La chanson du lipdub des jeunes de l'UMP était bien piratée

Publié le 16 Décembre 2009

Ça va commencer à sonner comme un refrain du côté de l'UMP. Interrogé sur la question des droits d'auteur de la chanson « Tous ceux qui veulent changer le monde » pour le lipdub déjà culte des Jeunes Pop, leur président avait répondu : « Luc Plamandon [l'auteur, ndlr] nous les a cédés. » Vrai, mais Benjamin Lancar savait très bien que cela ne suffisait pas.

La version utilisée dans la chanson n'est en effet pas la version originale, mais celle chantée par la jeune artiste Marie-Mai, pour la Star Academy québécoise. Selon Marjorie Paillon de BFM-TV, « les Jeunes UMP ont demandé en octobre dernier l'autorisation d'utiliser cette version […] au producteur de la Star Academy québécoise », mais « ils ont essuyé un refus ».

Refus qu'il ont décidé d'ignorer, ce qui leur a valu vendredi une mise en demeure de l'avocate dudit producteur, la maison de production Musicor. (Voir la vidéo du Post.fr)


« Cette requête est actuellement en cours »

Beaucoup moins fiers que lors du lancement de leur lipdub, les Jeunes UMP ont confirmé cette information dans un communiqué ce mardi, en prenant toutefois soin de ne pas parler de piratage, mais simplement d'un « malentendu » :

« En raison d'un malentendu sur la version du morceau utilisée comme fond sonore dans le lipdub entre la création de 1976 et celle remixée d'aujourd'hui, les Jeunes Populaires ont été saisis d'une demande concernant les droits moraux de Marie-Mai, artiste interprète de la version remixée.

Cette requête est actuellement en cours, et un accord devrait intervenir dans les prochaines heures consistant notamment dans le versement d'une somme au profit d'une association reconnue d'utilité publique. »

30 000 euros d'amende déjà en janvier

L'histoire n'est pas sans rappeler celle qu'avait déjà connue l'UMP au début de l'année. Le parti de la majorité avait déboursé un peu plus de 30 000 euros pour avoir utilisé sans autorisation un titre musical de MGMT, notamment lors du conseil national de l'UMP, le 25 janvier, à la Maison de la mutualité à Paris. L'avocate du groupe américain avait d'ailleurs déclaré :

« On voit que ceux qui préconisent la chasse aux internautes ne sont pas les plus respectueux du droit des artistes. »

Défendre les droits intellectuels sur le Web ne semble donc pas signifier pour autant les respecter. Hadopi prévoit une coupure Internet au bout de plusieurs infractions. Les communiqués de l'UMP vont nous manquer.

 

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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