Nicolas Sarkozy Un concert de couacs pour la mi-mandat

Publié le 5 Novembre 2009

MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE. Nicolas Sarkozy fait face depuis plusieurs semaines à une fronde des parlementaires UMP et à des discordances dans le gouvernement

Nicolas Sarkozy tente de remettre de l'ordre dans ses troupes. Non sans mal. (photo AFP)
Nicolas Sarkozy tente de remettre de l'ordre dans ses troupes. Non sans mal. (photo AFP)

Il ne se passe plus une semaine sans que la tension monte à l'Assemblée au sein de la majorité ; il n'y a plus de week-ends sans que ministres ou conseillers polémiquent par médias interposés. Ces derniers jours ont battu des records.


1 Polémiques à tous les étages


L'amendement, voté par les députés la semaine dernière, sur la suppression d'avantages fiscaux pour les sportifs de haut niveau, déchaîne les passions. Rama Yade s'oppose publiquement à cet amendement voté à l'initiative de Roselyne Bachelot... dont elle est la secrétaire d'État. Pour corser l'ambiance, Xavier Bertrand dénonce lui aussi cet amendement ; de quoi raviver la querelle avec son ennemi intime Jean-François Copé, qui ne manque pas de le tacler.

Autre couac, cette fois sur le grand emprunt. Une soixantaine de députés signent lundi soir une tribune dans « Le Monde » pour demander qu'il soit plus élevé (100 milliards d'euros) que les chiffres généralement annoncés (30 à 40 milliards). Il ne faut pas chercher loin pour trouver la patte d'Henri Guaino. François Fillon sort de ses gonds et s'en prend, devant le groupe UMP, au tout-puissant conseiller du président. Lequel conseiller a attaqué le ministre du Budget Éric Woerth, qui avait jugé le montant « irréaliste ». Sarkozy, pour une fois, vole au secours du gouvernement : « Les conseillers n'ont pas à remettre en cause les ministres », tance-t-il hier en Conseil des ministres. Opportunément, une source élyséenne anonyme a indiqué hier que le montant du grand emprunt se situerait entre 25 et 50 milliards et que le président le fixerait début décembre.

Conflit encore sur la taxe professionnelle. La tribune, signée cette fois par 24 sénateurs, dont Jean-Pierre Raffarin, dans « Le Journal du Dimanche », déchaîne l'ire de Sarkozy, qui admoneste vivement, mardi matin, l'ancien Premier ministre. Après le coup de gueule d'Alain Juppé, puis les réserves exprimées par Édouard Balladur, c'est le troisième ancien Premier ministre à dénoncer cette réforme de la taxe professionnelle.


2 Pas de patron direct pour gérer la majorité


Pourquoi cette impression de délitement général ?

D'abord parce qu'il n'y a plus vraiment de patron pour gérer en direct la majorité parlementaire. François Fillon assiste à toutes les réunions de groupe, mais tout se décide à l'Élysée. Et Sarkozy voit peu les députés ou les sénateurs, qu'il ne reçoit - en bloc - que deux ou trois fois par an. C'est d'autant plus fâcheux que le groupe UMP à l'Assemblée n'a jamais compté beaucoup de sarkozystes pur jus dans ses rangs. Tandis que celui du Sénat n'est plus majoritaire.

À cela s'ajoute l'incompréhension croissante envers la politique d'ouverture - surtout depuis l'affaire Mitterrand -, la gêne occasionnée par le procès Clearstream, l'inquiétude face à des réformes radicales mais souvent mal ficelées - la taxe professionnelle constitue un exemple édifiant - ou face à l'endettement croissant.....

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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