« Le grand stade n'est pas le joujou des Girondins »

Publié le 27 Février 2010

BORDEAUX. Le club insiste sur la dimension régionale de l'équipement

Nicolas de Tavernost rappelle qu'il faudra statuer sur le cas du stade Chaban-Delmas. Alain Deveseleer. (photos archives so)
Nicolas de Tavernost rappelle qu'il faudra statuer sur le cas du stade Chaban-Delmas. Alain Deveseleer. (photos archives so)

Foi de sondeur, la cote d'amour du grand stade est en baisse. 48 % des habitants de l'agglomération y sont favorables. Ils étaient 61 % il y a trois mois. C'est l'enseignement du sondage commandé par la communauté urbaine de Bordeaux à l'Ifop dans le cadre de son baromètre trimestriel.

Depuis que l'idée de grand stade a refait surface, le dossier a glissé sur le terrain politique (lire ci-dessous). Concrètement, dans le cadre de la procédure d'appel à projet lancée par la mairie de Bordeaux, les candidats à la construction (entreprise de BTP et architectes) sont en train d'affiner leurs offres. Objectif : rentrer dans l'enveloppe de 165 millions.

Si le débat agite les passions, il agace passablement du côté du Haillan. Alain Deveseleer, directeur général des Girondins de Bordeaux, n'entend pas réagir au résultat de la consultation. Mais explique : « Il faut arrêter de faire croire que le nouveau stade sera le joujou des Girondins. Oui, nous en serons les premiers utilisateurs, mais c'est un équipement structurant pour toute la région pour accueillir d'autres manifestations, comme cela se fait dans de nombreux endroits : concerts, congrès, matches de rugby internationaux... Or aujourd'hui, cet équipement structurant pour tout le Sud-Ouest fait défaut ».

Pas de stade, pas d'équipe

Nicolas de Tavernost, patron de M6, va un peu plus loin : « Nous mettons 100 millions, nous ne pourrons pas le faire une deuxième fois. Se pose de toute façon une question : celle de l'avenir de Chaban-Delmas qu'il faudra un jour mettre aux normes pour un coût très élevé. S'il n'y a pas de grand stade, il n'y aura pas de grande équipe à Bordeaux. On peut toujours ironiser sur le foot business, mais les retombées pour la région et Bordeaux auront un réel impact économique ».

Alain Deveseleer ajoute : « Je ne connais pas de cas où le club participe à cette hauteur. Nous avons fait une proposition dynamique. C'est une vraie chance. Après on peut se dire qu'on peut vivre sans grand stade, mais également sans grand théâtre, sans salle de spectacle. Au fond, il n'y a que les écoles et les hôpitaux qui sont indispensables. Nous avons la faiblesse de croire qu'un grand projet est toujours bénéfique. ».

Négociations

Alors que des débats byzantins se déroulent autour du grand stade, les discussions entrent dans le dur entre le club et la mairie de Bordeaux. Elles s'articulent autour de deux points. Alain Juppé souhaiterait qu'une partie de la contribution des Girondins de Bordeaux - 100 millions d'euros versés sous forme de loyer - puisse être transformée en apport au capital. Nicolas de Tavernost ne ferme pas la porte : « Nous avons toujours dit que nous étions ouverts à la discussion ». Autre point important de la négociation, la garantie que souhaite obtenir le club vis-à-vis de la mairie en cas de mauvais résultat. Là c'est au Palais Rohan que l'on rencontre quelques réticences.

Le sort du grand stade est encore loin d'être scellé. Pro et anti ont maintenant les yeux rivés sur le mois de mai. C'est à cette date que les candidats à la construction rendront leur copie et diront si oui ou non l'édifice est envisageable avec les 165 millions actuellement sur la table.

Un recours administratif déposé

Mathieu Rouveyre : « Une délibération mal rédigée. » (photo d.l.)
Mathieu Rouveyre : « Une délibération mal rédigée. » (photo d.l.)

Le conseiller municipal PS de Bordeaux Mathieu Rouveyre a déposé mercredi un recours au tribunal administratif visant la délibération relative au projet de grand stade. Le 25 janvier dernier, le Conseil municipal avait voté non pas la construction du futur stade mais la procédure permettant de mener à bien ce projet. À savoir celle dite du PPP (partenariat public privé) confiant le chantier et l'exploitation du stade à un promoteur privé durant vingt à trente ans. Selon ce montage, les Girondins s'engageraient sur un loyer représentant 100 millions d'euros, mais le contribuable devrait néanmoins verser 65 millions d'euros : 20 millions via une subvention de l'État, 15 de la Ville de Bordeaux, 15 de la Communauté urbaine et 15 du Conseil régional. C'est ce montage que conteste vivement l'élu d'opposition, qui estime que « les collectivités publiques ne doivent pas s'engager dans la construction de stades qui profitent en fait à des clubs privés ».

« Un mois à dépioter »    ........................

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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