Fichiers HSBC : le vrai-faux cadeau de Woerth à la Suisse

Publié le 23 Décembre 2009

Droit de suite : Fichiers HSBC

Par Julien Martin | Rue89 |

Une caresse suivie d'un coup de patte. C'est le jeu auquel est en train de se livrer le gouvernement français à l'égard des autorités suisses dans ce qui est devenu « l'affaire HSBC ». Dernier épisode en date : la France a rendu à la Suisse les listes des contribuables français soupçonnés de fraude fiscale dérobées par un ancien salarié de la HSBC Private Bank de Genève. Petit détail : Bercy en a gardé des copies et va continuer à les exploiter.

La Suisse avait posé un ultimatum : la restitution de ces listes avant le 25 décembre. Pour ne pas entamer davantage des relations déjà détériorées, le ministère français de la Justice a alors annoncé fièrement lundi à Reuters que « la décision a été prise de remettre les données le plus rapidement possible ».

Sauf qu'aussitôt le ministère du Budget précisait que cela ne signifiait en rien l'arrêt de l'utilisation de ces listes et des procédures lancées par le fisc français contre les éventuels fraudeurs. Ce qu'a confirmé ce mardi le ministre Eric Woerth depuis la Chine, au micro d'Europe 1 :

« Evidemment elles sont utilisables. C'est des contribuables qui à un moment donné ont fraudé le fisc français, ils sont en France, ça intéresse évidemment les autorités françaises. Ça semble être assez naturel, non ? » (Ecouter le son)

 

« La Suisse devra clarifier cela avec la France »

Pas sûr toutefois que ce geste très limité suffise à convaincre les Suisses, qui refusent pour l'heure de ratifier l'accord de lutte contre la fraude fiscale passé avec la France au mois de septembre. Au ministère suisse des Finances, on déclare d'ailleurs dubitatif :

« La question essentielle est de savoir ce que la France va faire des données. La Suisse devra clarifier cela avec la France au niveau politique. »

Eric Woerth a beau affirmer qu'« il n'y a pas de polémique », les Suisses ne semblent pas l'entendre ainsi. Et ce n'est pas en ajoutant qu'« il faut faire la part des choses entre les péripéties et la réalité », que la situation devrait s'arranger.

 

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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