Ne dîtes plus «buzz» mais «ramdam»

Publié le 1 Avril 2010

 


VOCABULAIRE.

Ce matin, le verdict va tomber : après un concours lancé sur la Toile, un jury livrera la traduction française choisie pour les mots courants utilisés sur le Net.

1 réaction | Réagir
Auteurs VINCENT MONGAILLARD, AVEC CHARLES DE SAINT-SAUVEUR

Fil RSS


Une vidéo qui cartonne sur la Toile ne fait pas de « buzz » mais du « ramdam ». Un jeune homme qui ajoute à sa berline un bas de caisse, des sièges léopard, des jantes chromées ou un aileron arrière n’est plus un fan de « tuning » mais de « bolidage ». Ces deux drôles de noms qui tenteront de faire oublier leurs anglicismes font partie des lauréats du concours Francomot ouvert à tous les étudiants et orchestré par le secrétariat d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.


Outre les équivalents de « buzz » et « tuning » que nous révélons, trois autres substituts à « chat », « talk » et « newsletter » seront dévoilés ce matin à l’occasion de la remise des prix. Pour la traduction de « chat », « bavardage », « blabla », « clavardage » (association de clavier et bavardage déjà utilisée au Québec), « cybercercle » et « jacasse » sont notamment en lice. Pour « talk », « cacoforum », « causerie », « débatel » et « parlotte » sont bien placés. Enfin, pour « newsletter », « cyberbulletin », « infolettre » et « périodiciel » ont la cote.
Les jeunes inventeurs de substantifs gagneront un stage dans un centre culturel français à l’étranger. C’est un jury composé d’une dizaine de personnalités, dont les chanteurs et Sapho, mais aussi la directrice générale de TV5 Monde, qui a sélectionné les termes les plus pertinents.
« Ramdam»,mot d’origine arabe qui vient de ramadamet qui signifie « tapage » et « vacarme » « à cause de la vie nocturne bruyante pendant le ramadan » dit le Petit Robert, a séduit le jongleur de formules MC Solaar. « Il a fait l’unanimité dans le jury. Il renvoie à l’idée de téléphone arabe, d’info qui circule », sourit le père de « Caroline » et « Bouge de là ». Et « bolidage » ? « C’est joli, je serais capable de l’introduire dans une chanson », assure le rappeur. Dans son « parler de tous les jours », il « essaie d’éviter les anglicismes » même s’il « utilise lemot mail ». « En revanche, en tant qu’artiste, je trouve que ce sont des bols d’air. Dans mes textes, je prends ceux qui sont à la mode. Je ne pense pas qu’ils altèrent la langue française, qui est, pour moi, un terrain de jeu infini », juge l’artiste actuellement en écriture.
Reste à savoir si les néomots rigolos réussiront à s’imposer ces prochains mois dans le langage courant et s’ils seront adoubés par les dictionnaires et les Immortels de l’Académie française. C’est loin d’être gagné. « On ne peut pas prédire l’avenir d’un mot. L’usage est souverain et ne se décrète pas. C’est le locuteur qui décide en dernière instance », rappelle Xavier North, à la de la Délégation générale à la langue française et aux langues de , organisme qui dépend du ministère de la Culture.
Il existe néanmoins quelques facteurs qui peuvent contribuer au succès d’un mot créé de toutes pièces*. « Il doit être un peu dans l’air du temps, avoir un charme particulier et connaître déjà un certain usage », observe cet expert, plus optimiste pour « ramdam » que pour « bolidage ». Il n’a absolument rien contre les néologismes. « Une langue qui n’invente plus des mots à elle est une langue menacée de sclérose, d’appauvrissement », prévient-il.
* Le site Franceterme.culture.fr recense tous les substituts aux anglicismes « techniques » ayant été publiés au « Journal officiel ».

Source Le Parisien .fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Commenter cet article