Où trouver son cannabis ? Le match Saint-Ouen - Nanterre

Publié le 17 Décembre 2011

Auteur   Robin d'Angelo


Un joint, à l'événement « 18 Joint », à La Villette, Paris, 2009 (Audrey Cerdan/Rue89)

Et si 60 Millions de consommateurs s'intéressait au cannabis ? Infos pratiques, « smoke-test », avis de la rédac : StreetPress passe au crash-test deux « supermarchés de la drogue » de la Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine.

Tu seras prévenu si tu chopes du shit de merde ou si tu rencontres un camion de CRS les poches pleines de « beuh ».

Cité Emile-Cordon à Saint-Ouen

Infos pratiques

Où ? Derrière la mairie de Saint-Ouen dans une petite cité.

Temps pour « pécho » (métro à métro). Quatorze minutes depuis la station Maire de Saint-Ouen.

Choix. Beuh et shit (moins souvent) en pochon et barrettes de 20 euros.

Quantité. 2,1 grammes pour notre pochon de beuh.

Horaires d'ouvertures. « Sept jours sur sept, toute la journée » dixit le dealer encagoulé.

Sécurité. Impec'. Une équipe d'une dizaine de guetteurs disséminés autour de la cité jouent les agents de sécurité et indiquent discrètement le chemin à suivre. (Oui, oui c'est bien à vous que parle ce jeune à capuche quand il murmure « Escalier 3, escalier 3 » en regardant ses baskets.)

Saint-Ouen et Guéant
Le 31 octobre, Claude Guéant rendait visite aux habitants de la cité Emile-Zola à Saint-Ouen accompagné du préfet de police Christian Lambert. Le ministre de l'Intérieur a promis aux habitants de « nettoyer ce quartier des dealers et des pratiques qui y règnent ». Pour ce faire, une police présente 24 heures sur 24 aux alentours de la cité et le recours à des « citoyens réservistes », « des habitants volontaires qui recevront une formation, un uniforme et seront indemnisés lors de leurs vacations ». Un numéro vert a aussi été mis en place « pour signaler anonymement à la police toute chose anormale ». Le super-marché pourrait bientôt fermer.

Présence policière. Attention, ça grouille de camions de CRS stationnés autour de la cité (voir ci-contre). On s'en plaint au dealer qui sourit l'air de dire « c'est ton problème ». Ne comptez par sur lui pour vous donner une astuce pour quitter la cité discrètement.

Accueil. Informel comme dans un McDonald. Ici tout le monde se masque le visage et les conversations sont limitées au strict minimum : « Tu veux quoi ? » « Sors par la gauche. » « C'est bon. »

Accès handicapé. Non, il faut monter les deux premiers étages de la cage d'escalier.

Parking. Possibilité de se garer à quelques mètres du local. Et les guetteurs veillent à ce qu'aucun vol d'autoradio n'attire l'attention de la police.

Y aller avec ses enfants ? L'aire de jeu en face du local ravira vos petits. Demandez à un guetteur de jeter un œil sur eux pendant vos courses.

L'avis de la redac

On a kiffé :

  • la cagoule de motard du dealer ;
  • la file d'attente de clients qui conforte le sentiment de sécurité ;
  • être un peu comme dans la série « The Wire » avec tous ces guetteurs cagoulés.
Le panel de testeurs

Raphaël, 29 ans, fumait tous les jours depuis ses 16 ans jusqu'à ce qu'il arrête il y a deux ans… pour vaporiser exclusivement. Il tourne à 7 grammes par semaine et se rend régulièrement à la Cannabis Cup à Amsterdam pour goûter les herbes. Un expert de chez expert.

Alex a découvert la drogue sur le tard, à 25 ans lors d'un séjour au Congo. Elevé à l'herbe naturelle, il est passé avec son retour en France au shit et à l'hydro. A 38 ans il fume 2 joints par jour. C'est le papa du panel.

Timothée fume depuis ses 15 ans, avec une préférence pour le hashich. Depuis qu'il est dans la vie active, il fume même plus que dans son adolescence. Mais ça varie : « Quand j'ai pas de taf, je ne fume pas, car je suis en “bad” ». Qui a dit que la fumette était un truc de chômeur ?

On a moins aimé :

  • avoir l'impression d'être au collège : le dealer à cagoule n'a pas encore mué et les clients croisés dans les escaliers ont maximum 15 ans ;
  • la forte présence policière qui rend parano :
  • les mamans avec leur poussette en nombre dans la cité en fin d'après-midi... On se sent un peu con à alimenter le trafic.

Le smoke-test

L'avis de Raph :

« Ça c'est de la Haze, de l'hydro. C'est plus que correct. J'ai croqué dedans, et pas de bouts de verre. Rien ! »

L'avis d'Alex :

« Elle a un goût poivré. J'dirais que c'est de la Orange Bud, elle a la même odeur de chiotte. Elle est bonne. »

L'avis de Timothée :

« Ça me rappelle le beurre de Marrakech. »

Cité Pablo-Picasso à Nanterre

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MERCI RIVERAINS ! Septimus
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Street Press

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Publié dans #citoyens d'europe

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