L’ardoise ( Jacques Chirac )

Publié le 1 Novembre 2009

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Par LAURENT JOFFRIN

Personne ou presque ne souhaite, en toute humanité, se montrer impitoyable envers Jacques Chirac.


Quoique tueur politique de première catégorie, il avait fini par acquérir, sur la fin de ses deux mandats, une aura de président enclin au compromis, souvent voué à des causes consensuelles. Son âge, son abord chaleureux, ses efforts de retraité actif en faveur de l’environnement ou du Tiers-Monde lui valent une popularité indéniable.

Et l’on avait plaidé ici pour que Polanski bénéficie, in fine, du temps qui passe. Alors Chirac…

Pourtant, la justice ne peut et ne doit effacer soudain l’ardoise des affaires de la chiraquie.

D’abord parce que c’est l’immunité présidentielle qui est responsable du retard avec lequel on traite des affaires douteuses de la Mairie de Paris.

Or, elle avait été acquise à la condition claire et nette que les poursuites suspendues seraient reprises une fois le Président retourné à la condition de citoyen.

Ensuite parce que les mœurs en vigueur pendant cette longue période ont entretenu en France un climat délétère de corruption routinière et de coups tordus répétés.

Enfin parce qu’un président de la République, en activité ou à la retraite, garant des institutions, ne saurait donner l’exemple du passe-droit ou du privilège.


Dans la sérénité, donc, la justice doit solder les comptes des petits et grands arrangements du chiraquisme avec l’illégalité et l’argent noir. Même déjà ancienne, cette époque ne saurait se couvrir, en plus, du voile complaisant de l’impunité. Non par esprit de revanche: par simple équité.

Source Liberation.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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