FRANCE-ESPAGNE. Un policier français tué : ETA franchit la ligne rouge

Publié le 18 Mars 2010

L'opération commando sans précédent dans une concession automobile de Seine-et-Marne débouche sur une grande chasse à l'homme

L'opération menée dans ce dépôt-vente par ETA, qui a entraîné la mort d'un brigadier de police français, marquera un avant et un après. La France n'est plus un sanctuaire. (photo maxppp)
L'opération menée dans ce dépôt-vente par ETA, qui a entraîné la mort d'un brigadier de police français, marquera un avant et un après. La France n'est plus un sanctuaire. (photo maxppp)

Un tabou vient d'être brisé dans le « sanctuaire » que plusieurs générations d'etarras se sont efforcées de préserver en évitant la mort de toute personne de nationalité française. Mardi soir, ETA, qui n'en était certes pas à son premier coup de force en France, a tenté une opération commando qui a fini dans le sang.

Il lui était déjà arrivé de prendre des risques considérables lors d'opérations lui ayant permis de s'emparer de grandes quantités de matériel nécessaire à sa survie (explosifs, munitions, armes...) sous la menace et, si nécessaire, moyennant prises d'otages.

C'est ce qui s'est reproduit mardi à Dammarie-les-Lys (à une soixantaine de kilomètres de Paris) lorsqu'un groupe d'entre 6 et 10 personnes a fait irruption dans un dépôt-vente de voitures d'occasion, avec la ferme intention de s'emparer de plusieurs véhicules puissants. Le commando réduit le responsable de la concession à l'impuissance et repart du dépôt-vente à bord des véhicules de son choix.

Touché au thorax

Le drame se noue lorsqu'une patrouille de police surprend quatre personnes au comportement « suspect » sur un chemin du voisinage, intervient pour procéder à un contrôle d'identité et décide de les interpeller.

Le reste du commando survient sur ces entrefaites, afin de porter secours à ses compagnons en difficulté. Tout bascule à ce moment-là. Des coups de feu partent, l'un des policiers, Jean-Serge Nérin (53 ans), est mortellement touché au thorax. Il portait un gilet pare-balles mais mourra une heure plus tard.

Les membres du commando réussissent à prendre la fuite, sauf l'un d'eux. Il s'agit de Joseba Fernandez Aspurz (« El Guindi », 27 ans), dont le parcours ressemble à celui de dizaines et dizaines de jeunes gens issus de la gauche radicale basque, qui sont allés grossir les rangs du mouvement de jeunesse Segi dans un premier temps, puis ont été conduits à quitter le territoire espagnol et à entrer dans la clandestinité.

Guérilla urbaine

La plupart des jeunes clandestins sont basés en France. Ils y vivent tant bien que mal sous les ordres d'une direction fragilisée par les incessants coups de boutoir de la coopération antiterroriste.

L'interpellé, quant à lui, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt lancé vendredi dernier par l'Espagne, car convoqué à l'Audiencia Nacional de Madrid le 9 mars, où il ne s'était pas présenté.

Il était poursuivi pour avoir attaqué deux policiers en 2008 et lancé des cocktails Molotov contre deux agences bancaires, faits typiques de la « kale borroka » (guérilla urbaine) qui sévit de façon sporadique en Pays basque espagnol.

Une grande chasse à l'homme s'est engagée dans la région de Dammarie-les-Lys, plus habituée à la délinquance « ordinaire » qu'aux actions terroristes d'un mouvement comme ETA.

La preuve en est qu'une certaine confusion a régné pendant plusieurs heures après le drame. Et pour cause ! C'était bien la première fois qu'en France, ETA menait une opération de ce type contre une concession automobile. Sans doute à d'autres fins que celles de déplacements « de routine ». Attentat à la voiture piégée en perspective ? Ou autre opération spectaculaire nécessitant d'importants moyens ? Toutes les hypothèses sont permises.

Émotion et condamnation

Le policier abattu a reçu l'hommage de plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles de très nombreux policiers, toujours sous le choc (lire ci-dessous). Toute la classe politique s'est élevée contre cet assassinat, qui traduit la détermination farouche d'ETA, à laquelle l'immense majorité de la société espagnole demande de déposer définitivement les armes. François Fillon, le Premier ministre français, a déclaré que le policier « a été froidement assassiné par un groupe terroriste ». Le président Nicolas Sarkozy se rendra ce matin en Seine-et-Marne pour y rencontrer la famille du policier tué mardi.   ...........................

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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