L'affaire des néo-nazis tueurs xénophobes qui traumatise l'Allemagne

Publié le 15 Novembre 2011

Par Sudouest.fr

Le ministre allemand de l'Intérieur a reconnu lundi des défaillances au sein des services de sécurité dans l'affaire des néo-nazis présumés tueurs d'étrangers qui a choqué le pays au cours du week-end. 

 

Les visages de trois trentenaires - deux hommes aujourd'hui décédés et une femme arrêtée la semaine passée en Thüringe (est) - s'affichent depuis samedi à la une de tous les journaux allemands, accompagnés du nom d'une organisation jusqu'ici inconnue "Nationalsozialistischer Untergrund" (NSU), "Clandestinité national-socialiste". 

Beate Zschäpe, 36 ans, Uwe Mundlos, 38 ans et Uwe Böhnhardt, 34 ans, sont soupçonnés d'avoir tué neuf personnes d'origine étrangère, dans des restaurants de kebab de différentes régions d'Allemagne entre 2000 et 2006.

Ils sont également mis en cause dans le meurtre d'une policière, abattue d'une balle dans la tête en 2007, et leur participation à un attentat à la bombe dans un quartier turc de Cologne en 2004 est également évoquée.

Lundi, Hans-Peter Friedrich, le ministre de l'Intérieur, a appelé à une "meilleure collaboration entre la police et les services de sécurité intérieurs", reconnaissant dans le quotidien Bild, le plus lu d'Allemagne, qu'il était "très préoccupant de constater qu'aucun lien n'avait été établi (à temps) entre les milieux d'extrême droite de Thüringe et la série de meurtres commise dans toute l'Allemagne".

Une polémique a pris forme à mesure que des informations sur ce groupe resté dans l'ombre étaient mises au jour.

Selon plusieurs journaux, un atelier de fabrication de bombes artisanales avait été découvert en 1998 dans un garage loué par Beate Zschäpe à Iéna (est) mais le trio avait ensuite disparu.

Plusieurs personnalités politiques ont mis en cause la compétence des services de renseignement, ne comprenant pas qu'on ait perdu la trace de dangereux suspects pendant une dizaine d'années. Certains se sont interrogés sur leur utilisation éventuelle comme informateurs sur la mouvance néonazie.

Les enquêteurs cherchent désormais à savoir si la NSU comptait d'autres membres. Dimanche, le parquet fédéral a annoncé qu'un homme de 37 ans, Holger G., soupçonné d'avoir aidé le trio déjà identifié, avait été interpellé à Hanovre. "Il ne fait guère de doute qu'il s'agit d'une nouvelle forme de violence d'extrême droite et c'est la raison pour laquelle le parquet fédéral a choisi l'accusation de constitution d'organisation terroriste", a souligné le ministre de l'Intérieur. "L'enquête (...) va déterminer rapidement si le trio s'appuyait sur un réseau plus important", a-t-il déclaré.

Plusieurs médias évoquent une "Fraction armée brune" en référence aux terroristes d'extrême gauche de la "Fraction armée rouge" (RAF) qui a tué plus de 30 personnes en Allemagne entre 1970 et les années 90.

Ils détaillent en outre les découvertes effectuées dans l'appartement de Beate Zschäpe qu'elle a fait en partie exploser, avant de se livrer. Les enquêteurs ont par exemple trouvé un DVD présentant des clichés de certaines victimes des assassinats, visiblement pris quelques minutes après les faits.......lire l'article sur sudouest.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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