Les deux Françaises graciées et pressées de «reprendre leur vie»

Publié le 1 Janvier 2010

RÉCIT

Sarah Zaknoun et Céline Faye ont atterri mercredi matin à Roissy-Charles-de-Gaulle. Et, devant la presse, ont de nouveau clamé leur innocence.

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Auteur LISA DELILLE

Célne Faye et Sarah Zaknoun à l'aéroport de Roissy, avec Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la

Célne Faye et Sarah Zaknoun à l'aéroport de Roissy, avec Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération, le 30 décembre. (Photo Frédéric Méry Poplimont)

«La seule erreur que j’ai pu commettre, c’est de partir en vacances sans penser que je pouvais finir en prison.» Sarah Zaknoun, l’une des deux Françaises graciées puis rapatriées de République Dominicaine en France ce mercredi matin, n'a eu de cesse de clamer son innocence.

Mercredi 30 décembre, 10h25. L’avion qui ramène Sarah Zaknoun, 19 ans, et Céline Faye, 20 ans, ainsi que le Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, parti les chercher lundi en République dominicaine, se pose à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

Les deux jeunes filles y étaient incarcérées depuis 18 mois après la découverte de 6 kg de cocaïne dans leurs bagages, après une semaine de vacances passée sur l’île. Condamnées à 8 ans de prison, elles n’ont eu de cesse de clamer leur innocence et de répéter que la drogue a été placée à leur insu. «On n’a rencontré personne, on est resté à l’hôtel», ont-elle martelé aujourd’hui.

Un petit quart d’heure leur a été accordé pour retrouver leurs familles dans l’intimité du pavillon de réception. Puis c'est l'exposition devant les journalistes. Les deux jeunes filles n’en mènent pas large. Coiffées, maquillées, elles restent timidement aux côtés de leur Secrétaire d’Etat. Les deux jeunes filles sont en effet originaires de Besançon, fief politique de Joyandet – il sera d'ailleurs le chef de file de l’UMP pour les régionales en Franche-Comté.

Remerciements à Carla Bruni-Sarkozy

Il entame son discours en remerciant «toutes les personnes qui ont participé à cette grâce», prononcée la semaine dernière par le président dominicain, Leonel Fernandez. Il souligne aussi le rôle de Carla Bruni-Sarkozy, qui s’est particulièrement impliquée dans le dossier et qui a permis «d’accélérer le processus». Le président Sarkozy s’est quant à lui «longuement entretenu» par téléphone mardi avec elles, a précisé Alain Joyandet.

Céline Faye et Sarah Zaknoun ont eu de la chance. Au départ, un «simple transfèrement» dans une prison en France était prévu, afin qu’elles finissent d’y purger leurs peines. La décision de les gracier relève donc du «miracle» auquel elles n’osaient plus croire, et que le secrétaire d’Etat ne leur a dévoilé qu’une fois le décret de grâce signé, le 23 décembre à 00h45. «Je ne garantis pas la grâce à chaque fois» s’est-il empressé de dire, avant de rappeler que 17 autres Français se trouvent toujours détenus en République dominicaine.

Sans se prononcer sur «le fond du dossier», Alain Joyandet a donc pris le parti des jeunes filles qui aspirent au calme : «Peu importe ce que les gens pensent, on sait au fond de nous que l’on est innocentes et que maintenant, on veut reprendre notre vie.» Leur plan pour le réveillon ? « Se reposer et rester avec [leurs] proches ».

La morale de l’histoire ? «Il faut vraiment être prudent» souligne Alain Joyandet, qui a d’ores et déjà annoncé la création d’une association baptisée «Céline et Sarah» qui permettra aux deux jeunes filles de partager et de «positiver cette expérience», et d’attirer l’attention des jeunes sur le phénomène «des mules».

 

Source Liberation.fr

 

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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