Le débat sur l'adoption par les homosexuels relancé

Publié le 11 Novembre 2009

La décision du tribunal administratif de Besançon suscite de nombreuses réactions. Le député PS Patrick Bloche demande de "changer la loi" pour autoriser l'adoption par les couples homosexuels, tandis que le gouvernement souhaite "un débat".

(AFP)

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La décision du tribunal administratif de Besançon qui, mardi 10 novembre, a donné son feu vert à l'adoption d'un enfant par un couple d'homosexuelles, a suscité de nombreuses réactions de la part des politiques et associations.
Le Vert Noël Mamère s'est réjoui, mardi, de cette décision. Il avait lui-même, en 2004, symboliquement célébré un mariage entre deux hommes dans sa mairie de Bègles, en Gironde.
"C'est une grande victoire. C'est le rêve que le droit est en train de rejoindre la société." a déclaré Noël Mamère dans un entretien publié sur le site de Public Sénat.
"C'est un pas très important qui vient d'être franchi. Nous espérons surtout que ce symbole deviendra réalité pour les couples homosexuels qui demandent la reconnaissance de leur droit de parent", a-t-il ajouté.
Le député-maire de Bègles a estimé aussi qu'"il serait temps que les politiques sortent de leur frilosité et de ces représentations stupide de la famille."

"Changer la loi"


L'association Homosexualités et Socialisme s'est également réjouie, et a rappelé qu'"en Belgique, au Danemark, en Espagne, en Norvège, aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni, les couples de même sexe peuvent adopter des enfants".
Le député PS Patrick Bloche, a demandé de "changer la loi" pour autoriser l'adoption par les couples homosexuels, après la décision du tribunal administratif de Besançon.
"La société est prête à accepter que des couples homosexuels adoptent des enfants. La loi doit être modifiée", a déclaré Patrick Bloche dans les couloirs de l'Assemblée, parlant d'une "jurisprudence qui oblige le législateur à prendre ses responsabilités", emboîtant le pas au PCF qui, dans un communiqué avait également "espéré que cette décision fera jurisprudence en France et dans tous les pays de l'Union européenne".

Pas de loi, mais "un débat"


Réponse de la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Nadine Morano, qui a déclaré qu'elle ne voulait pas changer la loi interdisant l'adoption aux couples homosexuels, mais qu'elle souhaitait un "débat" pour "sortir de l'hypocrisie".
"Il n'y a pas de projet pour réformer l'adoption en faveur des couples homosexuels. C'est un engagement du président de la République", a déclaré à l'Assemblée nationale Nadine Morano.
L'association Gaylib, proche de l'UMP a regretté qu'il ait été nécessaire d'en arriver à une décision de justice pour faire reconnaître la capacité des homosexuels à adopter"
Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, s'est déclaré "à titre personnel" favorable à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels. "Le Nouveau Centre puisse afficher clairement que [...] l'amour d'un couple, c'est beaucoup mieux que les services de la DDASS", a-t-il déclaré, estimant qu'"avant tout, ce qui compte, c'est l'amour que peut avoir un enfant quelle que soit la configuration du couple".

Une "scandaleuse décision"


Une vision des choses que tous ne partagent pas à l'UMP.
Le député du Nord Christian Vanneste, s'est élevé quant à lui dans un communiqué contre "la malheureuse décision" du tribunal qui "fait l'objet de l'habituel rouleau compresseur médiatique du groupe de pression homosexuel". Le député du Nord a vu sa condamnation pour injure envers la communauté homosexuelle annulée par la Cour de cassation en novembre 2008.
Le Front national a également dénoncé avec force la décision du tribunal administratif de Besançon à l'adoption d'un enfant par une enseignante homosexuelle, appelant à interjeter "immédiatement" appel.
Dans un communiqué publié mercredi 11 novembre, Marine le Pen, vice-présidente du FN, écrit, après cette "scandaleuse décision": "ainsi donc, sans que les Français ni leurs représentants élus n'en aient décidé, sur simple décision d'une instance européenne et de la Halde, structure technocratique sans légitimité démocratique, on assiste à un bouleversement du droit de la famille".
"Comme dans l'affaire Mitterrand [ndlr : Marine Le Pen avait été en première ligne pour dénoncer des écrits du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand], cette décision consacre la disparition d'une certaine morale d'Etat et le triomphe d'une société hédoniste où les volontés de certains adultes priment sur les droits légitimes des enfants", accuse l'eurodéputée.


Source Nouvelobs.com 

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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