La LGV passera bien par les Landes !

Publié le 1 Avril 2010

TRANSPORTS. Vote « historique » au conseil général des Landes pour la LGV. Et, ce qui n'a rien à voir, fiscalité en hausse

La LGV va coûter 83 millions au Département. Mais il passera bien par là ! (photo archives david le déodic)
La LGV va coûter 83 millions au Département. Mais il passera bien par là ! (photo archives david le déodic)

Un vote « dans les annales ». C'est ainsi qu'Henri Emmanuelli a qualifié l'adoption du protocole d'intention d'hier, cette nouvelle étape franchie à l'unanimité. Moins une voix quand même, celle du vice-président communiste de Pouillon Yves Lahoun, « évidemment en accord avec ce projet, mais pas avec son financement, qui devrait être assuré par l'État et pas par les collectivités. »

À ses côtés, le député-président ne peut pas s'en empêcher : « De vous à moi, on a le même avis, mais on n'a pas le choix ! Ma première réaction a toujours été de dire que nous n'avions aucune compétence, mais on nous a dit : "Si vous ne payez pas, ça ne se fera pas". C'est du chantage pur et simple, je l'ai dit à qui de droit, mais même si nous sommes convaincus de la nécessité de ce projet, quelque part, nous sommes taxés de 83 millions d'euros. »

83 au total, oui, parce qu'après les 40 millions d'euros prévus pour la portion Tours-Bordeaux (travaux prévus avant 2016), il en faudra donc 43 de plus pour Bordeaux-Irun (2016-2020, si tout va bien), qui concerne beaucoup plus les Landes ! Mais le projet doit être « complet jusqu'à la frontière » pour aller à son terme.

« On veut nos sous ! »

C'est donc la sixième fois que l'assemblée départementale se prononce sur cet importantissime dossier. Et ce n'est pas fini. Parce qu'elle sera de nouveau consultée en juin sur le projet de convention financière qui constituera un engagement juridique.

Surtout, elle aura eu des nouvelles entre-temps de ce qu'Henri Emmanuelli a toujours l'air de considérer comme une « clause suspensive » : la dette de l'État sur le financement de la déviation d'Aire-sur-l'Adour et de l'A 65. Un peu plus de 5 millions d'euros, intérêts compris. « Nous sommes d'accord : nous votons ce protocole, mais nous ne signons que si nous touchons nos sous ! »

Des sous que les contribuables landais devront aussi débourser à d'autres niveaux : via les aides de la Région ou encore celles des communautés de communes ou d'agglomération : « 20 millions d'euros chacune pour ne parler que de celles du Grand Dax et du Marsan », souligne Gabriel Bellocq.

À croire que l'on n'a rien sans rien et que le jeu en vaut la chandelle : gare de Dax modernisée pour les TGV du Sud, avec correspondances pour les Services régionaux à grande vitesse (SRGV) ; Mont-de-Marsan enfin desservie par une gare TGV, connectée à l'actuelle pour TER et SRGV également et même positionnée de façon à permettre un départ vers le Béarn et Pau, au plus près de l'A65, comme demandé par les Landais...

Une halte SRGV est aussi dans le projet au sud, à la limite des communautés de Macs et du Grand Dax, et même une autre « réservée » à Tartas. Avec cela et malgré le coût échelonné sur une bonne dizaine d'années, il fallait bien en passer par là. Pour que le chemin de fer passe enfin par les Landes...

Ambiance décontractée, hier après-midi, en cette fin de session budgétaire. Où l'on digresse sur le derby à venir ; où l'on taquine la droite à propos du championnat de France de vaches sans corde - « Il faudra y inviter le gouvernement » - ; où Henri Emmanuelli se « les sert lui-même », quand il est question de fibre optique et de réseau très haut débit : « Ça va à la vitesse de la lumière ? À la vitesse Emmanuelli ! »

Beaucoup plus sérieusement, le matin, la question du contournement est de Dax dont les travaux sont retardés n'avait fait rire personne. En cause ? La procédure. Avec une déclaration d'utilité publique datée de juillet 2008, un dossier pour répondre aux normes déposé en juillet 2009, un accusé de réception dudit dossier de la préfecture reçu en février 2010... et entre-temps, la création de l'autorité environnementale qui impose une nouvelle réglementation et oblige une partie du dossier, ficelé, à être revue ! « Je confirme que les crédits sont votés et que notre volonté est d'aller vite », argumente alors le président, « la seule chose qui manque, c'est l'autorisation administrative. Et nous avons plusieurs dossiers bloqués de la sorte... »

L'humeur badine a donc été furtive, même si le vote final du budget (432 millions d'euros pour mémoire) a valu à l'opposition, qui s'est abstenue, de provoquer quelques sourires : « Considérez notre abstention comme un quitus direct », a même souligné Michel Herrero, au nom de son « groupe » (avec Alain Dudon et Pierre Dufourcq)...  ...

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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