L'Obs, Sud Radio : dernières nouvelles du marché du « trash »

Publié le 24 Novembre 2011

 

Arrêt sur images 21/11/2011
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann
Fondateur d'@rrêt sur images
 

Petites annonces « bien être » du Nouvel Observateur, 17 novembre 2011

Pour de la gestion de crise, c'est de la gestion de crise. Heureusement, certaines institutions, même vénérables, savent encore réagir rapidement, et prendre les mesures qui s'imposent dans les situations de crise aiguë.

Donc, les petites annonces pour la prostitution dans L'Obs, c'est fini.

Les « jeunes filles exotiques », ou autres Irina, qui proposent de la « détente naturiste », ou du « massage naturiste », dans un cadre relaxant, à leurs instituts ou à domicile, seront priées d'aller vanter leurs services ailleurs que dans le prestigieux hebdomadaire de Jean Daniel, où elles se regroupaient au sein de la rubrique « bien-être ».

Entre 150 000 et 200 000 euros brut par an

Ces petites annonces prospéraient tranquilles dans l'hebdomadaire, depuis des décennies. Elles auraient pu prospérer encore longtemps, si Yann Barthès ne les avait placées sous le nez du directeur de l'hebdo, Laurent Joffrin, en tournée promo sur Canal + la semaine dernière.

Contraint d'avouer qu'il ne les avait pas lues, Joffrin s'était aussi vu contraint de reconnaître, quelques minutes plus tard, qu'il ne lisait d'ailleurs pas non plus son journal lui-même.

« La rédaction était contre, mais c'était une page à laquelle on ne faisait plus attention », explique aujourd'hui « la direction ».

Manque à gagner, selon L'Obs cité par l'AFP : entre 150 000 et 200 000 euros brut par an. C'est une somme. Mais une ou deux couvertures supplémentaires sur la double vie de DSK, avec témoignages exclusifs, devraient compenser le manque à gagner.

Saluons la séquence. Pour une fois qu'une dénonciation médiatique produit un effet !

Le dérapage, une stratégie comme une autre

Pour le reste, le réseau croisé des impunités est si bien tissé, dans les médias installés, qu'on se demande à quoi servent les révélations. Sondages truqués, unes sensationnalistes, reportages de complaisance : qu'est-ce qui sépare une pratique scandaleuse insupportable, d'une autre qui perdure ?

Tiens, par exemple, l'histoire que nous racontons ce lundi matin : vous vous souvenez de cet animateur de Sud Radio qui avait dérapé sur l'antisémitisme, Eric Mazet ? Eh bien, il révèle (avec retard) que c'est sa direction, soucieuse de s'assurer un bon buzz, qui l'a poussé au dérapage.

Autrement dit, une radio honorablement conventionnée n'hésite pas à touiller les délires d'un auditeur antisémite, pour créer le buzz, à l'occasion de son autorisation de diffusion dans la région parisienne.

Cette révélation place sous les projecteurs l'existence d'un marché du « trash ». Dans un certain segment du marché, le dérapage n'est pas un accident : c'est une stratégie.

A chacun de décider, en son for intérieur, si la chose est plus ou moins grave que les publicités d'Irina. Si vous croisez à la boulangerie des membres de cet organisme énigmatique qu'on appelle le CSA, ne manquez pas de les en avertir.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Commenter cet article