La députée UMP Edwige Antier veut interdire la fessée

Publié le 16 Novembre 2009

La pédiatre et députée UMP Edwige Antier a déposé mercredi dernier une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels, dont la fessée.

C'est ce qu'elle annonce dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de ce dimanche :

« On ne peut plus laisser entendre que ce n'est pas grave ou, même pire, que ça a une vertu éducative alors que c'est exactement le contraire. Plus on lève la main sur un enfant, plus il devient sournois, menteur et agressif. »

Un argument qu'elle détaille sur son site :

« Le pédiatre que je suis a vu, en 30 ans, augmenter les morsures à la crèche, les rixes dès la maternelle, les jeux cruels à l'école primaire, les petits caïds qui font régner la terreur au collège, et les bandes à la sortie qui violent les filles… Mais c'est la violence faite à l'enfant qui les rend violents à leur tour ! »

En juin 2008, le Conseil de l'Europe avait lancé une campagne de sensibilisation contre les châtiments corporels des enfants, dont le slogan était : « Levez la main contre la fessée. » L'institution avait alors argumenté :

« Aucune religion, situation économique ou méthode d'éducation ne saurait justifier de frapper un enfant, de le gifler, de lui donner la fessée, de le maltraiter, de l'humilier ou de recourir à toute pratique qui porte atteinte à sa dignité. »

Le Conseil de l'Europe avait appelé ses Etats membres à interdire la fessée. Selon Edwige Antier :

« Dix-huit Etats l'ont déjà fait. Certains, comme les pays scandinaves, depuis longtemps, mais aussi des pays latins comme l'Italie ou l'Espagne, et même Chypre, dès 1994, la Croatie, la Roumanie… La France est à la traîne ! »

L'élue de Paris préconise une interdiction dans le Code civil,
« comme en Allemagne », et non dans le Code pénal : « Il ne s'agit pas
d'envoyer les parents en prison ni de les en menacer » :

« L'article serait lu aux parents lors du mariage. Une loi, c'est dire que l'Etat pose une interdiction. Et la faire connaître, c'est changer les mentalités. Quand la Suède l'a interdite, en 1979, 70% des parents étaient opposés à l'interdiction. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 10%. »

Une fois sa proposition de loi officiellement déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale, rien ne garantit qu'elle soit débattue en séance publique. Il faut en effet que le texte soit inscrit à l'ordre du jour par le groupe UMP ou le gouvernement.

En France, la question reste controversée. D'un côté, l'association Ni claques ni fessées milite pour cette interdiction, de l'autre l'Union des familles en Europe revendique ce droit. Refusant de se prononcer pour ou contre les fessées, elle demande que les choix éducatifs des parents soient respectés.

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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