Marseille: Des CV sur les murs

Publié le 10 Août 2012

Créé le 08/08/2012 à 16h11 -- Mis à jour le 08/08/2012 à 17h01
Lancé à Marseille le 1er juillet dernier, CVStreet est un collectif qui aide les demandeurs d'emploi de longue durée.

Lancé à Marseille le 1er juillet dernier, CVStreet est un collectif qui aide les demandeurs d'emploi de longue durée. CVStreet.org

SOCIETE - Pour donner de la visibilité aux chômeurs, un collectif a créé les CVStreet qui sont collés sur les murs de la ville ou dans les devantures des magasins...

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Comment innover en matière de lutte contre le chômage? Au début du mois de juillet, en cherchant un sujet pour un de ces films, le réalisateur marseillais Cyril Slucki a l'idée de travailler sur la question de l'emploi. Ou plutôt de la difficulté à en trouver. «Contrairement à certains élus, je pense que le chômage est le seul thème intéressant aujourd'hui, et pas la sécurité, explique-t-il. Parce qu'il est la cause et la conséquence de beaucoup de souffrances.»

Avec une vingtaine d'amis, il lance le collectif CVStreet. Un projet qui se veut à la fois artistique et militant. S'inspirant des mouvements activistes anglo-saxons comme Occupy Wall-Street et Do it yourself, ils utilisent les réseaux sociaux sur Internet et multiplient les supports médiatiques (vidéo, audio, numérique...) pour «donner une plus grande visibilité» aux demandeurs d'emplois.

«C'est en cherchant qu'on trouve»

S'inspirant du storytelling et de la publicité, ils inventent une nouvelle façon pour les chômeurs de communiquer sur leur CV. Le résultat prend la forme d'une affiche au format A4, en noir et blanc, avec un visage photographié en gros plan, un nom, un slogan et une adresse mail. Elles sont collées sur les murs de la ville, «conformément à la réglementation municipale», précise Cyril Slucki, ou chez les commerçants.

Denis Pierre Meroy, 42 ans, pointe au chômage depuis 2009 à la suite d'un accident de la route. Pourtant diplômé d'un CAP en horticulture et d'un autre CAP en cuisine, il enchaîne depuis trois ans les petits boulots pour arrondir ses fins de mois et continuer de se payer des cours de théâtre. Mais toujours pas de contrat en vue. Il a donc rejoint le collectif CVStreet parce ce que, finalement, «c'est en cherchant qu'on trouve».

Une action citoyenne

Sur ses affiches, un slogan simple: «Denis, jardinier rapide et efficace.» Il les a collées rue de Rome, rue Saint-Ferréol, à Noailles et à Longchamp. Si les grandes enseignes ou les boutiques franchisées ont refusé son «CVStreet», la plupart des commerçants indépendants lui ont ouvert leurs portes. «Pour l'instant, j'ai eu des contacts. Il faut que j'aille voir les gens maintenant, raconte-t-il. Et surtout, il faut que j'aille coller mes affiches dans le 8e arrondissement. Là où il y a des jardins, en fait.»

 

Si elle ne lui a pas encore permis de trouver un boulot fixe, l'initiative lui a au moins regonflé le moral: «Je me suis rendu compte qu'on avait besoin de moi, que je pouvais être utile.» Pour Cyril Slucki, l'objectif est atteint: «Nous n'avons aucune prétention à fournir des formations ou d'autre chose de ce genre. Nous proposons simplement une action citoyenne et un questionnement sur la recherche d'emploi.» Selon l'INSEE, Marseille compte environ 13% de chômeurs.

 

Mickaël Penverne

Initiatives

Le collectif CVStreet planche actuellement sur une nouvelle campagne d'affichage, centrée sur les discriminations, qui sera visible à la fin de l'année. Il réfléchit également à la réalisation d'un web-documentaire. Le groupe de rock marseillais RedLight lui a consacré une chanson. Renseignements sur: www.cvstreet.org.

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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