Les trois vaches d'Yvette en sursis

Publié le 27 Février 2010

SAINT-PIERRE-DE-BAT. Le préfet ordonne la saisie et l'abattage des trois vaches d'Yvette de Giacinto

Yvette de Giacinto, dans son étable à Saint-Pierre-de-Bat : les vaches, c'est toute sa vie. (photo dr)
Yvette de Giacinto, dans son étable à Saint-Pierre-de-Bat : les vaches, c'est toute sa vie. (photo dr)

Groupe Facebook : Pour sauver les trois vaches d'Yvette de l'abattoir

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Il était 9 h 30 hier matin, lorsque sept gendarmes ont escorté deux représentants de la Direction départementale de la protection des populations, à la demande du préfet, pour venir frapper à la porte d'Yvette de Giacinto, une septuagénaire, éleveuse à la retraite installée à Saint-Pierre-de-Bat. Cette entrée pour le moins spectaculaire fut loin de passer inaperçue dans ce paisible village de l'Entre-Deux-Mers, provoquant un vif émoi. À la vue de tout ce monde, la pauvre femme fut prise d'un malaise et dut être dirigée vers l'hôpital. Résultat : les fonctionnaires sont repartis bredouilles. Mais ici, on est persuadé qu'ils reviendront.

Pas de document d'origine

Vingt-quatre heures plus tôt, les mêmes gendarmes avaient été chargés de lui remettre en main propre une notification des services vétérinaires, lui intimant l'ordre de saisie de ses trois vaches condamnées à l'équarrissage, au prétexte que la propriétaire n'est pas en mesure de présenter les documents d'origine. L'histoire ne date pas d'hier. Yvette de Giacinto a toujours voulu témoigner de sa bonne foi : « Je n'ai jamais cherché à dissimuler mes vaches, que j'ai achetées il y a une dizaine d'années. J'avais prévenu l'administration. Mais entre-temps, le vendeur est décédé accidentellement. »

Alain de Peretti, vétérinaire, considère que l'administration commet une erreur : « Les animaux sont identifiés. Ils portent une marque auriculaire. Depuis que l'on cherche à régulariser la situation de ces animaux, on n'a malheureusement trouvé personne qui soit prêt à examiner ce cas particulier. Chaque service se renvoit la balle. »

Recours au tribunal

Le docteur de Peretti a remué ciel et terre et interpellé les élus. Un comité de soutien s'est constitué. L'administration reste inflexible. « Je tiens un courrier signé du préfet qui commande l'enlèvement des animaux », constate Yves d'Amécourt, maire et conseiller général de Sauveterre-de-Guyenne. Mais l'élu attend qu'on lui fournisse le règlement qui autorise les services vétérinaires à saisir les animaux.

Yvette de Giacinto est déterminée à conserver ses bêtes magnifiques qu'elle considère désormais comme des animaux de compagnie depuis qu'elle est retirée des affaires. Trois exemplaires de la race blonde d'Aquitaine en bonne santé auxquels elle apporte des soins quotidiens. Yvette de Giacinto a l'intention de déposer un recours devant le tribunal administratif, mais la décision opératoire est maintenue.

Au mieux, la plaignante peut espérer être indemnisée, sans qu'elle ne sache quand, ni combien. Entre-temps, le comité de soutien qui s'est constitué autour de l'éleveuse veut gagner du temps et s'est tourné vers la présidente nationale de la SPA.

Abattage confirmé            ..........................................

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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