Ikastola d'Hendaye : le débat est relancé

Publié le 29 Janvier 2013

Publié le 28/01/2013 à 08h40 | Mise à jour : 28/01/2013 à 12h43


Auteur Arnaud Dejeans


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Le nouveau sous-préfet Patrick Dallennes ressort le bouclier de la loi Falloux

 

Plus de 150 ans après le vote de la célèbre loi, le ministre de l’Instruction publique Alfred de Falloux fait encore parler de lui au Pays basque. Un nom qui revient régulièrement nourrir le débat sur le financement des ikastolas, écoles privées où l’euskara est enseigné grâce à l’immersion linguistique et géré par l’association Seaska (la fédératon de l'enseignement en langue basque sous contrat avec l'Education Nationale).

En 2006 et 2010, les préfets des Pyrénées-Atlantiques avaient déjà publié des circulaires pour rappeler aux collectivités qu’elles ne pouvaient pas construire ou mettre à disposition des locaux à des établissements privés, même si ces derniers avaient un caractère non confessionnel.

 

La lettre envoyée il y a dix jours par le nouveau sous-préfet de Bayonne, Patrick Dallennes, au maire d’Hendaye, Jean-Baptiste Sallaberry, information dévoilée samedi par « Le Journal du Pays basque », risque de relancer le débat. Et même si le représentant de l’État, joint ce week-end par « Sud Ouest », estime que cette lettre « n’est pas une déclaration de guerre aux ikastolas, mais un simple rappel de la loi », Patrick Dallennes a jeté un gros pavé dans la mare.

« C’est de l’hypocrisie »

Le maire de la cité frontalière a annoncé qu’il voulait investir 2,2 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle ikastola. Un projet qui a eu pour conséquence immédiate la démission de son premier adjoint, Claude Vieira, en décembre : « Le problème, c’est le financement sur fonds publics de la construction d’une ikastola de 17 salles et classes. À école publique, fonds publics. À école privée, fonds privés », a déclaré le démissionnaire.

Un avis visiblement partagé par le sous-préfet qui a ressorti le bouclier de la loi Falloux et appelé le maire d’Hendaye dans la foulée. Jean-Baptiste Sallaberry a d’ailleurs reporté la délibération sur la construction de l’ikastola sine die.

« J’ai préféré anticiper, estime le sous-préfet. Si cette délibération illégale avait été votée, j’aurais dû lui envoyer une lettre d’observation pour lui demander de l’annuler. » En cas de refus du maire, l’affaire aurait pu prendre la direction du tribunal administratif.

En attendant de rencontrer à nouveau le sous-préfet, Jean-Baptiste Sallaberry refuse de réagir dans la presse pour « ne pas mettre d’huile sur le feu ». L’édile sait que le sujet est explosif. Seaska, qui gère 30 ikastolas (et 3 000 élèves avec une progression annuelle de 6 % des effectifs), ne restera pas silencieuse.

La Fédération des écoles en immersion, en contrat avec l’éducation nationale, juge la lettre du préfet « gravissime ». Elle donnera sa réaction officielle aujourd’hui lors d’une conférence de presse. Il y a quelques mois, dans nos colonnes, le président de Seaska Pascal Indo estimait déjà qu’il fallait « arrêter cette hypocrisie » et remettre en cause la loi Falloux : « La responsabilité majeure de la politique linguistique en matière d’enseignement repose sur les ikastolas. Nous assurons donc en quelque sorte une double délégation de service public, au titre de l’enseignement mais aussi du patrimoine. »

L’interdiction de la construction ou de la mise à disposition de locaux par les mairies à destination des élèves d’ikastolas a toujours été contournée depuis 40 ans, la qualité de l’enseignement et le travail colossal en faveur de la diffusion de l’euskara expliquant certainement cela.

La prise de position du sous-préfet, à l’heure où d’autres communes ont des projets de construction d’ikastolas sur la table, a de quoi inquiéter Seaska, dont 90 % des établissements sont accueillis dans des bâtiments communaux.

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Vos commentaires 4
 
entreprise
28/01/2013, à 21h35 Alertez
les electeurs du pays basque qui ont voté pour sylvianne alaux découvrent ce que "poids politique" signifie.
rappel à la regle et point final sans meme sondé la population car mal representé
 
 
sorlekua
28/01/2013, à 16h51 Alertez
Les sous-préfets trop "zélés" ne font pas long-feu au Pays Basque, ce doit être un copain de l'autre jacobin Valls.
 
 
etcheverry philippe
28/01/2013, à 14h25 Alertez
A t on calculé combien coûterait aux collectivités la fermeture des écoles privées ? Si demain, les millions d'élèves qui fréquentent ces établissements devaient rejoindre "l'école de la République", combien de bâtiments faudrait il construire pour les accueillir ? L'Etat aurait il les moyens ou devrait il faire appel à des financements privés, comme il le fait de plus en plus (prisons, TGV, musées...). Les élèves de la filière Ikastola, réussissent bien mieux que les autres aux examens (cf palmarès du BAC) et donc, à terme, rapportent davantage à la collectivité !
 
 
SansNomMais..!
28/01/2013, à 10h10 Alertez
je ne vois pas ce qu'il a de "gravissime" à faire appliquer la loi... surtout lorsqu'elle est juste !!!

"À école publique, fonds publics. À école privée, fonds privés"

sinon, je veux bien que la mairie me construise une maison... histoire de faire avancer le Schmilblick...
 
 

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Publié dans #citoyens d'europe

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