Radars : confuse reculade du gouvernement sur les panneaux

Publié le 24 Mai 2011

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Auteur  Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 24/05/2011 | Source Rue89.com

En revenant sur le projet de supprimer les panneaux présignalant les radars fixes, le président Sarkozy se met en conformité avec le candidat de 2007, et calme – au moins – 73 députés UMP. Mais il provoque un couac au sein de son gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a annoncé, lors de la réunion de groupe avec les élus de la majorité, qu'il suspendait le démontage des panneaux, annoncé lors du comité interministériel du 11 mai :

« Trente-six panneaux déjà été démontés, il n'y en aura pas un de plus avant concertation locale. »

Un peu plus tôt, le Premier ministre François Fillon avait assuré que le gouvernement ne reviendrait « pas sur la fin de la signalisation systématique des radars ».

L'entourage des deux nie le couac et noie le poisson en annonçant la création d'une « mission parlementaire » et le remplacement de chaque panneau par un radar pédagogique qui ne flashe pas mais donne au conducteur sa vitesse.

Sarkozy en 2007 : « Ce serait scandaleux d'enlever les panneaux »

En reculant, Nicolas Sarkozy se mettrait en conformité avec ses annonces de candidat à la présidentielle. En mai 2007, il promettait sur RTL :

« Si je suis président de la République, je ne reviendrai pas sur la politique des radars. […] Ce serait scandaleux d'enlever les panneaux qui préviennent. »

Mais le nombre de morts sur les routes étant reparti à la hausse (+12,8% en 2011 par rapport à 2010), le Président avait alors laissé son Premier ministre annoncer une mesure très impopulaire auprès des élus de la majorité : la suppression des panneaux présignalant les radars fixes.

Face à la grogne montante, la mesure a pourtant été justifiée et rejustifiée. Jeudi 19 mai, Sarkozy, en visite à La Londe-les-Maures affirmait :

« Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur la route à la hausse. Je ne céderai pas sur cet objectif ».

Encore ce jeudi matin, sur Europe 1, François Baroin restait ferme face aux parlementaires. (voir la vidéo)


73 députés UMP alertent sur « une profonde exaspération »

La présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, avait dénoncé le paquet de mesures comme de « l'enfumage complet » ; la crainte de carambolages, dus à l'effet de surprise, a peut-être aussi été entendue.

Surtout, le gouvernement a cédé à la pression d'élus de sa majorité. Dans une lettre adressée au Premier ministre, ce lundi, 73 députés UMP évoquaient « les milliers de courriels » qu'ils ont reçu et expliquaient :

« Nous insistons sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une simple “mauvaise humeur” passagère mais bien d'une profonde exaspération. »

Tout cela n'a été qu'une « faute de communication », si l'on en croit Christiant Vanneste, et désormais « la polémique est close ».

Chantal Brunel, députée UMP, plus prompte à relativiser, estime, elle, qu'« il y a des sujets plus importants à traiter dans notre pays que celui des radars », et fustige ses collègues qui « donnent l'impression de ne s'intéresser qu'à leur propre réélection et non à l'intérêt général ».

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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