Police : l'IGS a-t-elle voulu torpiller trois enquêteurs de gauche?

Publié le 11 Janvier 2012

Auteur  Sud Ouest. fr
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Police : l'IGS a-t-elle voulu torpiller trois enquêteurs de gauche?

Le Monde révèle que l'IGS, la police des polices, aurait truqué une enquête sur un trafic de titres de séjours afin de mettre en cause trois fonctionnaires réputés à gauche

L’Inspection générale des services (IGS), la police des polices, est au cœur de la tourmente ce mercredi depuis la publication d’une enquête dans Le Monde.

Le quotidien du soir affirme, en effet, que le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a été interrogé, le 15 décembre dernier, comme témoin assisté dans une affaire qui implique l’IGS.

Dans ce dossier, l’IGS est soupçonnée ni plus ni moins que d'avoir, en 2007, truqué une enquête portant sur un trafic de titres de séjour. Et ce dans le seul but de mettre en cause trois fonctionnaires de police réputés proches de la gauche.  En l’occurrence : le directeur de la police générale d'alors, Yannick Blanc, son adjoint Bruno Triquenaux et Christian Massard, un policier affecté à la sécurité de l'ex-ministre socialiste de l'Intérieur, Daniel Vaillant.

Selon le Monde, les magistrats qui enquêtent sur ce dossier ont déjà identifié plusieurs anomalies : des procès-verbaux truqués, des déclarations déformées, des retranscriptions d’écoutes téléphoniques caviardées, des pressions sur des témoins…

Au total quatre fonctionnaires avaient été mis en examen dans cette affaire avant d'être innocentés par la cour d'appel de Paris en janvier 2011, selon le quotidien. Face à ces révélations, qui viennent un peu plus encore ébranler l’institution policière déjà mise à mal avec les affaires du Carlton et des fadettes, la préfecture de police de Paris (PP) a dénoncé ce mercredi, à la mi journée, des "allégations infondées".

Dans un communiqué, la Préfecture de police de Paris estime que "le fonctionnement et l'impartialité" de ses services, "ainsi que le préfet de police", ont été mis en cause dans cet article.

"Pour répondre à ces allégations infondées, la préfecture de police usera de son droit de réponse auprès de l'organe de presse concerné. En outre, elle se réserve la possibilité de donner les suites judiciaires appropriées", poursuit-elle.

Toutefois, la PP n'a pas souhaité préciser ce qu'elle entendait par "allégations infondées" et n'a pas non plus confirmé ni infirmé l'audition de Michel Gaudin.

Reste à savoir, en outre, si cette affaire ne rejaillira pas sur… Nicolas Sarkozy. Lequel était, à l’époque des faits, ministre de l’Intérieur et futur candidat à la présidentielle de 2007.

Une dimension politique qui, selon Le Monde, n’a surtout pas échappé à Daniel Vaillant.

Alors qu'hier mardi, Sud Ouest révélait que la justice allait s'intéresser aux comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, voilà une ombre de plus qui pourrait se profiler au dessus du chef de l'Etat.

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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