La retraite ? Finalement, Manaudou n’est plus trop sûre... Comme d’hab’

Publié le 22 Novembre 2012

Rue89


Girouette 22/11/2012 à 16h49

La retraite ? Finalement, Manaudou n’est plus trop sûre... Comme d’hab’

Auteur Ramses Kefi | Journaliste  pour rue89.comRue89

 

Laure Manaudou a dit un jour :

« Moi quand je prends une décision, je ne reviens jamais dessus. »

Du coup, quand elle dit qu’elle dispute à partir de ce jeudi sa dernière compétition, les championnats d’Europe en petit bassin à Chartres, on a tendance à la croire.

Elle l’avait annoncé devant trois pékins, avant son meeting de rentrée, à Compiègne :

« Je dispute ici l’une de mes dernières compétitions, car je vais sans doute arrêter après les championnats d’Europe. »

C’était le 26 octobre et depuis, elle a eu le temps de changer un peu d’avis. Le week-end dernier, avant les championnats de France d’Angers :

« (Je vais) prendre ma décision après (les championnats d’Europe à) Chartres suivant les temps que j’aurais fait. J’ai bossé pas mal de trucs, alors on verra si ça fonctionne. [...]

J’ai toujours envie. [...] Je n’ai pas fini ce que je voulais faire donc je continue, mais je ne vais pas non plus m’éterniser dix ans. »

Bref, on ne sait pas s’il faut sortir les mouchoirs. Tant que Laure Manaudou ne sera pas grabataire, on n’osera dire qu’elle en a fini avec la natation. Car contrairement à ce qu’elle dit, quand la championne olympique prend une décision, elle revient souvent dessus.

Le feuilleton italien

En 2007, elle se sépare son entraîneur, Philippe Lucas, avec lequel elle a tout gagné. Elle part s’entraîner en Italie « pour travailler des choses qui la feront s’améliorer » et rejoindre son amoureux, le nageur Luca Marin.

« Surtout pas pour moins m’entraîner ou être plus en vacances » répond-elle à Philippe Lucas, qui l’accuse de « fuir le travail ».

Elle affiche ses certitudes :

« Je ne rentrerai pas en France. »

Trois mois plus tard, son club de Turin la licencie pour « son attitude, son refus de faire le relais ou les échauffements ». Pour son coach italien, la nageuse est « la championne olympique du caprice ».

Dans l’entourage de Manaudou, on assure qu’en réalité, l’Italie ne lui convenait pas, en fait. En revenant en France, elle allait retrouver « des conditions de vie et d’entraînement à la hauteur de son talent et de son ambition ». Donc elle rentre.

La première retraite

Les Jeux olympiques de Pékin, en 2008, sont une catastrophe. Aucune médaille et l’impression d’un immense gâchis. En septembre 2009, elle décide d’arrêter sa carrière :

« Cela n’a pas été une décision difficile à prendre. Elle s’est imposée à moi petit à petit. Ce n’est pas un coup de tête, tout ça a mûri doucement. Je ne me suis pas levée un matin en disant : “Voilà, j’arrête”. »

Elle s’essaye alors au cinéma, envisage de se reconvertir dans la décoration d’intérieur, en insistant bien sur le fait que la natation ne lui manque pas :

« Je n’ai pas de regret. J’ai une vie qui me convient maintenant. Je deviens de plus en plus tranquille donc ça me va. »


Laure Manaudou aux championnats de France en petit bassin, à Angers, 16 novembre 2012 (Alfred/Sipa)

En fait, elle revient

Deux ans plus tard, les regrets sont là. Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, elle évoque un changement radical à tous les niveaux, y compris dans sa vie privée et son rapport avec les journalistes :

« En entendant la petite musique avant les courses, je me suis dit que je me verrais bien à la place des nageuses qui allaient prendre le départ.

Je me suis rendue compte que j’avais l’image d’une fille inaccessible et capricieuse. Je l’ai été mais ce n’est pas ma nature profonde. Je veux montrer qui je suis vraiment. J’ai mûri. »

Faux départ sur Twitter

En mars dernier, entre deux courses des championnats de France, elle réagit sur Twitter à la tuerie de Toulouse. « Supprimez ces jeux vidéos à la c... Et ça ira déjà mieux ! ».


Compte Twitter de Manaudou le 19 mars 2012 (Capture d’écran par Numerama)

S’en suit une avalanche de moqueries ou de tweets indignés, qui placent la nageuse parmi les « trending topic », les sujets dont Twitter parle le plus. Une nouvelle fois, sa décision est radicale :

« Trop de négativité ici. Bye Twitter ! ! »

Quelques heures plus tard, elle est de retour sur le réseau social. En expliquant sa volte-face :

« Pour moi, jusqu’ici, tout le monde était beau, tout le monde était gentil. Apparemment, non. C’est sûr que ça m’a touchée. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai préféré quitter Twitter plutôt que de lire des choses négatives sur moi. Ca m’a atteint en 2008. Ca ne m’atteindra pas maintenant. »

L’après-Londres

Elle a gagné son pari de se qualifier pour les JO 2012 de Londres mais raté complètement ses séries du 100m et 200m dos. L’échec ne la décourage pas. Elle « aimerait bien continuer ».

Après ses vacances, c’est moins le cas.

Une chose est sûre, « je suis moins attachée aux résultats ».

Ah non, pardon :

« Je ne m’attendais pas à nager aussi bien (au meeting de) Compiègne. Ma décision est liée aux résultats. »

Son ancien coach, Philippe Lucas, continue de ne pas changer d’avis :

« Il faut qu’elle arrête [...]. Elle a fait un “Jeux” (olympiques) de bien, le reste de sa carrière c’est une catastrophe. “

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