est donc nettement au-dessus, et l'écart entre le privé et le social n'est pas énorme. »

Au-dessus de la moyenne

Autre constat : les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) sont passés, en Pays basque, de 34,2 % en 2009 à 42,6 % en 2010. « Là encore, note Jacques Grégoire, on est au-dessus de la moyenne nationale qui est de 35 % ». Ce résultat contredit-il l'idée reçue selon laquelle le Pays basque serait un pays de cocagne ? Pas forcément. « Peut-être que des gens viennent s'installer ici en croyant que c'est l'Eldorado et, arrivés sur place, ne trouvent pas de boulot ».

Cette augmentation des personnes frappant à la porte du Secours catholique, rue Daniel Argote, peut s'expliquer aussi par les nouveautés qu'il a mises en place et qui rencontrent beaucoup de succès. Les boutiques solidaires, par exemple. Il en existe sept en Pays basque, et une huitième devrait ouvrir bientôt à Hendaye. « Ouvertes à tout le monde, elles permettent aux personnes en grande difficulté de ne pas se sentir gênés. Même s'ils ont accès gratuitement aux produits de la boutique, ils passent par l'accueil qui leur remet un bon: ils ont ainsi l'impression d'être comme tout le monde. Et ils se confient à nous plus facilement. »

Le succès du microcrédit

L'autre initiative récente, qui fit du Secours catholique du Pays basque une délégation pilote il y a quelques années, c'est le microcrédit. Mis en place avec le Crédit mutuel, il s'adresse à des personnes qui n'ont plus accès au système bancaire. « Il sert souvent à l'achat ou à la réparation de véhicules », remarque Jacques Grégoire, citant l'exemple d'un bénéficiaire qui put faire l'achat d'un camion-pizza. Lequel lui donne, depuis lors, toute satisfaction.......lire l'article est la suite sur sudouest.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Commenter cet article