Etourderie ou gastro, ils ont fini derniers d’une étape du Tour de France

Publié le 4 Juillet 2012

Lanterne rouge 04/07/2012 à 11h38

Pour Rue89.com

Auteur Clément Guillou | Journaliste Rue89

Depuis le départ du Tour, vous vous souvenez peut-être des noms des vainqueurs d’étape : Cancellara, Sagan, Cavendish, Sagan encore. Que des grands champions. Connaissez-vous les noms des derniers de chaque étape ? Il y a de tout. Un néophyte distrait, un équipier généreux, un grimpeur en quête de renaissance. Nous les avons rencontrés.

  1. Roy Curvers, dernier du prologue, « trop impressionné »
  2. Guillaume Levarlet, dernier à Seraing, a dû donner sa roue
  3. Brice Feillu, dernier à Tournai, n’avait « rien dans le ventre »

Roy Curvers est un coureur élancé aux cheveux bouclés. Si on ne le connaissait pas – non pas qu’on le connaisse bien –, on dirait qu’il est néerlandais. Il l’est.


Roys Cuvers, à Seraing, le 1er juillet 2012 (Clément Guillou/Rue89)

A 32 ans, Curvers découvre le Tour. C’est l’un des coureurs les plus méconnus des 198 au départ. Le prototype du coéquipier dévoué, qui joue sa carte personnelle trois fois dans l’année.

Après l’étape de Seraing, il décompresse avec sa fiancée venue en voisine. Elle l’embrasse une fois, trois fois, cinq fois. Il sourit beaucoup, même s’il mange du blé dans un tupperware, aussi appétissant qu’un Tourmalet au petit-déjeuner. Ses yeux à elle brillent d’admiration. Ses yeux à lui brillent de fierté.

Il est fier car il est au Tour de France.

La veille, lors du prologue, ça lui a joué un tour. S’il a fini dernier avec une minute et six secondes de retard sur Cancellara, c’est qu’il avait la tête ailleurs.

« C’est mon premier Tour de France. Je n’ai pas réussi à me concentrer suffisamment pour un contre-la-montre. Je ne suis pas un spécialiste non plus mais comme j’étais pas concentré, j’ai perdu trop de temps dans les virages. L’atmosphère m’impressionnait tellement, j’étais trop impressionné par ce qui se passait autour de moi !

Je regardais dans tous les sens, “qu’est-ce qui se passe ici” ! Le temps que je réalise que je disputais une course, il restait un kilomètre. Normalement dans un contre-la-montre, on sait quel braquet on a et on sait comment aborder les virages. Là, je n’en ai strictement aucune idée. »

Dans le reste du Tour, Roy Curvers assistera son sprinteur, Marcel Kittel, dans l’équipe Argos-Shimano. Il n’est pas venu pour montrer sa tronche à la télé. « Tant que je finis le Tour, ça me dérange pas de finir dernier tous les jours ! » Il se marre et reprend une bouchée de blé.

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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