Le désespoir a envahi Port -au-prince Haïti

Publié le 16 Janvier 2010

Les secours semblent très longs à se mettre en place pour les milliers de sinistrés d'Haïti. La communauté internationale tente de faire face
Détresse totale dans les rues de Port-au-Prince, où les survivants ne savent pas comment s'occuper des corps de leurs proches. (photo maxppp)
Détresse totale dans les rues de Port-au-Prince, où les survivants ne savent pas comment s'occuper des corps de leurs proches. (photo maxppp)


Colère et désespoir gagnaient les Haïtiens hier face à la lenteur des secours, malgré le déploiement progressif des parachutistes américains trois jours après le séisme.

« Plus de 50 000 personnes ont été tuées et 250 000 blessées », a annoncé officiellement le ministre haïtien de la Santé publique, Alex Larsen. « Près de 1,5 million de Haïtiens sont sans abri depuis la catastrophe », a-t-il ajouté. Selon le premier ministre, Jean-Max Bellerive, « plus de 15 000 corps de victimes ont été ramassés et ensevelis ». De son côté, le ministre de la Communication a indiqué que des fosses communes seraient creusées pour enterrer les corps qui tombent en putréfaction.

Dans la capitale, les sinistrés déambulent au milieu des ruines, de la violence et de la puanteur des cadavres, rendue encore plus insoutenable par la chaleur tropicale qui règne dans l'île. « Les gens sont affamés, assoiffés. Ils sont livrés à eux-mêmes. C'est de plus en plus dangereux. Il n'y a plus de police, les gens font ce qu'ils veulent », témoigne Léon Melesté, un religieux adventiste coiffé d'une casquette blanche « New York ».

Désorganisés, sans matériel, sans entraînement, les sauveteurs improvisés ne croient pas au miracle, alors que le temps presse pour dégager les survivants, dont les cris s'amenuisent d'heure en heure.

« Il y a tant de corps dans les rues que les morgues sont pleines, les cimetières sont pleins », a témoigné le chanteur américano-haïtien Wyclef Jean, venu prêter main-forte à ses compatriotes.

Si rien n'est fait pour satisfaire les besoins urgents de la population, tels que le logement, l'accès à l'eau et à la nourriture, « on court le risque d'avoir des émeutes », a mis en garde le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, à son retour de la capitale haïtienne.

10 % des habitations détruites

Dans la journée, l'ONU s'apprêtait à lancer un appel d'urgence à la communauté internationale afin de récolter 560 millions de dollars pour Haïti.

Mais les paroles de réconfort en provenance du monde entier ne suffisent pas à apaiser les Haïtiens. « Le gouvernement nous bluffe. Il y a des millions de dollars qui rentrent mais on ne voit rien. À la tête de l'État, un groupe d'amis se partage cet argent », accuse Kassana-Jean Chilove, un mécanicien qui a perdu sa fille dans le tremblement de terre.

Du côté des secours, les parachutistes de la 82e division aéroportée de l'armée américaine ont commencé à sécuriser la piste de l'aéroport Toussaint-Louverture et à débarquer du matériel lourd, sous les yeux de centaines de Haïtiens et d'étrangers espérant quitter cet enfer. « Nous allons nous déployer dans la ville pour aider les Nations unies et d'autres forces qui en ont besoin à fournir toute l'assistance nécessaire », a dit le sergent Kelab Barrieau, dans le vacarme des hélicoptères.

Le temps presse : 300 000 personnes, selon l'ONU, se retrouvent sans toit dans la seule capitale, une ville de 2,8 millions d'habitants où 10 % des habitations ont été détruites.

Obama et Préval

Sur le terrain, plusieurs équipes de secouristes venues des États-Unis, de France, de République dominicaine ou du Venezuela sont à pied d'oeuvre. Difficulté supplémentaire, les sauveteurs risquent de devoir travailler en l'absence de toute coordination de la part des autorités locales, les principales infrastructures de l'État étant détruites.

Le président américain Barack Obama a parlé hier au téléphone à M. Préval et l'a assuré du « plein soutien » des États-Unis. M. Obama recevra aujourd'hui ses prédécesseurs George W. Bush et Bill Clinton, qu'il a chargés de coordonner l'aide américaine.

Enfin, l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, en exil en Afrique du Sud après avoir dominé la vie politique haïtienne pendant près de quinze ans, s'est dit prêt à rentrer dans son pays. En 2004, confronté à une insurrection armée et à des pressions internationales, il avait été contraint de quitter son pays.

Les États-Unis déploient une armada humanitaire

Obama met le paquet. Après avoir promis d'envoyer 3 500 hommes en Haïti, son chef d'état-major, Michael Mullen, a annoncé hier que 9 000 à 10 000 soldats seraient déployés d'ici à lundi, au sol ou au large de Port-au-Prince. ....

 

 

............................................... lire la suite sur sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

Repost 0
Commenter cet article