Ikastola d'Hendaye : le sous-préfet jette un pavé dans la mare

Publié le 29 Janvier 2013

Publié le 26/01/2013 à 19h03 | Mise à jour : 26/01/2013 à 19h35
Par Arnaud Dejeans

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Patrick Dallennes a envoyé une lettre au maire d'Hendaye pour lui rappeler que son projet de construction de locaux pour l'école privée est illégal

Le nouveau sous-préfet Patrick Dalennes (au centre) sort le bouclier de la loi Falloux comme l'ont fait ses prédécesseurs.

Le nouveau sous-préfet Patrick Dalennes (au centre) sort le bouclier de la loi Falloux comme l'ont fait ses prédécesseurs. (Jean-Daniel Chopin)

Le débat sur le financement des ikastolas, écoles privées où l’euskara (langue basque) est enseigné grâce à l’immersion linguistique et géré par l’association Seaska, revient sur le tapis. La lettre envoyée il y a 10 jours par le nouveau sous-préfet de Bayonne Patrick Dallennes au maire d’Hendaye Jean-Baptiste Sallaberry, information dévoilée ce samedi par le "Journal du Pays basque", rappelle que les municipalités ne peuvent pas construire de bâtiments neufs pour une ikastola, même si cette école privée n'a pas de caractère confessionnel.

Le maire de la cité frontalière a annoncé il y a quelques mois qu’il voulait investir 2,2millions d’euros dans la construction d’une nouvelle ikastola. Le sous-préfet a alors contacté le maire d'Hendaye avant la réunion du Conseil municipal : "Si cette délibération illégale avait été votée, j’aurais dû lui envoyer une lettre d’observation pour lui demander de l’annuler." En cas de refus du maire, l’affaire aurait pu prendre la direction du tribunal administratif.

 

Seaska, qui gère 30 ikastolas (et 3 000 élèves avec une progression annuelle de 6 % des effectifs) ne restera pas silencieuse.La Fédération des écoles en immersion, en contrat avec l’éducation nationale, juge la lettre du préfet "gravissime". Il y a quelques mois dans nos colonnes, le président de Seaska Pascal Indo estimait déjà qu’il fallait "arrêter cette hypocrisie" et remettre en cause la loi Falloux : "La responsabilité majeure de la politique linguistique en matière d’enseignement repose sur les ikastolas. Nous assurons donc en quelque sorte une double délégation de service public, au titre de l’enseignement mais aussi du patrimoine."

L’interdiction de la construction ou de la mise à disposition de locaux par les mairies à destination des élèves d’ikastolas a toujours été contournée depuis 40 ans, la qualité de l’enseignement et le travail colossal en faveur de la diffusion de l’euskara expliquant certainement cela. La prise de position du sous-préfet, à l’heure où d’autres communes ont des projets de construction d’ikastolas sur la table, a de quoi inquiéter Seaska, dont 90% des établissements sont accueillis dans des bâtiments communaux.

Bayonne lirel'article sur sudouest.fr · Hendaye · Saint-Jean-de-Luz · Biarritz

 

 
Vos commentaires 23
 
Nivac
28/01/2013, à 17h35 Alertez
quiproquo, vous dites n'importe quoi: comme je l'ai écrit plus bas, la loi exige que les fonds publics paient les salaires des enseignants du privé sous contrat et participe au transport s'il se cantonne au secteur mais interdit de participer à l'achat ou à l'entretien des locaux.
D'où la position légaliste du préfet.
 
 
quiproquo
28/01/2013, à 12h08 Alertez
L'Etat a signé des contrats avec les écoles privées sur le financement des professeurs par exemple. Le préfet va-t-il les remettre en cause ? Le Préfet doit accompagner la politique linguistique de l'OPLB. Va-t-il s'y opposer aussi ?
 
 
quiproquo
28/01/2013, à 12h05 Alertez
@Fred2812 : La France une et indivisble ? je croyais que la France avait transféré une partie de sa souveraineté à l'Europe. Il ne faut être replié sur soi et sur la France...
 
 
jonxon
27/01/2013, à 21h21 Alertez
Au temps de la mondialisation il est certain que Carlota ferait mieux d'apprendre l'anglais et ses enfants le mandarin. Quand au financement des ikastola, il faut bien sûr changer la loi qui n'est plus adaptée à cette réalité. Si la langue basque était mieux protégée par la loi on n'en serait pas à des situations aussi ridicules.
 
 
Basa Jaun Jeltzale1
27/01/2013, à 18h34 Alertez
carlota, en suivant votre raisonnement, une seule langue suffirait pour communiquer dans la mondialisation. Les langues basque et française dans les poubelles de l'Histoire ! Et si une langue, c'était autre chose qu'un simple instrument rationnel de communication ?
 
 
Basa Jaun Jeltzale1
27/01/2013, à 18h23 Alertez
1884, surtout ne soutenez aucun sportif français, vous seriez en plein communautarisme, hors de là tout sentiment communautaire !
 
 
Nivac
27/01/2013, à 18h15 Alertez
mari646, vous oubliez que dans les établissements privés sous contrat comme dans le public, le salaire des enseignants et une partie des frais de fonctionnement et de transport sont pris en charge par l'état donc les impôts de tous y participent. Par contre l'argent public ne peut servir à l'acquisition ou l'entretien des locaux, c'est la loi.
 
 
Basa Jaun Jeltzale1
27/01/2013, à 15h15 Alertez
Pour une filière immersive type ikastola dans l'école publique. Marre de payer des impôts et des taxes pour un Etat qui nous débasquise.
 
 
1884
27/01/2013, à 12h09 Alertez
Fonds publics à l'Ecole publique fonds privés à l'Ecole privée ; on ne paie pas de impôts pour soutenir les communautarismes mais l'intérêt général.Un préfet républicain quoi de plus normal.
 
 
mari646
27/01/2013, à 11h46 Alertez
Pour information : A leurs frais ? les parents qui envoient leurs enfants à l'ikastola paient leurs impôts eux aussi. Par conséquent, cet argument n'en est pas un.
 
 
Paxkal Indo
27/01/2013, à 11h43 Alertez
sauf que le patrimoine de la france (art. 75-1 de la constitution) comprend les langues régionale... Donc c'est une mission publique !
 
 
carlota
27/01/2013, à 10h49 Alertez
Qu' ils veuillent perpétuer leur langue pourquoi pas , mais à leurs frais ,car au temps de la mondialisation ,il n' est pas certain que cela soit vraiment nécéssaire ..............
 
 
normaldu92
27/01/2013, à 09h02 Alertez
La loi Falloux, c'est un béarnais qui a voulu l'abroger, un certain François Bayrou alors ministre de l'éducation. Parce que nous étions plus d'un million à Paris (pas fait 1 mètre entre 10 heures et 15 heures), cette abrogation n'est pas passée. Mais ça, quand on parle de grande manifestation, on l'oublie trop facilement.
 
 
phanton32
27/01/2013, à 07h50 Alertez

Ce n'est pas parce que la loi est régulièrement contournée que cela justifie de ne pas l'appliquer...Les écoles privées,qu'elles soient d'ordre religieux ou linguistique ou autre,n'ont pas à être financées de la même sorte que les écoles de la République...il n'est pas question de savoir si on veut tuer ou pas les langues régionales,il est juste question de dire,que ce n'est pas à la majorité de financer des écoles privées,où l'inscription relève d'un choix délibéré des parents et non d'une obligation...Nos écoles manquent de moyens...alors désolé mais en temps de crise,en prime,oui,je trouve logique que l'on favorise les écoles publiques au détriment des écoles,rappellons-le PRIVEES....

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Publié dans #citoyens d'europe

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