Etudiants, pourquoi nous faisons la grève des loyers à Lille

Publié le 27 Février 2010

Des cafards pochés sur un mur (Kmndr/Flickr)

On trouve dans la cité U des accessoires dignes de vacances au camping :

  • les tongs, indispensables pour aller prendre une douche, protègent les pieds du contact avec le sol ;
  • la lunette personnelle, meilleur moyen de se prémunir des infections dues à la moisissure comme dans les douches ;
  • le piège à cafard : malgré lui, l'étudiant vit souvent en colocation avec la faune locale ;
  • le radiateur électrique, indispensable pour ne pas finir en bâtonnet glacé au réveil : de minuit à 6 heures pas de chauffage et pas d'isolation (car, pour clôturer le tout, la moisissure attaque les fenêtres).

Nous sommes aujourd'hui 450 étudiants en grève des loyers dans les cités U de Lille. Un mouvement solidaire entre étudiants et personnel initié par la Feruf de Lille, l'UEC et la CGT-Crous.

Le programme de rénovation du Crous ne concerne que 4% de son parc immobilier (300 logements) ; excédés, nous avons stoppé le paiement des loyers afin d'obtenir les rénovations qui sont nécessaires depuis des années.

Concrètement, les résidences n'ont pas subi de travaux majeurs depuis leur construction dans les années 60-70. Ce qui nous amène aujourd'hui à des situations mettant en danger la santé des étudiants.

Un cuisinier pour réparer les lavabos

Certains agents du Crous se voient confier par ce dernier des missions en dehors de leurs compétences. Ainsi Greg, cuisinier au RU voisin, a été sommé de réparer un lavabo bouché à la résidence Camus :

« J'ai dit à l'étudiant que j'étais d'accord pour le faire mais que je
n'avais aucune idée de comment m'y prendre. Je suis cuisinier, pas
plombier. »

On a parfois la chance d'avoir des rénovations de fortune, des agents du Crous recouvrant par exemple de peinture les tuyaux rouillés.
Mais comme l'explique Patrice, agent du Crous à Galois : « Ça ne sert à rien, au bout de quelques semaines la peinture s'écaille. »

L'Etat ne répond pas aux besoins des étudiants

Notre action n'est pas dirigée contre le Crous ; nous tenons à souligner notre attachement au service public tant qu'on lui donne les moyens de fonctionner, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Si les loyers et le prix des repas augmentent, ce n'est en effet pas un hasard : c'est dû au désengagement de l'Etat qui pourvoit mal aux besoins des étudiants, poussant le Crous à accroître ses tarifs.

Notre mouvement s'adresse directement à Valérie Pécresse, seule apte à faire changer la situation en finançant le Crous à hauteur de ses besoins et non pas sur une logique d'économies.

Nous réclamons le gel des loyers, la baisse du ticket RU à 2,50 euros, l'augmentation des bourses, le recrutement de personnel et la construction de nouveaux logements.

 

Photo : des cafards pochés sur un mur (Kmndr/Flickr)

Ailleurs sur le Web
Grève des loyers d'étudiants lillois contre le délabrement de leurs résidences, sur LeMonde.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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