Nos tempêtes ne sont pas exceptionnelles

Publié le 11 Janvier 2010

HISTOIRE. Il ne faut pas tout mettre sur le dos du réchauffement climatique

Après le passage de Klaus, en janvier 2009. (Photo Philippe Salvat)
Après le passage de Klaus, en janvier 2009. (Photo Philippe Salvat)

Il y aurait les anti-réchauffement et les pro. Et, avec l'emballement que favorise le Web, une tendance à réduire le débat au slogan militant. Jusqu'à trancher en affirmant que les tempêtes Martin et Klaus sont les oracles d'une débâcle environnementale annoncée.

Loin des raccourcis, l'un des rares historiens du climat français oeuvrant dans des programmes de recherche européens et internationaux tente une approche plus complexe, au plus près de ses sources historiques (bans des vendanges, livres de comptes, écrits d'églises, etc.) sur cinq cents ans de chauds et de froids en Europe.

Pas de conclusions hâtives

Il rappelle que le Moyen Âge connut, entre 950 et 1200, une chaleur doublée d'une sécheresse qui fit reculer les glaciers plus qu'aujourd'hui, puis que l'Europe eut à subir un petit âge glaciaire entre 1550 et 1850. Il nous raconte tempêtes, embâcles, coups de vent, pour lesquels sous Louis XIV des exonérations fiscales étaient déjà accordées aux sinistrés. Dès le XVIIIe siècle, les premières mesures d'indemnisation massive décrétées par les monarchies européennes épaulent les populations victimes d'aléas climatiques. Cette démonstration est d'autant plus captivante qu'elle ne contredit pas l'accélération du réchauffement climatique. Elle le nuance.

Emmanuel Garnier redit bien que le carottage du glacier suisse le grand Aletsch permet un rapprochement peu contestable entre emballement du thermomètre et rejets toujours plus nombreux de gaz à effet de serre. Mais le chercheur se garde de conclusions hâtives sur nos perceptions des aléas extrêmes et leurs répétitions. Il s'interroge sur la manière dont on ressentait le chaud et le froid hier, sur la capacité de résilience de sociétés oublieuses des calamités. Il pointe par exemple que les inondations répétées sont aussi le fait d'imprudents permis de bâtir accordés par des élus quand les anciens appliquaient avec bon sens un principe de précaution plus efficace que notre fantasme du risque zéro. Un livre d'une salutaire tempérance. Un pied de nez raisonné au catastrophisme.  .................

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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