Probst : Sarkozy est « entouré d'une bande de lèche-culs »

Publié le 15 Novembre 2009

Comme toujours, il y avait « du bon et du grotesque » dans les propos de Charles Pasqua, jeudi lors de sa conférence de presse. Le commentaire est de Jean-François Probst, son conseiller politique pendant dix ans, qui était vendredi l'invité de « Parlons Net », le club de la presse Internet de France Info, dont Rue89 et Marianne2.fr sont partenaires.


« On sent qu'il y a de l'agacement chez Charles Pasqua, il a l'impression d'être lâché », poursuit-il, justifiant pourquoi l'ancien ministre de l'Intérieur a, lui, lâché les chevaux. Ou, pour le moins, a remis sous le feu des projecteurs un document qui implique à la fois Jacques Chirac et Dominique de Villepin dans l'Angolagate : une note de la DGSE de 1995.

Jean-François Probst va même plus loin que son ex-mentor, en demandant également que soit entendu par la justice Jean-Daniel Levitte, actuel conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy et ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé. Hors du jeu politique depuis l'an 2000 pour avoir soutenu Jean Tibéri, alors candidat dissident du RPR à la mairie de Paris, Probst veut impliquer l'entourage de l'actuel président de la République.

Celui qui a été le conseiller de tous les pontes du système RPR qui s'effrite aujourd'hui pense que les révélations de Charles Pasqua sont « vouées au succès », car dans « l'intérêt supérieur du pays ». Même si cet intérêt n'est pris en compte par l'intéressé que depuis sa condamnation à un an de prison ferme… (Voir la vidéo)


Après le conseiller politique, c'est le consultant en communication internationale, qu'il est désormais, qui se met en branle. Une fois encore, l'Elysée n'est pas épargné. Et de dénoncer « la cacophonie de l'orchestre Sarkozy ».

Dernier épisode en date : l'affaire Raoult, du nom du député UMP qui veut imposer un devoir de réserve à Marie NDiaye, lauréate du Goncourt. Jean-François Probst nous apprend d'abord que ce dernier était le « voisin de chambrée » de Nicolas Sarkozy à l'armée, mais surtout qu'il ne le porte pas dans son coeur :

« Il a moins de doigté, et pourtant ça paraissait difficile, que Frédéric Lefebvre. »

« Nicolas Sarkozy a cassé sa baguette magique »

Pour lui, tout a commencé cet été avec le -mauvais- « traitement du malaise vagal de Nicolas Sarkozy » : « Il y a tant de gens, de petites gens, qui ont fait des commentaires. » Le chef de l'Etat avait promis, durant la campagne de la présidentielle, de publier chaque année un bulletin médical :

« Il y a au moins des promesses à tenir. (…) Il faudrait, qu'à l'Elysée, ils sachent que pour les Français, la santé est quelque chose d'important. »

Jean-François Probst a ensuite listé les nombreux couacs qui ont récemment émaillé la communication gouvernementale. Des déclarations sur Roman Polanski à la nomination-élection de Jean Sarkozy à l'Epad, via la vidéo de Brice Hortefeux ou le procès Clearstream :

« Nicolas Sarkozy a cassé sa baguette magique quand il a dit “coupable” et s'est assis sur la présomption d'innocence. »

Celui qui fut aussi maire de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) de 1986 à 1989 trouve au président de la République un « air fatigué », qui gaffe parce qu'il est « entouré d'une bande de lèche-culs » n'osant rien lui reprocher. Et propose un triple remède :

  1. Garder Franck Louvrier, le responsable de la communication de l'Elysée, qui fait selon lui le maximum.
  2. Nommer ministre Henri Guaino, le conseiller spécial du Président, pour qu'il ait enfin la responsabilité de ses propos.
  3. Changer de ministre des Relations avec le Parlement parce que l'actuel, Henri de Raincourt, vient du Sénat et n'a pas su contenir la fronde des sénateurs sur la suppression de la taxe professionnelle. (Voir la vidéo)


« Internet, ce qui pouvait arriver de plus beau »

Jean-François Probst s'est enfin prêté au jeu des questions des internautes. Au passage, le collaborateur occasionnel de Bakchich estime qu'Internet, « c'est ce qui pouvait arriver de plus beau sur cette planète ».

Il s'est prononcé pour la réouverture du dossier de l'affaire Boulin, ce ministre du travail de VGE retrouvé en 1979 gisant dans une marre d'eau. Officiellement un suicide, mais plus certainement un homicide.

Avant de conclure l'émission en faisant son mea culpa pour avoir anciennement soutenu, Denis Sassou-Nguesso à la tête du Congo, « qui est un voyou ». (Voir la vidéo)


Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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